Le 20 juin dernier, 2,9 millions de Québécois ont appris avec stupéfaction que leurs données personnelles avaient été piratées. Les renseignements n’ont pas été diffusés de manière traditionnelle. C'est plutôt sur le dark web que les données des abonnés Desjardins fraudés se sont rapidement retrouvées. Un peu nébuleux comme concept, on s'est dit qu'on allait t'expliquer c'est quoi le Dark Web.

Narcity s’est donc entretenu avec des experts en cybersécurité et a plongé dans l'univers du dark web, où Amazon et Facebook cèdent leur place à des sites de fraude et de vente d'armes et de drogues illégales, afin d'en apprendre plus sur le sujet.

Qu’est-ce que le Dark Web? 

Internet, c’est un peu comme un oignon : il y a la pelure, la couche extérieure sur laquelle on retrouve tous les sites connus des moteurs de recherche comme Google. Mais il existe plusieurs autres couches moins facilement accessibles.

Narcity a parlé avec Steve Waterhouse, qui a travaillé comme officier de sécurité informatique au Ministère de la Défense Nationale. Il explique le concept de dark web.

« Le dark web, on peut considérer ça comme une autre couche accessible par un protocole différent, et sa raison d'être, c'est de rendre la communication anonyme. » C'est donc le moyen rêvé pour des criminels d'échanger et de proposer leurs produits à l'abri du regard des autorités.

Comment les utilisateurs accèdent au Dark Web? 

Pour entrer dans cet univers, oubliez Google Chrome ou Safari, il faut un navigateur spécial où d'ailleurs la navigation y est beaucoup plus lente.

On est tout de suite frappé par le type de contenu proposé, notamment des cartes de crédit, des passeports et des données personnelles.

Narcity a pu accéder à plusieurs marchés illégaux qui proposent des armes à feu et des drogues de toutes sortes.

L'horreur n'est jamais loin sur le dark web. Une étude de l'Université de Portsmouth soulignait d'ailleurs que 80 % du trafic sur le dark web est constitué de cyber-pédophiles à la recherche de pornographie juvénile.

Steve Waterhouse a par ailleurs déjà enquêté sur un cas similaire à celui de Desjardins.« Il y a un site hébergé en Ontario que je suivais, qui s'appelait Hell (l'Enfer) et où des données de cartes de crédit compromises se sont retrouvées, et étaient en vente sur ce site-là. »

Il existe toutefois une raison d'être tout à fait légitime pour naviguer sur le dark web : dans certains pays, c'est le seul moyen de s'exprimer selon Steve Waterhouse.

« Là où il y a de la répression de la liberté d'expression, que ce soit des reporters ou des opposants politiques, ils vont utiliser le dark web pour faire entendre leur voix. Mais quand on parle du Canada, ce sont effectivement des éléments criminels qui vont prédominer sur ce réseau-là. »

Comment les autorités surveillent le Dark Web? 

Pour les autorités, ces sites sont extrêmement difficiles à retracer. À chaque routeur, l'adresse de l'internaute est changée. Dans la province, c'est la Sûreté du Québec qui est présente sur le dark web pour surveiller le tout. C’est l’unité chargée d’enquêter en cybercriminalité qui s’intéresse à la face sombre d’Internet.

Si les enquêteurs de la SQ surveillent les faits et gestes des contrevenants sur le dark web, ce n’est cependant pas la majorité des cybercrimes au Québec qui y surviennent, selon le lieutenant Hugo Fournier.

« C’est beaucoup plus fréquent d’enquêter sur un cas de menaces sur Facebook, par exemple, que de déployer une opération sur le dark web », nous explique-t-il.

La SQ ajoute qu’elle collabore avec différents partenaires nationaux et internationaux afin de mettre en échec les criminels qui cherchent à opérer dans l’anonymat. 

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