Au Québec, la violence faite aux femmes est un triste sujet qui est malheureusement toujours d’actualité. Malgré la conception naïve d’une parité des sexes atteinte dans la province, le mouvement #JeDénonce explose en ce moment au Québec et ça fait réfléchir.

En effet, selon des données policières de 2012, les femmes forment 80 % des victimes d’infractions commises dans un contexte conjugal; 96 % des victimes d’agression sexuelle et 93 % des victimes d'homicides conjugaux.

S’il est important de discuter aussi des violences commises envers les hommes, il est alarmant de réaliser à quel point ces chiffres représentent les discriminations systémiques émises envers les femmes.

Ainsi, le mouvement #JeDénonce, créé par Maguy Mbuku Muzembe et Esther Mpezo, est porté par un regroupement d’ONG évoluant dans la lutte contre les agressions faites aux femmes, aux jeunes et petites filles en République Démocratique du Congo. 

S’inspirant de ce groupe de femmes qui revendique la mise en place de dialogues, de dénonciation et de sanctions afin de mettre fin aux violences sexuelles faites aux femmes du Congo, les Québécoises se tournent vers Twitter pour souligner l’ampleur et la fréquence des agressions multiples que les femmes vivent au quotidien. 

Certaines interventions soulignent cette violence en général :

« #Jedénonce toutes les fois où une femme se fait siffler après alors qu’elle fait juste marcher dans la rue, les mains baladeuses dans le métro, la rapprochements manifestement non désirés dans un bar.. faut que ça cesse »

« Parce qu’aujourd’hui et chaque jour, des milliers de femmes se sentent coupables d’être victimes. Il faut dénoncer. Il faut crier pour qu’on nous entende. #Jedenonce » 

« si quelqu’un de ton entourage te confie qu’une personne X l’a agressée sexuellement et que tu continues à être ami avec la personne X parce que "c’est pas de tes affaires", t’es aussi pire que l’agresseur. #jedénonce »

Alors que dans d’autres cas, c’est avec courage et détermination que plusieurs utilisatrices de la plateforme ont partagé leur propre expérience. 

Une chose qui ne peut être facile, mais qui est nécessaire afin d’éradiquer la honte et de mettre la responsabilité sur la bonne personne, c’est-à-dire l’agresseur.

Certains commentaires ont relevé le fait que les citoyens seuls ne peuvent régler cette grande injustice et que pour avoir de réels résultats, des mesures doivent être mises en place, comme des sanctions qui équivalent à la gravité de l’action commise et une éducation plus concrète pour les jeunes sur la sexualité, le consentement et l’égalité des sexes. 

« @francoislegault j’espère que cet aspect de l’éducation sexuelle sera pris en compte dans votre programme d’éducation avec toutes ces dénonciations qui fusent sur Twitter. J’espère que les futures générations connaîtront l’importance du [consentement]. » 

Ainsi, ce mouvement qui a débuté au Congo permet maintenant une vague de dénonciation au Québec, ce qui montre que, d’un coin à l’autre de la planète, les femmes refusent de rester victimes d’une société qui accepte une telle violence. 

Ensemble, elles demandent le changement et en prenant compte des mouvements de plus en plus forts et nombreux, on peut espérer qu’il n’y aura de repos que lorsque cette inégalité et ces violences auront pris fin.

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