Un Québécois nous confie comment il a vécu sa transformation transgenre - Narcity

Un Québécois nous confie comment il a vécu sa transformation transgenre

Un beau message d'espoir.

En 2018, j'espère que notre génération et les générations suivantes vont encore plus abattre les normes de société auxquelles on doit supposément adhérer pour fit in. Avec l'exposition qui s'impose à nous, sur Instagram et Facebook, faire son coming out ou admettre qu'on n'est juste pas dans le bon corps, ça prend un courage énorme: une force que j'arrive même pas à mettre en mots.

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D'ailleurs, un de mes amis a décidé, il y a quelques temps de ça, d'arrêter de se faire souffrir lui-même dans un corps qui n'était pas le sien, dans son coeur. Et ce, peu importe ce que les autres avaient à dire. Ce même ami a procédé à sa transformation, pour se rapprocher le plus possible d'un corps d'homme.

Et c'est avec une vulnérabilité admirable qu'il s'est ouvert à moi pour me raconter son histoire, que j'espère, redonnera espoirs à tous ces gens qui ont peur d'admettre à leur entourage, qui ils sont véritablement.

Alors, voici ce qu'il avait à transmettre aux autres.

Via Tyler Nix

Comment as-tu découvert que tu n'étais pas dans le bon corps?

« J'ai compris que j'étais trans quand j'ai découvert qu'être transgenre, ça existait. En fait, j'ai toujours su qu'il y avait quelque chose de différent avec moi, mais je ne savais pas c'était quoi! »


Qu'est-ce qui t'a poussé vers la transformation?

« J'ai décidé de « transitionner »  parce que j'avais atteint le « rock bottom », j'avais des idées suicidaires et je ne voyais pas de futur pour moi si ce n'était pas « moi » en homme. En d'autres mots, si je n'avais « transitionné » je ne serais certainement plus ici. »


Avais-tu des appréhensions?

« Mes appréhensions étaient plus par rapport à la phase « d'entre-deux ». Cette phase se met en place quand tu commences le traitement hormonal mais tu as encore des traits de ton sexe initial (comme la forme du corps, la voix). J'avais toujours peur de me faire « misgender » et ça m'arrivait toujours parce que j'avais vraiment une forme corporelle en « poire ».

« Ça me faisait vivre de l'anxiété. Il y avait aussi pendant cette même phase, les gens qui n'étaient pas trop d'accord de m'appeler par des pronoms de préférence (dans mon cas, c'était ma mère) et qui commençaient à m'appeler par des pronoms de préférences une fois sur 15 et ça rendait les gens confus. »


Est-ce que tes amis et ta famille ont essayé de t'en dissuader?

« Mes amis m'ont toujours encouragé dans mes démarches et j'ai eu beaucoup de soutien dans mon réseau d'amis. Ma mère n'était pas pour la transition, elle a essayé de me décourager à plusieurs reprises (avant mon traitement hormonal). Après le début de mon traitement, elle a compris que je devais faire le changement et elle était plus ouverte à l'idée de ma transition.»

« Mon médecin de famille qui devait signer le papier de transition a aussi essayé de m'en dissuader... En me disant que je ne serais jamais épanoui sexuellement (il avait évidemment tort) ».


As-tu vécu de l'intimidation par rapport à ça?

« J'ai effectivement vécu de l'intimidation durant mon secondaire. Mais je suis du genre à me défendre/réagir alors ça n'a pas duré longtemps. C'était plus au sujet de ma façon de m'habiller (plutôt masculin) qui contrastait avec mon corps selon eux (ils me traitaient de butch). Ils se sont fait menacer d'être expulsés de l'école et ça s'est terminé là! »


Qu'est-ce que tu aurais comme conseil ou message pour ceux qui vivent la même chose que ce que tu as vécu?

« Si je devais donner un conseil à un jeune trans, ça serait de s'informer le plus possible sur ce qu'il/elle va entreprendre, comme ça... Aucune opinion, aucun commentaire le surprendra et il risque de moins le prendre au sérieux, connaissant les faits et la vérité de son côté. »

« Quand j'étais assis en face de mon médecin qui critiquait mes projets de vie, je suis resté calme et je savais qu'il était tout simplement mal informé. Sinon, je me serais questionné davantage et ça aurait retardé mes démarches, ce qui n'aurais pas été bon pour ma santé mentale.»

« Je conseille aussi de participer à des rencontres pour les jeunes LGBTQ+, parce qu'avec ces gens, tu peux te découvrir et t'affirmer, ça te met dans un contexte de normalité et ça contribue à ton bien-être. Sinon participer à des conférences sur le sujet est aussi une superbe idée! »

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