Le mouvement « Mom, I'm Fine » ou bien « Maman, j'vais bien » est sur toutes les lèvres depuis un moment. Les Québécois ont particulièrement connu ce slogan à travers une campagne Reitmans lancée en 2018 à l'occasion de la fête des Mères. Toutefois, la semaine passée, on a découvert que « Mom, I'm Fine » existait depuis plusieurs années à travers le monde alors qu'un influenceur aux 358 000 abonnés accuse Reitmans d'avoir plagié sa marque. 

Depuis, l'influenceur et grand voyageur Jonathan Kubben Quiñonez a sauté dans un avion vers le Québec, parcouru 5 532 km, et annonce qu'il campera devant les bureaux de Reitmans aussi longtemps qu'il le faudra pour avoir les droits de « Mom, I'm Fine » au Canada. 

En fait, ce qu'il faut savoir, c'est que « Mom, I'm Fine » a été lancé en 2016 par l'homme d'origine belge et mexicaine qui parcourait le monde et souhaitait rassurer sa maman. Il le faisait en prenant des photos tenant une affiche avec le slogan, dans des situations aussi impressionnantes qu'excitantes. 

Le mouvement a rapidement pris de l'ampleur alors que la popularité de l'influenceur explosait. Jonathan a donc annoncé à ses abonnés qu'il allait lancer une marque de vêtements issue de commerce équitable avec le slogan, et que les profits iraient pour un projet humanitaire, soit la construction d'une école en plastique à Tulum, au Mexique. 

La marque de commerce avait été enregistrée en Europe, et ce n'était qu'une question de temps et d'argent avant que celle-ci soit enregistrée au Canada. 

Malheureusement, l'homme s'est fait devancer alors qu'on lui a fait constater que Reitmans avait lancé un projet identique au sien. Tout était pareil: la typographie, et le message, comme tu peux voir sur cette photo du chandail de Reitmans: 

Comme la marque n'était pas enregistrée au pays, Reitmans a enregistrée celle-ci en anglais et en français le 27 avril 2018. 

Alors que Jonathan Kubben Quiñonez a été mis au courant de la situation, il y a eu plusieurs échanges entre l'influenceur et la marque québécoise. L'homme explique à Narcity Québec que « c'était un langage de sourd » alors que Reitmans ne lui offrait pas d'indemnisation, ni la paternité de la marque.  

Reitmans s'est défendu, dans un communiqué, d'avoir mis la campagne en place « de façon légale et légitime ». 

Après plusieurs mois, Jonathan Kubben Quiñonez est donc ici, et compte faire valoir ses droits de manière particulière, alors qu'il ne souhaite pas investir dans une poursuite et entamer de longues procédures. L'homme utilise la vente de ses chandails pour une cause humanitaire, et dépenser des milliers de dollars pour une poursuite serait contre-productif.

C'est donc ce mardi qu'il a décidé de s'installer devant les bureaux du Reitmans, sur la rue Sauvé, afin de mettre de la pression à l'entreprise.

« J'avais promis de faire tout ce que je pouvais, alors j'ai décidé de camper devant les bureaux de Reitmans. En faisant cela, je veux que les personnes travaillant chez Reitmans sachent que je ne suis pas seulement un slogan, mais un véritable être humain qui souffre de leurs actions. Je ne partirai pas avant d'avoir eu une indemnisation et d'avoir retrouvé ma marque de commerce. », raconte-t-il sur les réseaux sociaux. 

L'homme explique aussi qu'il ne le fait pas seulement pour lui, mais pour tous les jeunes créateurs qui ont vécu le même type de situation. 

Les Montréalais sont très encourageants et soutiennent l'influenceur de la manière qu'ils peuvent, chose qui impressionne beaucoup Jonathan qui nous parle de sa reconnaissance: « Je suis trop content, les Canadiens sont extrêmement gentils avec moi. Les gens font des rondes pour venir recharger mes batteries, pour me proposer d'aller aux toilettes. Ils viennent me donner à manger tout le temps. C'est vraiment incroyable. Surtout le soir, comme les gens travaillent en journée. C'est juste magique. Je ne m'attendais pas à un soutien comme ça. Je me sentais très seul et au final, pas du tout. »

Le mouvement fait un bruit incroyable autant dans les médias et sur les réseaux sociaux, chose que Reitmans ne peut ignorer, et c'est exactement ce qu'espérait Kubben. L'homme explique qu'une agence l'a même contacté pour écrire un livre sur son histoire. 

Pour ce qui est de Reitmans, Kubben explique que les avocats sont en contact, mais qu'il ne comprend pas pourquoi ça prend autant de temps avant d'avoir une entente. 

Reitmans a, pour sa part, répondu avec un communiqué:

« Nous avons pris une nouvelle fois l’initiative de contacter les représentants de M. Kubben en Belgique pour résoudre ce malentendu. Nous avons depuis plusieurs échanges et exprimé notamment notre ouverture à transférer la demande de marque de commerce pour le Canada, ainsi que de contribuer à sa campagne humanitaire, en signe de bonne foi. Nous croyons notre proposition généreuse et équitable, et avons l’espoir de trouver une entente raisonnable. » 

On t'invite à suivre Jonathan sur ses réseaux sociaux alors qu'il nous promet une surprise pour aujourd'hui. 

 

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