Un faux-infirmier a réussi à flouer des centaines de patients, des CHSLD et des résidences privées pour ainés, qui sont rappelons-le souvent très vulnérables.

Kéven Poulin a exercé illégalement la profession d’infirmier depuis 2015. Il a été reconnu coupable de 125 des 127 chefs d’accusations qui pesaient contre lui et il devra verser une amende de 224 500 $.  La juge Duperron Roy, qui a entendu la cause, a mentionné qu’aucun cas d’abus n’avait été signalé, mais que « ça n'atténue pas en rien les gestes commis », dit-elle selon La Presse. « On parle de quelqu'un qui va avoir à porter ça sur ses épaules sur des décennies », a ajouté la juge.

Le jeune homme de 25 ans a même au début de sa fausse carrière lancée une clinique privée à Québec. Depuis, il a administré des vaccins et donné des soins et des médicaments à plusieurs patients, dont notamment de la morphine. Il a été jugé pour des gestes bénins mais aussi parfois très graves.

L’audition de sa cause s’est déroulée en mars et en avril à Québec. Il y a été entendu que Kéven Poulin avait commencé une formation en sciences infirmières au cégep de Beauce-Appalaches en 2015 et obtenu un certificat d'immatriculation de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), ce qui lui permettait de faire des stages. Il n’a toutefois jamais terminé sa formation.

Pour se faire engager, il aurait au départ donné son numéro de permis de stage, pour ensuite usurper le numéro d’un autre Kéven Poulin. Après avoir été directeur général d’un CHSLD, où il se versait le double de son salaire, il a décidé de partir en vacances en 2018, après avoir utilisé la carte de crédit de l’entreprise à des fins personnelles, entre autres pour « des hôtels à Montréal, des gros partys », a dit Dany Laberge, le propriétaire de cette résidence, lors de l'audience, a rapporté La Presse.

Il a alors été découvert et congédié et il est déménagé à Sherbrooke, où il a été engagé par le Groupe Maurice, qui a dit avoir fait les vérifications nécessaires. Mais le jugeant dangereux, l'OIIQ a obtenu une injonction provisoire contre lui en février 2019. Il devait cesser toutes activités.

Aujourd’hui formellement accusé, la juge Duperron Roy a mentionné dans son jugement du 4 avril dernier que « par un concours de circonstances inexplicable, aucun des établissements pour lesquels il a travaillé pendant tout ce temps n'a fait la vérification du numéro de permis ».

 

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