Pis Merlin, toi ton weekend? On est mercredi, pis je me remets encore de mon samedi soir. J’ai dépassé lentement le stade de la douleur physique pour faire place à la grande déprime. On m’a envoyé quelques photos, rien pour aider. Je devrais établir un code de conduite post-brosse. Il serait simple et contiendrait en une seule ligne. : on se cr*s la paix, pis si t’étais pas plus pété que moi, t’as pas le droit de m’en parler. Sinon, on enterre ça.

Samedi, mon tendre cousin de 25 ans et sa douce se mariaient. Ça faisait un méchant bout que je n'étais pas allée dans un mariage et je n’avais aucune autre attente outre l’ouverture du bar open pour rentabiliser ma présence, tacher ma robe pis danser ma vie.

J’suis pas une émotive. À part dans mon bain après une vilaine journée, en regardant des vidéos de chiens abandonnés qui trouvent un logis accueillant,  des chaises roulantes sur mesure, pis du réconfort, je pleure rarement.   IPELAYE.

Quand je l’ai vu descendre l’allée, tout propre tout sourire, le p’tit cul à qui je lançais des pommes pourries dans le jardin de ma grand-maman pour l’inclure dans nos jeux, mais pas trop non plus, j’ai braillé ma vie. J’haïs ça pleurer en public, ça brise mon image de mange marde sans cœur. J’ai regardé autour de moi en prenant bien soin d’essuyer les grosses larmes qui coulaient le long de mes joues. C’était le festival de l’humidité oculaire.

J’ai pleuré tout le long de la cérémonie. Durant les discours. Et lors de la première danse. Avant de sombrer dans une douce ivresse émotionnelle. On s’est mis chaud, mais un beau chaud. Pas un chaud où le monde a envie de se pogner pis ça vomit partout. Un chaud où on se fait des câlins en pleurnichant qu’on s’aime pis qu’on se voit pas assez souvent. Un chaud où on vomit blotti à l’abri des regards derrière un arbre. Tu vois clairement la différence.

Tout ça pour dire.  C’était un beau mariage. Dynamique, les détails étaient à l’image du couple, rentrer dans la salle sur du DMX, tu l’sais que t’as trouvé ta bonne moitié. C’était cute sans être quétaine, touchant sans être mélodramatique.

La seule chose dramatique, c’est mon réveil et cette pauvre fille qui dormait littéralement dans le parking. Je m’excuse à elle, mais c’est le genre de chose qui te fait réaliser qu’il y a pire que toi pis t’es ben contente. L’idée m’a frôlé d’y voler son paquet de clopes dans sa sacoche mais j’me suis dit que j’allais pas alourdir son fardeau, elle allait clairement se réveiller avec un bon mal de dos.

J’me suis demandé, entre deux verres de vin blanc, les yeux encore mouillés de toute mon émotion, pis les doigts jaunis par le chainsmokage si j’allais me marier un jour.

En fait, pas si j’allais me marier, j’ai pas vraiment de contrôle là-dessus, étant la plus célibataire de toute l’île de Montréal depuis la dernière année. Plutôt si j’en avais envie, si ça me ressemblait, ce mariage m’a un peu brassé la cage.

La réponse c’est oui...Et non. J’ai jamais rêvé d’un mariage plus grand que nature où je serai le centre d’attention et une princesse pour une journée. J’vis mon quotidien de même. J’ai jamais rêvé de me marier. J’me vois pas sur un chameau avec un diadème sua noix en faisant des bye bye aux milliers d’invités présents pour assister au mariage du siècle au Québec.

Je sais pas pourquoi me marier m’a jamais titillé l’esprit. Peut-être parce que j’ai jamais eu de Barbie. Ça du f*cker toutes mes relations dès mon enfance. Ça explique que j’ai aucune attente envers l’amour. Ou tout ce qui vient avec. Ou parce que les couples autour de moi se séparaient aussi vite qu’une p’tite molle à vanille fond sur les doigts d’un enfant en pleine canicule.  

J’sais pas si t’aimes quelqu’un tellement fort que ça devient évident que tu veux l’épouser pour y montrer que tu veux passer le reste de ta vie à ses côtés. Ou ben t’as gagné une bague dans une machine pis tu sais pas trop quoi faire avec.

Ça doit être fou comme feeling d’se dire que t’es prêt à faire ce gros move-là. J’ai aimé, aimé un brin pis aimé fort, mais jamais j’ai eu le déclic d’la robe blanche pis du buffet froid. C’tu un déclic? C’tu une conversation entre les deux? On dirait que j’ai aucune idée du processus par lequel tu passes pour en arriver là.

J’me marierais, pour le party. Pour recevoir toute ma famille, mes amis, pour une même occasion, que personne ne pourrait refuser. J’me marie, tu ne peux pas dire non. Ça n’arrivera pas deux fois. J’ai d’la misère à avoir deux dates avec un même gars, faque stp si j’me marie chie moi pas dans pelle. Juste pour voir le monde. Comme la toune de La Chicane. Voir mon monde pis le sien réunis pour une soirée pour célébrer que cr*ss qu’on est ben l’été pis qu’on est chanceux de s’être trouvé.

Un mariage c’est une raison pour fêter. Alors qu’on boit souvent plus dans un contexte pour oublier. Ça fait changement de pleurer pour les bonnes raisons.

Une affaire est sure, j’me marierais pas pour vivre dans les liens sacrés du mariage. Si tu te dis pas déjà que ta relation est sacrée et que tu dois y faire attention, c’pas vraiment le mariage qui va te sauver. Faque f*ck les liens sacrés, ça veut rien dire à mes yeux.

Pis on s’entend, ça fait 31 ans que je vis dans le péché, je suis pas à 40 années près. Je vais quand même mourir en paix, probablement aller en enfer et réussir à gravir les échelons pour devenir l’assistante de Satan.

L’ami qui m’accompagnait m’a dit C’est le fun ici, on va revenir, j’ai ri en me disant que oui, peut-être que ça allait être mon tour, un jour, de faire virevolter ma robe de mariée.

Pour lire toutes les chroniques Célib-à-terre de Merlin Pinpin, c'est ici. 

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de la collaboratrice et ne reflètent pas nécessairement la position de Narcity Media sur le sujet.

 

Brise la glace et pars la discussion
Paramètres de compte
Notifications
Favoris
Me déconnecter