Retrouver les personnes ayant récemment été en contact avec un cas positif à la COVID-19 peut être compliqué et demande du temps. Or, une application pour tracer les potentiels porteurs du virus pourrait bientôt voir le jour au Québec, alors que des chercheurs se penchent actuellement sur le développement de cet outil qui peut, à quelques égards, faire peur à certains. 

Le chercheur québécois en intelligence artificielle, Yoshua Bengio, et Valérie Pisano de l’Institut québécois d’intelligence artificielle (MILA), basée à Montréal, étaient présents à la messe du dimanche soir, Tout le monde en parle, pour parler de cette application. 

Ladite app, COVI, sera téléchargeable sur les téléphones intelligents afin de tracer la COVID-19 au sein de la population. Son job : calculer le risque personnel pour chacun de contracter ou d’être contaminé par le nouveau coronavirus.

« Pour y arriver, l’application a besoin d’indices fournis par l’intelligence artificielle (AI), ainsi que les informations fournies par l’utilisateur, soit son âge, son sexe et son niveau de santé », explique la présidente et chef de la direction de MILA. 

L’AI, elle, fournie essentiellement le niveau de santé de l’entourage avec qui l’utilisateur interagi au fil de la journée. Si l’application détecte un certain risque, elle pourrait, par exemple, conseiller à l’utilisateur de s’isoler un certain moment.

Ce même signal confidentiel sera envoyé aux personnes ayant croisé un citoyen possiblement infecté, « parce que les Bluetooth vont s’être parlé ».  

En d’autres termes, il s’agit d’un tableau de bord que tout le monde pourrait consulter, et ce, tous les jours.

La population se questionne beaucoup quant à leurs données personnelles, à l’ère de la fraude informatique, entre autres. Dans le cadre de l’application québécoise, les données les plus sensibles, comme les trajets parcourus par l’utilisateur, s’autodétruiraient à la fin de la pandémie. 

« C’est quelque chose qui peut faire peur, affirme M. Bengio. C’est important qu’il y ait un débat démocratique autour de la vie privée et de la dignité. » 

La vie privée, c’est ce qui était « au cœur même de la conception » de la technologie, avoue Mme Pisano. Choisir entre la protection de sa vie privée et sauver des vies n’était pas un choix honnête, ajoute-t-elle.

Les têtes derrière COVI assurent qu’aucune donnée ne sera fournie au gouvernement pour faire de la surveillance et forcer les gens à mener une quarantaine.  

En cas d’un piratage informatique, « on s’est arrangé pour que ces données ne soient pas exploitées ». 

Le morning man de Salut, bonjour!, Gino Chouinard, aussi présent lors de l’émission, affirme que l’application était « moins pire » que Facebook et Google, qui ont accès à une panoplie d’informations sur ses utilisateurs.  

Pour l’instant, au Québec, c’est le traçage manuel qui est en place. Afin de retracer les moindres déplacements et contacts de plusieurs dizaines de personnes, ce sont des professionnels de la santé qui, au bout du téléphone, s’en chargent. Tâche qui peut être fastidieuse et compliquée par moment.

En informant son utilisateur d’un potentiel risque de contraction ou de contamination d’autrui, COVI aidera à juguler la propagation du virus dans la société en conseillant les personnes concernées de rester chez elles. 

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