Quand tu liras ces lignes, je serai probablement le postérieur dans l'avion, assise entre une de mes meilleures chums et..mon ex. Tsé quand tu dis que la vie est pleine de surprise, des fois ça prend une autre tournure. 22h dans les airs, pas d'espace pour t'étendre les jarrets, avoir l'impression de devenir lentement un coquillage, avoir ses règles accoté et essayer de pas s'endormir dans une position disgracieuse à côté de son ex ou un peu dessus. Pas parce qu'il serait fâché. Parce qu'il va prendre une photo, immortaliser le moment et prendre le soin de m'exposer ma laideur dans le sommeil dans les moments où je le ferais chier. 

Via vanveenjf

Là tu te dis, c'est cool pareil qu'elle reste en bons termes avec son ex. Super cool! Tsé j'analyse jamais ses comportements en me disant, merde c'est un signe, il veut qu'on reprenne. Je check jamais s'il tient un écrin noir dans ses mains en me fixant avec les yeux pétillants et amoureux. Pis saoule, j'essaie jamais de coucher avec. Comme je l'imagine pas coucher avec une autre fille en voyage. Juste une belle relation saine et simple. Lire ici : je fais ça, tout en même temps, c'est de la cr*ss de marde. 

Une chance qu'on se sépare à Manille parce que je pense que le couvert de mon presto sauterait un ti peu à force de voir des signes là où y'en a pas. Bref, un beau trip qui s'en vient. C'qui est agréable quand tu as des vacances qui s'en viennent, c'est que ça ajoute de la légèreté à ton quotidien. T'es fatiguée? Pas grave dans 13 jours tu pars. Tu détestes ta job et ton boss te fait chier? Pas grave, dans 13 dodos tu abandonnes tout ça. Ton coloc ramasse jamais la vaisselle? Dans 13 jours tu le laisses vivre dans sa marde. Y'a comme pu rien de grave, tu deviens inatteignable, presque invincible. 

Un peu avant mon départ, un cutie garçon m'écrit sur Facebook. Je réponds toujours à ceux qui m'écrivent, poliment, même si des fois, leurs propos manquent particulièrement de classe et de syntaxe. Qui suis-je pour juger, peut-être ont ils été élevés par les loups comme ce jeune Mowgli, enfant de la jungle. Faque tout ça pour dire que j'ai accepté l'invitation de l'inconnu à l'accompagner dans un souper. 

Fouille-moi pourquoi j'ai dit oui. Je pense que le fait de partir, je me cr*ssais un peu de tout. Si ma date allait mal, on se reverrait pas. Si elle allait bien, on se reverrait pas non plus. Ou on se reverrait à mon retour si vraiment ça avait été exceptionnel. Mais de l'exceptionnel, y'a des quantités limitées offertes. J'pense qui sont back ordre depuis un ti boute.

Ça faisait un bail que j'avais pas daté avec une telle insouciance. Chemise à carreaux 2x trop grande, jeans troués, même mon look avait l'air de s'en foutre ben raide. J'arrive un soupçon en avance, me commande un verre de bulles. Et j'me rends compte que je fit zéro dans ce resto de pincé d'la cenne. Il arrive, en suit, ce qui me confirme que mon outfit est tout à fait inapproprié. On aurait pu croire à une rencontre avec mon avocat pour qu'il me parle de mes heures de travaux communautaires pour des tickets impayés. 

Commande du vin. Jase. Tout va ben. J'ai pas le goût de m'en aller pleurer à maison en disant que j'vais finir tu seule, ce qui est assez positif en soi. J'commande des shots de calvados. Du grand Merlin. À partir de là, je pourrais dire que tout a déparé considérablement. Trop c'est comme pas assez, je sais pas qui a inventé cette expression-là, mais c'est faux. J'peux t'en parler, je suis porte-parole du trop. 

Via sce767

Faque on a commandé une autre bouteille de vin. D'autres shots. La soirée passe, on n'a jamais commandé de bouffe. On s'est juste mis ben chaud, autour des gens outrés autour de nous. Scandalisé aurait pu aussi être utilisé, les tables autour auraient changées de place si leur serveur, au lieu de prendre des shots avec nous, leur avait proposé. En fait, en me levant pour aller aux toilettes, j'ai pris un détour par la bouche de ma date, que j'ai visité à pleine yeule devant mes voisins de table qui devaient m'appeler la fille aux vilaines moeurs. Une scène splendide. Lui assis, moi penchée, genoux semi-pliés, tsé quand t'essayes de gager la hauteur optimale, avec deux mains qui parcourent chaque centimètre carré de mon cul. Juste de l'écrire j'ai une émotion dans l'pantalon, et j'peux dire qu'il était aussi de bonne humeur. 

Finalement faut quand même que je fasse pipi, ben beau être excitée, j'ai un besoin physiologique à remplir. Aux toilettes, je croise un monsieur au lavabo. 2 questions back à back me viennent en tête, est-ce que je suis à la bonne place? Ça a l'air que oui. Ah, les toilettes mixes...

En retournant m'asseoir, je déclare d'une manière solonelle, call un taxi on s'en va chez nous. C'était mes retrouvailles avec cette phrase-là. Faisait un bail que je l'avais pas dit. J'invite personne chez nous, j'ai assez peur qui décolle pas. Le fameux taxi arrive, on est en pleine mutation, nos bouches ne font qu'un pis ça doit faire des bruits tellement déplaisants pauvre chauffeur. On arrive, on débarque, sans payer, avec l'ère Uber, ben chauds, t'es certain que l'opération se termine en débarquant. Le chauffeur nous crie après, fini par comprendre que le pauvre veut juste son du. 

Via nikilee

Rentre chez nous, sans aucun raffinement, on était en mission, on se sacre à poil en marchant vers ma chambre, en laissant bien traîner tous les vêtements par terre dans mon corridor comme le Petit Poucet. Le Petit Poucet moderne, qui a bu trop de pinot grigio pis qui trace son chemin vers la sortie avec ses bobettes pis ses bas chez sa date pour être sûr de retrouver la porte de sortie au petit matin après une nuit ensexée. Inévitable dénouement après une soirée arrosée; je tangue vers le sommeil. Ok, je tangue pas pantoute, je dors littéralement. 

Abort mission. Faque on s'endort comme deux bozzos. J'ai fait un méchant saut, quand, vers 3-4h du matin, une main touche ma hanche. Ipelaye. Tsé quand t'as l'habitude de dormir solo depuis une vie, la présence de l'inconnu peut surprendre, j'étais sur le bord de lui faire du karaté sué phalanges. Le karaté s'est un peu transformé en jiu-jitsu, nus, la propagation des verrues sul tapis en moins. Tu sors des limbes avec un feeling le fun, vous êtes dans le même mood, on est pas dans la performance du siècle, c'pas un triathlon, un p'tit 5km mettons, c'est doux et agréable. 

Un de mes grandes forces, c'est mon sommeil lourd. Avant j'étais bien en lettres attachées, mais va savoir pourquoi, cette écriture a pas bien traversé les années, comme les Lafleur. Donc aussitôt fini, je me rendormis. Mon cadran sonne. Déshydratée. Mal à tête. Toute nue dans mon lit. Mensonge, il me restait un bas. Un vague souvenir de ma veille. Me lève, aucune trace de l'autre. Cet autre, a-t-il réellement existé? N'était-ce qu'un songe? Mon appart est dans le même état que la veille. Check mes draps. Aucune constatation particulière, sauf que je devrais arrêter de manger des bagels avant de dormir, y'a des graines de sésame à grandeur, pourtant pas de trace de d'autres formes de graine. 

Me dis coudonc, peut-être un texto qui va m'éclairer. Rien. J'vais être en retard à la job. M'en va dans salle de bain pour prendre une douche. Pis là j'me vois dans le miroir. À la question; s'est-il passé quelque chose hier? La réponse est clairement oui. Voici un scoop. J'ai une maladie auto-immune, mon corps détruit mes plaquettes, donc j'ai une tendance à faire des ecchymoses assez facilement. Mon médecin m'avait recommandé de pas faire de sports de contact, parce que je finirais probablement mauve à grandeur. Voici un bel exemple de la dernière fois où j'ai joué au hockey. 

Via Merlin Pinpin

Par contre, elle m'avait pas parlé des p'tits ébats tranquils en mode semi-sommeil. Parce que quand j'me suis regardé dans le miroir. On aurait pu pensé que j'avais fait un après-midi de football. J'avais les deux bras, tsé, là ou t'as le gras du bye bye qui shake, remplit de bleus. Ainsi qu'un bleu sur la clavicule, j'étais ravagée. Ça fait ratchet arriver à job avec les bras loadés de bleus, je peux pas rencontrer les clients, leur faire un clin d'oeil pis dire ouais ben j'ai eu une grosse veillée hier et éclater de rire. 

Faque j'ai appelé ma doc pour prendre un r-v. Le pire, c'est que ça avait zéro brassé. J'ai travaillé une semaine en col roulé. Et je l'ai revu. 

Pour lire toutes les chroniques Célib-à-terre de Merlin Pinpin, c'est ici. 

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de la collaboratrice et ne reflètent pas nécessairement la position de Narcity Media sur le sujet.

 

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