Oui, j’parle à toi, mon best. J’sais que t’hais quand j’t’appelle comme ça. Mais bon, endure. 

Une complicité comme la nôtre, on ne ressent ça qu’avec une couple de personnes au courant d’une vie. C’est difficile à expliquer et à s’en passer après y avoir goûté. Soit les gens l’envient, la comprennent pas du tout, ou la trouvent profondément étrange. Mais pour nous, c’est simplement ce qu’on est. On ne connait rien de différent, et on est bien heureux de ça. 

Ok. Avant que tu me traites de menteuse, j’vais l’avouer, on a connu nos différents. Un soir, alors qu’il était trop tard, que l’alcool coulait trop facilement et la musique du bar était trop forte, on n’a pas eu assez de retenue. Ce n’était qu’un bec entre 2 personnes qui se connaissaient à peine, 2 personnes qui n’avaient aucune idée de l’amitié qui les attendait. Mais c’est aussi croustillant que l’anecdote elle-même. Rien de wild, rien de dramatique. 

J’sais que tu dois me trouver quétaine en ce moment. Mais c’est pas des blagues. On n’est peut-être pas du genre à s’asseoir en indien à parler de toutes nos petites émotions, mais s’il me venait le besoin d’en parler, t’es la seule personne avec qui je voudrais le faire. À cause de ton écoute, ta compréhension, et ton empathie. Tes conseils, ton support, et ton jugement inexistant... Des fois, j’suis anxieuse de la vie qui semble aller trop vite pour que je puisse rester dans la game, et d’autres fois, c’est un gars qui prend un peu trop de temps à mon goût pour me répondre. Tous ces petits problèmes, il n’y en n’a pas un plus insignifiant, ni plus injustifié que l’autre à tes yeux.

J’me dis que c’est impossible de connecter autant avec un autre être humain sans que soit plus que de l’amitié. J’me dis aussi que cette amitié est trop belle pour la soumettre au danger si instable qu’est l’amour. 


Mais j’peux pas te mentir, j’y ai déjà pensé. Le « moi et toi », ça m’arrive de le vouloir. Sans t’enfler la tête plus qu’elle l’est déjà en te disant ça, oui, t’es un beau gars. C’est très facile de se perdre dans tes yeux qui brillent quand tu racontes tes histoires, ou d’embarquer quand ton rire est aussi contagieux. C’est également très facile de se laisser tenter quand la connexion intellectuelle est plus puissante que cette attraction physique qui règne déjà. 

Mais si un jour j’te perds, j’me perds aussi. Les break-ups d’amour sont assez difficiles comme ça, j’peux pas imaginer le nôtre. 

Nos amis nous demandent qu’est-ce qu’on attend pour sortir ensemble, et nos parents sont convaincus qu’on va finir par se marier. Mais non, « on est frère et sœur, nous autres ». Moi qui est enfant unique, j’me dis que c’est peut-être vrai, que notre relation, c’est vraiment celle qu'un frère et une sœur partagent. 

Une chose dont je suis certaine notre relation n’est pas, c’est un risque à prendre. Même si je doute que ce soit peut-être la plus belle chose qui pourrait nous arriver, j’ai peur que ce soit aussi la pire. Jamais, jamais je pourrai me remettre de te perdre. Alors jamais, jamais je n’oserai franchir cette ligne entre l’amitié et l’amour. Mais sache, mon best, que peu importe la nature de mon amour pour toi, il est là, et il est fort.

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