J’ai toujours entendu parler des gens qui ont réussi. Alors que des milliers de personnes se battaient pour le même rêve que moi, on entendait seulement la seule et unique d’entre elles qui avait réussi. Elle nous disait de ne jamais laisser tomber. Mais au fond, la grande majorité des gens ne seront pas heureux comme ça, car ils ne réaliseront jamais tous leurs rêves. C’est pour ça que je veux te raconter l’histoire de la fille qui a laissé tomber.

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Comme l’a dit et répété Lady Gaga une bonne dizaine de fois: « Il peut y avoir une centaine de personnes dans la pièce et 99 qui ne croient pas en toi. Mais il suffit d’une personne qui croit en toi et ça change tout. » Cette fois, il n’y avait personne pour moi.

J’ai longtemps voulu être mannequin. Comme de trop nombreuses adolescentes, je rêvais que la belle fille dans les magazines ce soit moi. Je faisais ça simplement pour me sentir bien dans ma peau, parce que j’adorais me faire coiffer, maquiller et photographier et parce que j’ai toujours eu une obsession malsaine pour les rêves presque impossibles à atteindre.

Ça a tout de même bien marché. J’ai fait mes premières séances photo bénévoles dès l’âge de treize ans, j’ai obtenu quelques contrats rémunérés des années plus tard, puis je me suis spécialisée en boudoir et en nu artistique parce que j’aimais sincèrement ça et que ça me rapportait plus d’argent pour que je puisse vivre de ça. Mais malgré tout, après dix ans, je n’ai jamais réussi à être reconnue comme une mannequin professionnelle.

En effet, comme la grande majorité de la population, j’étais trop « grosse », tout en n’ayant pas assez de formes pour être taille plus. J’étais l’entre-deux minable qui ne valait rien dans le domaine. Les agences m’approchaient, puis me rejetaient dès qu’elles apprenaient mes mensurations parce que je ne rentrais pas dans les vêtements. J’avais beau vouloir être modèle de tout mon coeur, l’industrie ne voulait pas de moi.

J’étais en amour avec un domaine qui ne m’aimera jamais. Mon partenaire, l’industrie, ne cessait de m’insulter subtilement et me faire perdre confiance en moi comme si je n’avais pas ce qu’il faut pour être belle. C’était même rendu un abus, alors que j’étais souvent victime de harcèlement sexuel ou d’arnaques de la part des photographes. Si mon rêve avait été un homme, tout le monde m’aurait poussé à le quitter.

C’est comme si je me battais pour ma survie dans le milieu du mannequinat alors qu’on m’avait clairement dit que personne ne viendrait me sauver. Il ne fallait pas me battre plus fort pour réussir, il fallait simplement que je quitte cet endroit pour m’en sortir. Si je ne réussissais pas, c’est parce que je m’étais imposé un objectif trop difficile à atteindre. J’avais perdu mon temps à dédier ma vie pour un rêve qui n’allait jamais se réaliser.

Je ne dis pas à tout le monde qu’il faut abandonner, mais il faut tout de même avoir une bonne raison pour continuer. J’aime encore être comédienne, même si je ne suis pas encore une professionnelle, parce que je m’amuse en suivant des cours, je veux monter mes propres projets et je suis excitée à l’idée de me proposer sur un rôle même si je ne l’ai pas. Je suis heureuse ainsi parce que je n’attends pas d’atteindre mon objectif. Je suis déjà passionnée par tout ce que j’entreprends pour essayer de réaliser mon rêve.

C’est là que j’ai compris que je n’aimais pas ce que j’entreprenais pour devenir modèle. Je n’aimais pas me faire voler mon contrat par une amateur qui proposait de le faire gratuitement, je n’aimais pas me faire dire que je ne serai jamais assez belle, je n’aimais pas être toujours inquiète de me faire harceler sexuellement. Le monde du mannequinat m’avait clairement dit qu’il ne voulait pas de moi et c’était le temps que je l’accepte.

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Je n’ai jamais été plus heureuse que quand j’ai commencé à lâcher prise sur certaines relations malsaines avec mes rêves. Je suis parmi une de ces milliers de filles qui n’ont pas réussi, je veux raconter cette histoire, et je n’ai pas honte de ça. C’est en arrêtant de marcher sur place et en changeant de parcours je me suis permis de vraiment avancer. Parfois, la chose la plus inspirante qu’on puisse dire c’est « laisse tomber. » 

 

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