55 jours, c’est le temps qui aura fallu à une jeune mère inuite de 24 ans pour traverser le Canada d’ouest en est afin de sensibiliser la population au suicide chez les Autochtones.

Hannah Tooktoo, née à Kuujjuaq et étudiante en arts visuels au Collège Dawson, a enfourché sa bicyclette le 16 juin dernier, à Victoria, en Colombie-Britannique et a terminé sa traversée à Montréal, hier. Durant son périple, elle aura traversé villes, villages, mais aussi plusieurs communautés autochtones à travers le pays.

À son arrivée à Montréal, une foule l’attendait, en cette dernière étape de son aventure, dont les membres de sa famille, sa petite fille de trois ans, ainsi que plusieurs personnes ayant suivi son parcours transcanadien.

Elle en profite pour rencontrer les chefs des différentes communautés partout où elle passe afin d’en connaître plus sur leur plan de lutte contre le suicide. La jeune étudiante a même mis sur pied une page GoFundMe, afin de faire un don à une organisation de sa région qui se bat pour la santé mentale et la prévention du suicide. 

Aux dernières nouvelles, 23 360 $ sur 25 000 $ avaient été amassés. 

En entrevue avec La Presse, la jeune Hannah n’a pas caché avoir été incertaine quant à la façon dont son message serait reçu, puisque « peu de gens veulent parler du suicide ».

« C’est un sujet lourd, c’est personnel, a-t-elle affirmé. Plusieurs personnes ont été affectées par le suicide, particulièrement les Autochtones et les Inuits. »

D’ailleurs, une étude publiée le mois dernier par Statistiques Canada indiquait que le taux de suicide chez les Premières Nations était trois fois plus élevé que celui de la population non autochtone. Pour les Inuits, la situation est encore plus catastrophique. Ils seraient neuf fois plus à risque de commettre l’irréparable.

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