Le gouvernement du Québec resserre la vis dans les prisons de la province. Deux nouvelles mesures destinées aux personnes incarcérées seront imposées : un régime disciplinaire plus sévère, ainsi qu’un projet pilote pour l’implantation de « vêtements institutionnels » obligatoires, communément appelé un « dress code ».
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C’est ce qu’a annoncé ce jeudi 13 août le ministère de la Sécurité publique, qui souhaite « renforcer la sécurité dans les établissements de détention » du Québec.
Des modifications au règlement d'application de la Loi sur le système correctionnel du Québec, soumises à une consultation au cours des derniers mois, entreront en vigueur le 28 septembre prochain.
Le personnel correctionnel pourra notamment produire des rapports de manquement dans davantage de situations, entre autres pour des substances ou des objets prohibés livrés par drone.
Les comités de discipline auront aussi plus de latitude pour sanctionner les fautes graves, comme l'introduction d'un téléphone cellulaire ou les dommages aux infrastructures.
Les sanctions pourraient inclure des travaux d'intérêt collectif, une suspension des achats à la cantine ou une période d'isolement prolongée. Le ministère précise toutefois que l'état de santé physique et psychologique de la personne détenue sera pris en compte avant l'application de ces mesures.
Un projet pilote sur l'uniforme obligatoire
Actuellement, les personnes emprisonnées dans les établissements provinciaux peuvent porter leurs propres vêtements durant leur incarcération, selon certaines restrictions, mais cela pourrait bientôt changer.
Un projet pilote de douze mois sera lancé à l'Établissement de détention de Roberval, notamment parce qu'un atelier de couture sur place permettra à des travailleurs incarcérés de fabriquer les pantalons. Les prisonniers participeront aussi à l'entretien des vêtements prêtés.

Selon le ministère, le retrait des vêtements personnels permettrait de réduire l'introduction d'objets prohibés, le trafic et les symboles d'appartenance à des gangs. La mesure faciliterait également les fouilles et permettrait de mieux distinguer les personnes incarcérées du personnel et des visiteurs et visiteuses.
Le port de l'uniforme est déjà la norme dans les pénitenciers fédéraux, ainsi que dans neuf autres provinces et un territoire canadien.
Le ministère soutient que ces deux mesures offrent des outils plus efficaces pour maintenir l'ordre et servent aussi de « rempart contre les écarts de conduite et les gestes de violence ». Il a ajouté que les vêtements institutionnels pourraient aussi contribuer à contrer la contrebande et favoriser la réinsertion sociale par le travail.
Ces annonces s'ajoutent au retour obligatoire en cellule à 21 h pour les personnes incarcérées.
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