Lors des dernières élections provinciales, la CAQ avait promis d'instaurer ce projet de loi controversé qui soulève les passions. La maternelle 4 ans est présentement seulement offerte dans les milieux défavorisés, mais le gouvernement de François Legault voudrait la rendre accessible à tous et ainsi élargir l’éventail de services éducatifs offerts et dépister les difficultés chez les enfants plus tôt. Mais elle ne serait pas obligatoire, contrairement à ce qui avait été annoncé dans la promesse électorale.

Ce projet de loi controversé sera débattu aujourd'hui en commission parlementaire. On a appris hier que les trois partis de l'opposition, soit le Parti libéral du Québec, Québec Solidaire et le Parti Québécois, ainsi que la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) ont décidé de faire front commun. Ils prévoient donc demander au ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, le report du projet de loi 5 qui offrirait la maternelle à 4 ans à tous les enfants dès 2023.

Les opposants estiment que le gouvernement devrait se concentrer sur les milieux défavorisés, car ces enfants sont plus vulnérables plutôt que d'investir dans l'accessibilité universelle du service.

« Dans le contexte actuel où il y a des besoins criants partout dans le milieu de l'éducation, ce qu'on demande au gouvernement est très simple : concentrez-vous sur l'implantation de ce service dans les milieux défavorisés, et faites-le bien, au lieu de vous éparpiller en en ouvrant partout alors qu'il manque de ressources. En ouvrir moins, mais en prendre soin. C'est quelque chose que devrait comprendre la CAQ », défend Christine Labrie, députée de Québec solidaire et porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière d'éducation dans un communiqué.

Pour la FAE, « il faut s'assurer que les services éducatifs les mieux adaptés aux populations d'enfants d'âge préscolaire soient garantis. Actuellement, les conditions et modalités de 2019-2020 facilitent cette intervention. Elles doivent donc être maintenues sans être diluées ou dispersées dans tous les milieux », a déclaré Sylvain Mallette, président de la FAE.

Bien sûr, ce projet de loi nécessitera des investissements importants. On annonçait lors de la campagne électorale qu'il en coûterait 122 400 dollars pour construire chaque nouvelle classe, mais cette estimation est montée à 800 000 dollars, selon la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). Les investissements en infrastructures pourraient quant à elles  atteindre les 900 millions de dollars.

Ceux qui représentent notamment le personnel enseignant au préscolaire, les intervenants en petite enfance en milieu familial ou en centres de la petite enfance croient que cet argent devrait être investi ailleurs.

« ll ne fait aucun doute qu'il serait beaucoup plus judicieux d'investir ces sommes pour accroître l'accessibilité, la continuité et la qualité des services existants, notamment par l'ajouts de places en CPE et en milieu familial public et pour s'assurer que tous les critères de qualité soient au rendez-vous dans les maternelles 4 ans temps plein en milieu défavorisé », a mentionné la présidente de la CSQ, Sonia Ethier.

S'il va de l'avant, le projet de loi déposé en février dernier par le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, serait appliqué dans le second mandat d'un gouvernement de la CAQ.

 

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