C’est avec impatience que les fans attendaient la suite de la série Fugueuse, qui a touché le Québec en abordant les sujets du proxénétisme et de l’exploitation des mineurs. Avec Fugueuse : La suite, on plonge encore plus profondément dans cette réalité en ayant un regard sur la vie de la rue à Montréal. C’est donc le lundi 6 janvier 2020 que les deux premiers épisodes de la saison ont été dévoilés, en direct sur TVA et en ligne.


Attention, cet article contient des spoilers de l'épisode de Fugueuse : La suite du lundi 6 janvier. 


Avec un début fracassant qui montre Fanny quatre ans plus vieille et maintenant policière, Fugueuse prend une toute nouvelle direction, et Ludivine Reding se confie sur la nouvelle Fanny et sur les défis de Fugueuse : La suite.

La comédienne qui tient le rôle principal de cette série a vu sa popularité exploser après la diffusion de la première saison et est à présent une actrice reconnue. 

Son talent et son engagement touchant dans son personnage de jeune fille naïve ont laissé une impression marquante chez les Québécois qui l’adorent. 

En la rencontrant, il est évident qu’elle s’investit entièrement dans ce rôle et elle en parle avec une ferveur et un soulèvement qui témoignent de sa passion pour son travail et son dévouement pour la série.

D’ailleurs, avant même que j’aie pu lui poser une question, elle s’est mise d’elle-même à me parler de Fugueuse et surtout de son personnage, Fanny : 

« Tu vois l’évolution de ce personnage-là, je la trouve fascinante et magnifique parce que Fanny, ç'a toujours été quelqu’un de très fort. Elle était volontaire, même dans la saison 1.

« Elle n’a pas envie que les gens soient malheureux. Elle s’en veut tellement de la mort d’Ariane que, peut-être, l’idée de s’inscrire dans la police est comme une échappatoire pour elle et c’est un moyen de faire la paix avec ça, mais ce n’est pas nécessairement le bon moyen. Comment tu peux aider les gens si tu n’es pas capable de t’aider toi-même ?

« C’est comme une espèce de grosse carapace et quand tu enlèves la carapace, c’est une plaie ouverte. Fanny est encore en choc post-traumatique, elle est encore troublée par tout ce qu’elle a vécu, puis à chaque fois qu’elle fait face à quelque chose qui lui rappelle son passé, tout lui revient. »

Elle a ensuite parlé des femmes qu’elle a rencontrées et qui lui ont fait comprendre que Fanny est encore très fragile : 

« Quand je rencontre des femmes qui ont vécu ça et qui m’en parlent, elles me regardent dans les yeux et me disent : "Ludivine, tu peux me poser toutes les questions que tu veux, je vais te répondre."

« Puis c’est la preuve, quand tu es capable d’en parler comme ça, que tu as vraiment fait la paix avec ce qui t’est arrivé, et que tu veux vraiment aider les autres et que tu en es capable.

« Quand Fanny va être capable de faire ça, ça va être la meilleure policière au monde, mais là, elle est trop émotive et dans ce milieu-là, tu ne peux pas être émotive. »

Elle a aussi abordé la diversité dans la deuxième saison et sa fierté de participer à un tel projet :

«Je trouve ça super intéressant et je suis contente de faire partie d’un projet qui est tout le temps axé sur la diversité.

« Les rues de Montréal, c’est ultra éclectique, ce sont des gens qui viennent de partout et tu le vois dans l’épisode 1, c’est plein de monde qui se retrouvent là, perdus, qui essaient de se trouver une place dans la société et qui, finalement, tombent dans les griffes de la dépendance et des personnes qui ont le dessus sur eux.

« C’est super intéressant, les causes qu’on aborde, dont la prostitution homosexuelle, dont on ne parle pas beaucoup, mais qui arrive.

« Il y a des jeunes garçons qui tombent là-dedans, puis c’est très cru, beaucoup de drogue. [Il y a aussi] les autochtones dans les rues de Montréal…

« On va aller dans une communauté autochtone à un moment donné [dans la série] et je vous jure, ça va être magnifique. Le partage de culture… Ils nous ont accueilli dans leurs communautés à bras ouverts. Je suis vraiment contente de faire partie de ce projet-là. »

Comment as-tu réagi quand tu as lu le script?

« Moi, je l’ai su avant que [Fanny] était policière, parce qu’au début du printemps, je suis allée à un brunch avec Éric Tessier, le réalisateur.

« Il fallait trouver un moyen pour que Fanny soit encore au centre de l’histoire et avoir une histoire qui est aussi un peu parallèle, puisque ce n’est pas une suite directe à la saison 1, c’est presque une autre histoire avec les mêmes personnages.

« Je pense que c’était vraiment la bonne avenue à prendre pour que tout le monde ait un lien ensemble. On est vraiment axé sur une enquête policière, un thriller. Dans les deux premiers épisodes, on développe l’histoire et, à partir du troisième épisode, l’action commence et il n’y aura pas de répit! »

Quels sont les défis de jouer la nouvelle Fanny?

« Dans la saison 1, je jouais une jeune fille de 16 ans, avec tous les côtés impulsifs de quelqu'un de 16 ans. Quand quelque chose ne fait pas son affaire, elle va se fâcher, bouder… Et là, quatre ans plus tard, Fanny a évolué comme si ça faisait 15 ans.

« Ces jeunes filles-là qui deviennent des femmes directement après ce qu’elles ont vécu, c’est tellement d’expérience.

« C’est comme un bagage qu’elle a, qui la rend vraiment, vraiment mature, et je voulais jouer ce côté-là, même si j’ai le physique que j’ai. Je veux dire, je n’ai pas l’air d’avoir trente ans, mais on s’entend que ça ne change rien sur la maturité de quelqu’un.

« J’avais vraiment envie que Fanny soit quelqu’un qui est fort, malgré qu’elle soit en choc post-traumatique, mais c’est ça le défi. Je n’avais pas envie qu’on retrouve la même Fanny qui pète des crises quand quelque chose ne fait pas son affaire. Je voulais l’amener ailleurs. »

As-tu des craintes ou des attentes particulières concernant la réaction du public avec cette nouvelle avenue?

« Moi, tout ce que je veux, c’est ne pas décevoir les gens. Je sais qu’il y aura toujours des gens qui vont aimer et des gens qui vont moins aimer.

« Mais sur les réseaux sociaux, on voit tellement que les gens prennent ça à cœur, on reçoit des messages tout le temps et j’ai juste envie que les gens soient contents de là où les personnages qu’ils ont aimés sont rendus, et je pense qu’on ne va pas les décevoir.

« Il y a encore beaucoup de choses positives qui vont sortir de cette série-là, et c’est ça le but. »

En tant qu’actrice, comment as-tu évolué depuis la saison 1?

«J’ai tellement évolué du côté professionnel. Je suis tout le temps en train d’apprendre des autres comédiens avec qui je travaille, des équipes techniques, c’est ça qui est magnifique.

« Ça m’a aussi donné beaucoup de bagages personnels. Toutes les histoires, tout le côté humain, c’est tellement beau ce côté-là de notre job, de pouvoir rencontrer autant de monde et de créer des liens, des discussions que tu n’aurais peut-être pas eues avec cette personne-là.

« Je me suis fait encore de gros défis comme ça, comme ce que Fugueuse m'a permis de vivre, parce qu’honnêtement, c’est la plus belle chose au monde.»


Fugueuse : La suite est diffusée tous les lundis à 21 h sur les ondes de TVA. 


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