J’ai souvent eu tendance à toujours dire oui. Ce n’était pas parce que j’osais sauter sur toutes les opportunités qui s’offraient à moi, mais plutôt parce que je n’avais pas la force de dire non. Je ressentais une trop grande culpabilité face aux gens qui espéraient quelque chose de moi. Dès qu’une personne me demandait quelque chose, je sentais que je lui devais ça, sans quoi je lui manquerais de respect et elle ne m’aimerait pas. Mais au final, je me manquais de respect à moi.

Non seulement être aimé par tout le monde est impossible, mais je devais devenir une autre personne plaire à tout le monde. Je pensais respecter les autres en faisant ça, mais au fond je ne me respectais même pas moi-même. C'est ce qui faisait en sorte qu'eux aussi ne me respectaient pas. Je me portais volontaire pour changer pour les autres et c’est ce qui faisait en sorte que certains d’entre eux me voyaient comme une personne facile à manipuler.

Certaines personnes étaient bien intentionnées. Je m’engageais à les aider alors que ça ne m’apportait absolument rien, je perdais mon temps et même parfois ça me nuisait. Souvent, ils n’étaient même pas reconnaissants, je n’avais même pas l’amour que je voulais. Ce n’est pas vrai qu’il faut aider les gens même si ça ne nous apporte rien en retour. Il ne faut pas s’attendre à quelque chose d’eux, mais au moins que ça nous rende heureux. D’autres comprenaient carrément que j’étais facile à exploiter et en profitaient pour en abuser.

On m’avait toujours dit de ne pas dire non au travail. Il ne fallait pas refuser de faire quelque chose sinon j’allais être remplacée. Il ne fallait pas dénoncer quelqu’un, sinon j’allais me faire rejeter. Et surtout il ne fallait pas dire non, parce qu’on n’allait plus jamais me rappeler. Lorsque je demandais une compensation pour une entente qui n’avait gravement pas été respectée, on me disait « une autre l’aurait fait pour moins cher alors tu n’auras pas plus d’argent. » Je croyais ne pas avoir le choix de dire autre chose que oui alors je disais oui à chaque fois que quelqu’un essayait de m’utiliser.

Mais un jour quelqu’un est allé trop loin et je lui ai dit non. Il n’a pas compris alors j’ai dû me rendre jusqu’à mon syndicat et même jusqu’à la police pour clairement dire non. Il n’a jamais compris. D’autres personnes à qui j’ai dit non ne m’ont plus offert de contrats, m’ont harcelé pour me faire changer d’avis, certains m’ont même insulté. Et c’est en voyant leur réaction que j’ai compris que personne ne mérite de travailler avec eux et que j’ai bien fait de dire non.

Puisque j’avais dit non aux mauvaises personnes, j’ai eu l’air plus professionnelle et j’ai attiré des personnes qui le reconnaissaient. C’est comme si j’avais trouvé le mot magique pour que tout fonctionne. Certaines me remerciaient simplement pour mon temps et passaient à quelqu’un d’autre. Mais la grande majorité d’entre eux a commencé à reconnaître que je n’avais pas à me contenter de peu et m’a offert ce que je voulais. En disant non à ce qui me déplaisait, j’établissais ma valeur et on la respectait.

J’ai dit non à des mauvais contrats alors on m’en a offert des meilleurs. J’ai dit non à un mauvais salaire alors on l’a doublé. J’ai dit non à l’abus et on m’a respecté. En fait, dire non, ça ne voulait pas dire que je ne les aimais pas. Ça voulait plutôt dire que je m’aimais assez pour savoir ce que je ne méritais pas.

Encore là, il faut apprendre à bien dire non pour se voir offrir un oui. On peut dire qu’on n’est pas intéressé par un salaire, mais qu’on aimerait faire une autre offre. On peut dire qu’on recherche un seul poste mais qu'on n'est pas intéressé par les autres. On peut refuser quelque chose en disant qu’ils pourront trouver quelqu’un d’encore bien meilleur. Et surtout: il faut laisser la chance aux autres de dire non et les respecter. C’est tout ou rien et parfois on se respecte d’avantage en n'ayant et en ne devant rien. Dire non, c’est également se donner la chance de négocier pour faire reconnaître notre vraie valeur, peu importe la sphère de sa vie. 

Il m’arrive encore de dire oui, mais seulement quand je le veux vraiment. On m’a déjà dit d’accepter seulement quelque chose quand ça respecte deux de ces trois critères: ça me rapporte de l’argent, ça me fait plaisir ou ça m’apporte quelque chose. Encore mieux si j’ai les trois!

Mais surtout, en apprenant à dire non, j’ai permis aux autres à me dire oui à encore plus d’opportunités. Il faut d’abord s’aimer soi-même pour que les gens veulent nous aimer.

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