Ça brasse en titi dernièrement. J'ai décidé de devenir une adulte et de me procurer un délicieux climatiseur. Je passe la moitié de ma journée sur les pines, ça te fatigue une femme, je suis épuisée le soir venu et je me couche tôt. Y'a du bon là-dedans, si on exclut le fait que je vais trouer mes chandails d'ici la fête du Canada. 

Et je recommence le boulot. Mine de rien, ç'a passé vite et pas vite. Des petites vacances imposées. Du soleil pour se faire bronzer. Pis des soirées à se demander ce qu'on va devenir.

C'était des montagnes russes émotionnelles. Est-ce que j'ai trouvé l'amour? Non. Ce qui est triste parce que ça aurait pu être une histoire romantique incroyable à la Walt Disney. 

« Ils brisèrent le confinement et la distanciation pour se retrouver dans les parcs à boire du rosé, risquant une amende ainsi que d'attraper un virus mortel tuant des milliers de gens sur la planète en ce moment. »

J'avais trouvé le synopsis, mais bon, on l'utilisera pas finalement. 

J'ai assez souvent des gens qui m'écrivent sur Facebook. Gars/fille, pas nécessairement pour me faire des avances, surtout pour jaser et souvent partager des situations qui leur sont arrivées reliées au dating. C'est cool d'avoir cette proximité avec les gens même si je les connais pas.

Je réponds toujours et je suis toujours honnête. J'ai rien à cacher et comme je fais dans mes articles, je suis un livre ouvert. Ce qui, des fois, se vire contre moi. 

Je m'explique. C'est une situation que j'ai vécue il y a quelque temps et qui s'est reproduite cette semaine avec un inconnu/abonné sur Facebook.

Dans mes dates, je dis la vérité et je suis super honnête sur mon passé amoureux et mes nombreuses dates. Tsé quand l'autre me demande avec combien de personnes j'ai couché, je me dis que je le sais tellement pas, j'y pense un peu, fais un calcul mathématique et sors un chiffre approximatif.

Moi, je demanderais jamais ça. Je trouve que c'est une info tellement inutile et qui définit pas la personne, mais bon, si tu veux absolument le savoir, OK.

Quand on me demande depuis combien de temps je suis solo, je dis le vrai chiffre.

Quand on me demande pourquoi je suis célibataire, j'ai un doute qui me vient à l'esprit qu'on est pas seulement en train d'apprendre à se connaître.

C'est une chasse aux sorcières qu'on entame. Mon célibat est vu comme un problème et la source de ce problème est l'ensemble de mon passé.

En gros, on m'a fait comprendre que j'étais le genre de personne à qui il est difficile d'accorder sa confiance. À cause de toutes mes expériences et mes histoires farfelues.

Ce qui revient à me dire que j'aurais pas dû dater, coucher ou aimer des garçons pour me garder pure et mériter l'amour et la confiance d'un homme qui est convaincu que je l'attends pour être heureuse. 

Ce qui est intéressant, c'est que les deux options qui se présentent vont se virer contre moi.

Je suis honnête, je me fais juger et on me fait pas confiance.

Je mens, on me fera pas plus confiance parce qu'on va se rendre compte que je mens.

La solution? C'est peut-être pas moi, nous et vous les filles, le problème. On peut vouloir ben fort, se fermer les yeux pis se concentrer, mais on changera jamais notre passé.

Pis c'est correct de même, ça façonne qui on est pis on apprend.

Sauf que, importe ton bilan, deux chums et 35 partenaires. Ou dix chums et dix partenaires, c'est pas ce qu'il y a de plus révélateur. On a pas besoin de se faire culpabiliser de vivre nos vies en toute liberté de la cuisse, de la tête pis du coeur. 

Le fameux abonné a gentiment soulevé au passage que je me respectais pas et que je devrais méditer sur le pourquoi de mes agissements.

Dude, TU ne me respectes pas.

Les gars comme toi veulent des filles ouvertes et wild qui disent oui à n'importe quoi, vous nous appelez clairement les p'tites entre vous autres. T'as sûrement une charte sur ton frigo pour définir le surnom des filles selon leur nombre de partenaires sexuels. 0-10, la Vierge Marie. 11-20, la semi-flambette. 21-100, l'usagée.

La vérité, c'est que ce gars est zéro capable de dealer avec une fille bien dans sa peau qui assume sa sexualité.

Ce qui t'excite et t'émoustille au début se transforme en gros nuage noir au-dessus de ta tête. T'as pas assez confiance en toi pour arrêter d'y penser pis passer par-dessus.

Tsé, c'est triste parce que faire des efforts fait partie du dating. On met de l'eau dans son vin pour essayer que ça fonctionne.

Sauf quand tu demandes à l'autre de changer son passé et de pu être celle qu'elle était. C'est pas un effort ça, c'est devenir une autre personne.

J'vais pas me faire hypnotiser en disant : « je vais super bien, j'ai pas besoin d'arrêter de fumer, je veux juste effacer quelques pénis de mon passé de mon esprit. »

Ça fait pas de sens.

Ma grand-mère m'a déjà dit : « T'es une bonne petite fille, tu couches pas. » Je ressens pas le besoin de lui faire un bilan sur la situation de la sexualité en 2020, elle a 85 ans et est issue d'une génération pour qui le sexe était tabou et presque sale.

Venant de n'importe qui d'autre, t'as aucune excuse.

On a pas besoin de vivre le Jour du jugement dernier. Arrête de te prendre pour Dieu qui vient nous offrir son opinion sur nos actes.

On a pas besoin de diagnostic de psychopop à deux balles. Y'a rien de mal à être bien dans sa peau, nue ou habillée, se trouver séduisante, flirter ou vivre ses pulsions charnelles.

Est-ce qu'on porte encore un bouclier, une épée pis une cote de maille? Non.

Bon ben arrête de vivre dans le passé, les perceptions négatives sur la sexualité des femmes, on peut aussi les laisser au Moyen Âge. 

Pour lire toutes les chroniques Célib-à-terre de Merlin Pinpin, c'est ici.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de la collaboratrice et ne reflètent pas nécessairement la position de Narcity Media sur le sujet.

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