Étant le pays d'Europe le plus touché par la pandémie, l'Italie est présentement en situation de crise alors que le bilan ne cesse de s'aggraver de ce côté du monde. Des mesures impressionnantes de confinement ont d'ailleurs été prises afin de faire face à la COVID-19, et les gens qui se trouvent présentement sur place sont loin de voir cette pause forcée comme des vacances de rêve. Partie à la découverte de ce pays en janvier dernier, Astrid Fender, jeune Québécoise prise en Italie, raconte son expérience face à la COVID-19, alors qu'un retour au Canada est présentement difficilement envisageable pour cette dernière. 

Les quelques clichés qu'elle a réussi à nous fournir ont d'ailleurs été assez difficiles à se procurer, puisque les déplacements sont présentement très compliqués et encadrés en Italie.

« Je ne suis pas allée à Rome aujourd'hui, sérieux, j'ai un peu peur d'y aller et de ne pas pouvoir revenir à Anzio », raconte la jeune femme de 23 ans. 

Astrid explique à Narcity qu'elle a quitté le Québec dans les alentours du 14 décembre afin de vivre une aventure de plusieurs mois à l'étranger, de se découvrir et de vivre des nouveaux défis.

À ce moment, elle ne se doutait pas qu'elle surmonterait une des plus grosses expériences de sa vie : « J'ai débuté mon périple au Salvador et je suis arrivée ici en Italie le 18 janvier. Normalement, mon retour était prévu pour la mi-avril. »

Dans le contexte actuel, te sens-tu soutenue et aidée par les gouvernements de chaque pays respectif? 

« Une fois que le pays est devenu red zone partout, mon premier réflexe a été d'appeler le consulat du Canada, ici à Rome. La personne au bout du fil ne s'est pas vraiment avérée très utile... Elle m'a référée à quelques sites Internet et ne m'a pas vraiment donné plus d'informations que ça. 

« J'ai ensuite cru comprendre que la majorité des vols avaient été annulés, donc il n'y avait aucun moyen pour moi de rentrer plus tôt de mon voyage. Toutes les frontières sont d'ailleurs bloquées entre les villes, je dois donc rester ici, à Anzio. » 

Qu’en est-il des quarantaines? 

« J'ai justement une amie qui présentait des symptômes récemment. Généralement, quand ça arrive, les gens doivent appeler à un certain numéro de téléphone afin d'obtenir de l'aide. Par contre, elle, elle s'est directement présentée à l'hôpital et a immédiatement été prise en charge. 

« Apparemment, elle a été placée dans une pièce assez dégoûtante où il n'y avait même pas de fenestration. Les portes étaient barrées à clef et elle devait cogner à la porte pour parler avec une personne du personnel. La majorité du temps, personne ne se présentait.

« Elle avait également un petit pot pour faire ses besoins et c'est tout... Je comprends que les gens ont peur, surtout dans le milieu de la santé. Mais je pense que les gens devraient être traités avec un peu plus de respect... 

« Elle est restée là trois jours, le temps d'avoir ses résultats du test COVID-19. » 

À quoi ressemble la situation actuelle dans les rues? 

« Tout est fermé, le pays au complet est en quarantaine. Que ce soit les musées, les cathédrales, les cinémas, les boîtes de nuit, les petits bars. Tout ce qui attire de grosses foules a été fermé afin d'éviter les rassemblements. Pour aller à l'épicerie, les gens doivent entrer par petits groupes, ce qui crée des files d'attente de quelques minutes à l'extérieur des magasins. » 

Parle-nous d'une journée typique actuelle en Italie.

« Ici à Anzio, la majorité des gens portent des masques. Les gens font également des réserves afin de passer à travers les quarantaines mais j'ai l'impression que c'est vraiment moins pire qu'au Québec... Il n'y a pas de crise de papier de toilette, ici! (rires) Mais disons que ce n'est malheureusement pas possible présentement d'aller au restaurant et de découvrir la gastronomie italienne. Tout ce que tu peux faire, c'est relaxer, attendre et faire tes choses chez toi le plus possible. » 

Ressens-tu une certaine crainte face à la situation?

« Oui, c'est certain qu'il y a une crainte. Quand on y pense, je suis dans un pays inconnu et en état de crise, seule. 

« C'est stressant parce qu'à tous les jours, il y a quelque chose de nouveau, de pire. Donc, tu ne sais jamais à quoi t'attendre le matin en te réveillant. Disons que j'aimerais beaucoup plus être dans le confort de chez moi, c'est certain. »

Qu’est-ce qui te marque particulièrement de la situation actuellement?

« Je n'aurais jamais cru me retrouver dans une situation comme celle-ci dans un autre pays. Heureusement, j'ai un bon soutien ici. J'ai des amis et un copain qui prennent bien soin de moi. Mais ce n'est pas facile...

« Avant d'arriver ici, je n'aurais jamais pensé être prise en quarantaine pendant plusieurs semaines et, même si j'essaie de me dire que ça fait partie de l'aventure, il faut avouer que ça n'a vraiment rien de normal... » 

Quelles sont les restrictions de voyage en ce moment? Pourrais-tu revenir? Si oui, sous quelles conditions? 

« Je ne pense pas avoir la possibilité de revenir pour le moment. En fait, je ne pense pas avoir le droit de quitter le pays. La plupart des vols ont été annulés et ceux qui sont encore disponibles sont très dispendieux. Ce n'est donc pas la meilleure des options pour moi. 

« À vrai dire, je ne sais même pas si je serais acceptée au Québec. Je perds un peu la carte... Je vois que le Québec adopte de plus en plus de nouvelles règles, j’imagine que je serais mise en quarantaine à mon retour, surtout en considérant que je reviens d’un long séjour dans le deuxième pays le plus affecté au monde présentement. 

« Même si mes assurances sont prêtes à me rembourser mon billet de retour prévu pour le 11 avril, l’achat d’un nouveau billet me coûterait excessivement plus cher et je n’ai présentement pas les moyens de débourser une telle somme...

« On parle d’environ 1000 $ à 2 000 $ pour un billet avec une ou plusieurs escales alors que mon billet m’avait initialement coûté 550 $ avec repas et bagage inclus en vol direct. »

De quelle manière les Italiens réagissent-ils présentement? 

« L'Italie est présentement en panique totale. Ça fait peur... C'est un nouveau virus, les gens ne savent pas nécessairement à quoi s'attendre. Avec toutes ces fermetures, c'est certain que ça affecte énormément le tourisme et l'économie. 

« Le simple fait de ne pas avoir le Vatican d'ouvert, ça a un gros impact. Heureusement, le gouvernement d'Italie aide énormément la population en prenant plusieurs dépenses courantes à sa charge, par exemple les comptes d'électricité et le loyer des entreprises, mais c'est quand même un coup dur. » 

As-tu certaines restrictions au quotidien? Au niveau de tes déplacements ou encore de tes achats, par exemple. 

« On n'a aucune restriction au niveau des achats, tous les produits sont disponibles en tablette comme d'habitude. Par contre, le gouvernement déconseille très fortement les déplacements, à risque d'être arrêté. 

« En effet, les gens qui se promènent en ville doivent avoir un papier du travail sur eux puisque c'est en quelque sorte illégal présentement. Si les autorités les arrêtent et qu'ils n'ont pas cette preuve en leur possession, ils retournent directement chez eux en quarantaine. 

« Il y a beaucoup de polices et de militaires dans les rues afin de s’assurer que les gens sont à une bonne distance les uns des autres. Si un mètre et moins les sépare, ils leur demandent de se séparer. 

« Bien que les trains fonctionnent toujours, la majorité des stations sont vides... Même celle de Rome, qui est généralement achalandée au point de rendre les déplacements difficiles. »

As-tu peur pour ta vie? 

« Non, je n'ai pas peur pour ma vie. Je sais que je suis jeune et en bonne santé et que même si je contracte le virus pendant que je suis coincée ici, je vais le combattre. L'inquiétude, c'est plus la peur de le transmettre à mes parents ou mes neveux et nièces. Par contre, je suis en sécurité ici, il n'y a aucun cas à Anzio jusqu'à ce jour. »

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