Semaine passée je bookais le Roatan pis j'faisais ma fraîche. Cette semaine, il y avait des menaces de grève à l'aéroport faque j'me fermais pas mal la trappe. Moi qui pensais voir une barrière de corail, ça s'enligne plutôt vers une barrière de piquetage. Une chose est sûre: je débarque le 25 décembre à l'aéroport avec une tuque de Noël sur la noix, vêtue d'un pyjama de velours noir et j'amène ma propre essence. 

Grève? Je ne crois pas. Je vois plutôt un nouveau concept, bring your own gas. Si mon avion ne décolle pas, vous me retrouverez au bar de l'aéroport, probablement en larmes, à raconter à tout le monde que j'm'ennuie de mon chat un martini à la main.

Sinon semaine passée, p'tite date tranquillos pis là, LA question me pop : tu choisis quoi, pu jamais recevoir de sexe oral ou pu jamais manger de fromage? Le gars se revire de bord, me regarde, je vois toute la détresse du monde remplir ses yeux. Lui, y voulait juste aller bruncher relax, manger des béné, digérer, faire la sieste. Moi, j'hypothèque tout son avenir sexuel en échange d'un brie triple crème.

Pis oui, j'prendrais le brie. Haut la main. Haut la fondue. La semaine dernière j'écrivais sur la tristesse des célibataires à Noël. Pas la tristesse de TOUS les célibataires, nuance.

La tristesse de certains à l'idée d'être abandonnée par le père Noël une année de plus quant à la réception du prince charmant demandé en prière en disant avoir été sages.

J'ai été sage. À ma manière. J'ai fait des bons moves. J'me suis permise d'être douce. Gentille. Attentionnée. J'ai consolé. Écouté. J'ai été là quand c'était l'temps. J'ai flatté les dos qu'il fallait en disant des mots réconfortants. Des mots qui sonnaient pas faux. J'ai baissé ma garde cette année. J'me suis laissée aller.

Tu diras bravo la grande, on voit où ça t'a mené, tu vas passer les douze coups de minuit de la nouvelle année sans personne à embrasser. Vrai. Mais j'pas à un french près. 

Pis, faut s'le dire. On aime ça parler des dates qui ont été de marde. Mais de marde raide. Sauf que quand ça va bien ça intéresse moins. On se souvient de nos pires moments, on les raconte éternellement à qui veut l'entendre en riant. Mais les gars cutes pis gentils passent sous le radar. Un gars qui te vomit dessus dans le lit, ça va passer à l'histoire. C'est inoubliable.

Mais un gars poli, bien élevé et attentionné qui va t'inviter à souper, venir te chercher, t'ouvrir la porte et te complimenter, on va pas en faire un roman. Comme si ça méritait pas qu'on en parle plus que ça.

Je crois pas au Prince Charmant. J'suis pas une princesse anyway. J'suis charmante à temps partiel. Mange marde l'autre partie du temps. Mais je pense qu'on ne parle pas assez de ces gentils garçons. Ceux qui font attention. Ceux qui sont doux. Ceux qui sont confiants tout en étant capables de te faire sentir forte, belle, désirée. Ceux qui te respectent. Ceux qui t'écoutent. Te parlent. Te comprennent.Ceux qu'on ne croise pas assez souvent. Ceux qui sont oubliés.

Parce qu'on parle juste des autres qui nous traitent mal. Les filles, on court après un idéal de gars qui existe pas. Y'en arrivera pas de chevalier sur son cheval blanc, le dernier qui a eu un cheval blanc c'est Napoléon. Pis on s'accroche aux relations toutes croches qui sont vouées à l'échec. Comme si on avait besoin de s'investir dans quelque chose qui allait nous écorcher ben comme faut au passage. Au lieu de te frotter la face sur un bébé chat, tu t'exfolies volontairement avec une brique.

Comme si on avait peur que ça soit plate. On veut des montagnes russes, de l'émotion, du crêpage de chignon. Ça ne peut pas juste aller ben. Ça prend absolument un peu de brassage de caca. Des scandales. Des trahisons. Des grosses questions. Dans ma vingtaine, j'ai carburé à ça. J'les ai tous datés. Tous les types. Tous les genres. Pis ça ne marchait jamais. Et je le vivais bien. J'avais de l'action! Mais aussi peur d'avoir le coup de téléphone qui me disait que j'allais avoir besoin d'une prescription.

Je pensais que c'était ça dater. Un peu endurer des choses. Attendre que le moins pire arrive. Pas le meilleur. Me contenter. La nouvelle année s'en vient, ce qui m'amène inévitablement à cette petite introspection, à me poser des questions, à réaliser des affaires. Le classique bilan de fin d'année. Pas de new year, new me par contre. Please.

Je retournerais jamais à mes 25 ans. Jamais.

En fait oui.

Je voudrais que mon moi d'aujourd'hui plane au-dessus de Merlin de 25 pis j'me parlerais, comme ma conscience. J'me lancerais aussi des chips. Des chips tombés du ciel, le rêve! J'me dirais de lâcher les pas fins qui me font pas du bien. D'arrêter de mettre des efforts dans des relations qui mènent à rien. Arrêter de m'investir avec ceux qui le méritaient le moins.

Quasi 7 ans plus tard, au moins j'ai compris. Ça aura été long, laborieux, et douloureux, mais chacun son cheminement, hein. J'dis pas que je datais des batteurs de femmes non plus, mais j'ai été trop souvent dans des relations qui ne m’ont rien apporté.

J'finis 2019 sereine. Le coeur léger.

J'me connais mieux au fil des années pis ça fait quand même du bien de le réaliser. 

Je vous souhaite un joyeux Noël et une bonne année! Que vous soyez seul, à deux, à trois, avec votre chat, votre rat ou votre mamie. Tsé ce que je faisais quand j'étais petite? Je me donnais des défis et si je les réussissais, ça annonçait quelque chose qui allait se produire. Par exemple, je devais courir sur le trottoir à toute vitesse jusqu'au stop sans jamais toucher aux lignes. Si je réussissais, ça voulait dire qu'en arrivant à la maison je trouverais des chips au ketchup dans l'armoire. 

J'ai fait ça hier. J'me suis dis que si je réussissais à embarquer dans le métro qui était en train de s'immobiliser, alors que j'étais tout en haut des marches au métro Sherbrooke, c'était le signe qu'une petite douceur de garçon m'attendait à quelque part. J'ai réussi à embarquer dans le métro. J'aurais pu faire une maîtrise en relations publiques, non, à place je relève des défis quotidien pour assurer mon destin. 

2020, ça va brasser les p'tits! Caresses, tendresses, bisoux d'amitié! 

Pour lire toutes les chroniques Célib-à-terre de Merlin Pinpin, c'est ici. 

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de la collaboratrice et ne reflètent pas nécessairement la position de Narcity Media sur le sujet.

 

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