L'année dernière, tu as peut-être vu passer des chandails complètement hilarants sur les réseaux sociaux. Reitmans, compagnie québécoise bien connue partout à travers le pays, lançait, pour l'occasion de la fête des Mères, des chandails tout simplement parfaits. Sur ceux-ci, on pouvait lire « Mom, I'm Fine » ou bien « Maman, j'vais bien ». 

Évidemment, peu importe l'âge, on s'est tous reconnus alors que nos mères sont toujours inquiètes, qu'on soit à la maison sans nouvelles pendant plusieurs jours, ou même en Asie à la conquête du monde. Les chandails se sont vendus par milliers, près de 10 000 exemplaires, plus précisément, avec raison. On a vu Mitsou Gélinas le porter et même Yama Laurent qui a une histoire particulièrement touchante avec sa mère. 

Reitmans a même commencé un concours autour du mouvement « Mom, I'm Fine », et invitait les gens à se prendre en photo avec le slogan un peu partout à travers le monde.

Toutefois, ce qu'on ne savait pas, c'est que le mouvement « Mom, I'm Fine » existait depuis 2016. C'est Jonathan Kubben Quiñonez, un créateur de contenu d'origine belge et mexicaine, qui aurait lancé le tout alors qu'il partait découvrir le monde. Celui qui se met toujours dans des situations excitantes, mais inquiétantes pour sa maman, tenait à la rassurer.

Il a donc lancé « Mom, I'm Fine », une série de photos partout à travers le monde, où il rassure sa maman avec un gros texte noir gras. 

Vous reconnaissez la typographie et le message? 

Jonathan Kubben Quiñonez n'est pas inconnu de tous: il est suivi par 348 000 personnes à travers le monde et a même reçu l’award de la philanthropie aux Influencer Awards Monaco 2018. 

 

Puis, selon Radio-Canada, l'homme qui s'est fait connaître pour ce slogan a annoncé à la fin de 2017 qu'il allait commercialiser la marque pour vendre des chandails « Mom I'm Fine ». Mais il s'est fait devancer par Reitmans, qui a sorti sa collection au printemps 2018. 

Kubben nous explique qu'il a d'ailleurs été assez surpris quand ses abonnés lui ont envoyé la campagne de Reitmans. Il raconte que c'est à travers eux, et le concours de Reitmans, qu'il a découvert le tout.

Il explique toutefois qu'il n'est pas immédiatement entré en contact avec Reitmans. La compagnie est entrée en contact avec lui, après avoir lancé le tout, alors qu'ils « sentaient la pression des gens sur les réseaux sociaux ».

Puis, ce que l'homme va découvrir est troublant. Jonathan avait déposé sa marque en Europe, et attendait d'avoir assez de revenus pour le faire au Canada. Toutefois, il ne pourra jamais le faire parce que Reitmans a sauté sur l'occasion et enregistré la marque le 27 avril 2018. La compagnie ne semble pas enregistrer tous les slogans sur ses chandails. 

Alors que Narcity Québec a contacté Reitmans, la compagnie nous a raconté que sa campagne « a été mise en place de façon légale et légitime ». La compagnie n'a pas répondu lorsqu'on a demandé si elle était au courant de la campagne de l'influenceur lors de la création de sa ligne identique. 

Reitmans a aussi expliqué avoir fait part de bonne foi en suspendant sa campagne l'année dernière, mais la compagnie n'a pas retiré les chandails des tablettes: 

« Nous respectons le travail des influenceurs ainsi que des créateurs de contenu et nous avons une relation très constructive avec nombre d’entre eux. C’est dans cet état d’esprit que nous avons suspendu la campagne de promotion moins d’une semaine après son lancement, sans égard aux pertes financières causées par cette décision pour notre entreprise. » 

La compagnie ajoute qu'elle a « entrepris des discussions avec M. Kubben et ses représentants. Toutefois, ni M. Kubben ni ses représentants n’ont répondu à notre dernière communication, en juillet 2018, ce qui explique notre surprise devant les publications récentes.» 

Jonathan affirme avoir effectivement coupé le contact avec Reitmans, car « c'était un langage de sourd. » Il explique qu'il n'y avait pas du tout de proposition quant aux points qui l'intéressaient, comme l'indemnisation et la paternité de la marque. 

Cette semaine, Jonathan a décidé que c'était assez, et il a décidé de publiquement dénoncer Reitmans et venir au Québec pour défendre sa cause. Un mouvement qui a reçu plus de 41 000 pouces vers le haut en moins de 48 heures. 

Ce qui le désole, ce n'est pas seulement le plagiat, mais aussi le fait que sa marque soit issue de commerce équitable, de produits bios et que les profits servent majoritairement à financer une école construite en plastique à Tulum, au Mexique. Évidemment, ce n'est pas le cas de Reitmans.

L'homme explique qu'il va se battre pour ce qui lui revient:

« Concernant ce que je compte faire maintenant à Montréal, je l'ai toujours dit. Je vais rester jusqu'au jour où je récupérerai « Mom I'm Fine » et que j'ai une compensation pour le dommage moral et financier qu'ils m'ont fait. »

La poursuite est toutefois un dernier recours à cause des coûts. L'homme explique toutefois qu'il ne veut pas parler publiquement de comment il compte s'y prendre pour faire valoir ses droits. 

 

 

 

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