Finir un programme universitaire est une étape majeure qui est soulignée chaque année lors des cérémonies de remise de diplômes. Ce printemps toutefois, la pandémie de COVID-19 a coupé court à ces célébrations et, à l'instar des finissants du secondaire, les étudiants des universités sont déçus de se voir priver de ce moment.

Même si elle sait que l'annulation de sa cérémonie de graduation était inévitable, Arian Zarrinkoub ressent tout de même un peu de peine.

« C’est quand même triste, j’avais de la famille qui voulait venir et n'avait pas pu être là lorsque j'ai fini mon bac », dit celle qui vient de terminer une maîtrise en religion et culture à l'université Concordia.

Pour Vincent Mousseau, finissant au bac en travail social à l'Université McGill, cette collation des grades aurait été sa première. Cet évènement était particulièrement symbolique, puisqu'iel est le premier de sa famille à compléter des études universitaires.

«Je peux bien dire que je suis fâché, que je suis déçu, mais en même temps, je pense que se fâcher ça serait un peu irrespectueux pour les personnes qui luttent contre la COVID-19 », reconnaît l'étudiant.

L'annulation des cérémonies de graduation laissent aussi un sentiment étrange aux diplômés. « J’ai comme l’impression que c’est suspendu en l’air et que je n'ai pas vraiment fini », explique Arian. 

La fin abrupte des cours en personne signifie aussi que les diplômés n'auront pas l'occasion de revoir leurs collègues et célébrer le travail et les années passées ensemble. 

« Je suis un peu déçu de penser que du jeudi au vendredi, mes cours ont été annulés et que je ne pourrais pas voir [mes camarades de classe] pendant des semaines, voire même une année complète », se désole Vincent.

L'Université de Montréal et l'UQAM ont pour l'instant annoncé le report de la collation des grades. McGill et Concordia ont, quant à elles, déclaré qu'elles préparaient une cérémonie virtuelle.

Alors qu'on a tous découvert les aléas des vidéo-conférences dans les dernières semaines, l'idée d'une remise de diplômes en ligne n'est pas particulièrement convaincante.

« Est-ce qu'on va vraiment faire une graduation sur Zoom ? », ironise Vincent.

Les finissants savent que leurs universités tentent de souligner ce moment unique, mais sans détail sur le format précis, ils s'inquiètent qu'il y ait entre autres des problèmes techniques.

Au lieu de « mettre beaucoup d'efforts sur quelque chose qui n'a pas autant de valeur », Arian préférerait recevoir une promesse qu'elle et les autres diplômés soient inclus à la prochaine cérémonie qui pourra avoir lieu en personne.

C'est d'ailleurs ce que prévoit faire McGill, qui a annoncé qu'en plus de la célébration virtuelle, les finissants seront invités à celle qui doit avoir lieu en 2021, année du bicentenaire de l'université.

Vincent n'est pas fermé à l'idée, mais n'est pas non plus certain de vouloir assister à une cérémonie un an après ses études, d'autant plus qu'iel entame une maîtrise à l'automne.

Au final, le sort des remises de diplômes est encore incertain, puisqu'il faudra attendre que le gouvernement permette à nouveau les grands rassemblements intérieurs.

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