À une époque où on court dans tous les sens, tous les moyens sont bons pour décrocher du quotidien et vivre le moment présent. Certains y arrivent  par des pratiques tout à fait banales, comme le sport ou la méditation. D’autres endossent un masque de chien, se mettent à quatre pattes et passent quelques heures dans la peau du meilleur ami de l’homme et pratiquent le Puppy Play. Au Québec, cette pratique peu connue gagne en popularité. 

Qu’est-ce que ça implique pour des adultes de vivre la réalité d’un chiot ? Narcity s’est entretenu avec un couple montréalais qui a introduit le Puppy Play dans son quotidien.

Sillas Grey pratique le Puppy Play depuis un an et demi. Son conjoint Sirangel Heaven a commencé il y a près d’un an. 

Le jeu de base est simple : deux personnes partagent l’expérience du Puppy Play. L’un joue le rôle du «puppy», et l’autre du maître, le «handler».

Sillas joue le rôle du puppy dans son couple. « Il faut vraiment se mettre dans la tête du chiot, se concentrer sur ses instincts. Donc tu vas japper, courir, demander de l’attention. »

C’est donc Sirangel qui joue le rôle du maître auprès de Sillas. « Le handler, on se le cachera pas, c’est celui qui a le dessus sur le puppy. On peut lui faire faire des tours, tirer sur la laisse, ou donner une gâterie. Pour moi, c’est vraiment une complicité. »

La plupart des participants ont une préférence naturelle pour l’un ou l’autre rôle, comme l’explique Sillas. « Les gens le savent assez instinctivement. C’est comme si tu dis, je préfère les pommes aux oranges. Mais certains aiment parfois switcher de rôle. »

Au coeur du jeu : le consentement sans équivoque entre les participants. Sillas et Sirangel insiste sur l’importance d’établir ses limites personnelles avant de débuter une session de Puppy Play.

« Il y en a qui pourraient penser que ça nuit au jeu, mais en fait, ça devient plus naturel. C’est comme les règles d’un jeu de société ! »

Si le Puppy Play fait partie de la grande famille des kinks, des pratiques sexuelles qui sortent de la norme habituelle, il n’est pas nécessairement à caractère sexuel.

Pour Sillas Grey, se mettre dans la peau d’un chiot s’apparente à une relaxation, voire à une forme de méditation. C’est ce qu’il appelle le « pup headspace ».

« Personnellement, dès que je mets mon masque et que je me mets à quatre pattes, je déconnecte. Je vais vraiment me concentrer sur mes sens, je n’ai pas besoin de réfléchir sauf dans l’immédiat. »

Marginal, le Puppy Play ? De moins en moins, selon Sillas et Sirangel. La pratique gagne en popularité, et la page Facebook WoofMTL! compte plus de 700 membres. Il y a souvent des listes d’attente pour participer aux soirées thématiques.

« Ça se passe toujours dans des endroits sécuritaires », assure Sillas. Si quelqu’un dépasse les limites, il y a toujours des gens pour intervenir.

Sirangel et Sillas insistent tous deux sur le caractère ouvert de leur communauté, qui inclut des gens de toutes les orientations sexuelles.

« Le puppy play, c’est rassembleur, explique Sirangel. Qui n’aime pas avoir un câlin ? C’est drôle, mais par le puppy play, on devient en quelque sorte plus humain. »


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