Taux d'imposition au Québec : Une réforme a été élaborée et les plus riches sont visés
Le régime fiscal québécois n'a jamais été aussi condensé et c'est précisément ce qu'un organisme reproche. Dans un récent rapport, l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS) propose une refonte en profondeur de la table d'imposition provinciale de Revenu Québec en mettant davantage à contribution les contribuables les mieux nantis.
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Aujourd'hui, le Québec applique quatre paliers d'imposition aux particuliers. Grâce au montant personnel de base, établi à 18 571 $ pour 2025, aucun impôt n'est perçu sur cette première portion de revenu. Au-delà de ce seuil, la progression est la suivante :
- De 18 571 $ à 53 255 $ : 14 %
- De 53 255 $ à 106 494 $ : 19 %
- De 106 494 $ à 129 591 $ : 24 %
- 129 591 $ et plus : 25,75 %
Lorsqu'on additionne les parts provinciale et fédérale, le taux marginal d'imposition combiné, le plus élevé atteignait 53,31 % en 2025. C'est le taux maximal auquel peut être soumise la portion la plus haute du revenu d'un.e contribuable québécois.e.
Retour en 1971 : 17 paliers, une tout autre réalité
Pour mesurer le chemin parcouru, un détour dans le passé s'impose. Au début des années 1970, la progressivité du système fiscal québécois était bien plus prononcée qu'elle ne l'est maintenant. En 1971, la table comportait pas moins de 17 paliers distincts — et même jusqu'à 21 en 1978.
Détail frappant : le taux appliqué aux revenus les plus faibles n'était alors que de 5,8 %, soit bien en deçà des 14 % qui s'appliquent aujourd'hui dès le premier palier. Voici cette table historique, exprimée en dollars de 2025 :
- De 0 $ à 7 802 $ : 5,8 %
- De 7 802 $ à 15 604 $ : 7,4 %
- De 15 604 $ à 23 406 $ : 9,0 %
- De 23 406 $ à 31 208 $ : 10,1 %
- De 31 208 $ à 46 811 $ : 11,7 %
- De 46 811 $ à 62 415 $ : 13,8 %
- De 62 415 $ à 78 019 $ : 15,9 %
- De 78 019 $ à 93 623 $ : 18,6 %
- De 93 623 $ à 117 028 $ : 21,2 %
- De 117 028 $ à 195 047 $ : 23,9 %
- De 195 047 $ à 312 075 $ : 26,5 %
- De 312 075 $ à 468 113 $ : 29,2 %
- De 468 113 $ à 702 170 $ : 31,8 %
- De 702 170 $ à 976 904 $ : 34,5 %
- De 975 236 $ à 1 950 472 $ : 37,1 %
- De 1 950 472 $ à 3 120 755 $ : 39,8 %
- De 3 120 755 $ et plus : 42,4 %
Ces taux progressifs élevés ciblaient les revenus les plus importants à une époque où l'État québécois jouait un rôle de premier plan dans la redistribution de la richesse et dans le financement des services publics.
Cette période à forte progressivité a commencé à se résorber dans les années 1980 : la table est passée à cinq paliers en 1988, puis à trois en 1998, avant qu'un quatrième échelon ne soit ajouté en 2013 sous le gouvernement de Pauline Marois.
Ce que l'IRIS propose
Le 12 mars dernier, l'IRIS a rendu public son rapport L'impôt sur le revenu des particuliers au Québec : portrait et proposition. L'organisme y recommande de doubler le nombre de paliers d'imposition — de quatre à huit — afin d'accroître la progressivité du régime, sans alourdir la facture de la vaste majorité des contribuables. Voici la grille proposée pour 2025 :
- Montant personnel de base (0 $ à 18 571 $) : 0 %
- De 18 571 $ à 53 254 $ : 14 %
- De 53 254 $ à 71 825 $ : 20 %
- De 71 825 $ à 90 000 $ : 21 %
- De 90 000 $ à 106 495 $ : 23 %
- De 106 495 $ à 129 590 $ : 25 %
- De 129 590 $ à 175 000 $ : 27 %
- De 175 000 $ à 250 000 $ : 30 %
- 250 000 $ et plus : 34 %
D'après les simulations de l'IRIS, cette réforme rapporterait 3,3 milliards de dollars par année au gouvernement du Québec — des recettes jugées d'autant plus nécessaires dans le contexte actuel de compressions budgétaires.
« Cette somme serait particulièrement utile à l'heure où le gouvernement du Québec impose des compressions aux différents ministères pour réduire son déficit, privant ainsi la population de services pourtant essentiels », écrit l'IRIS.
L'organisme tient aussi à préciser que la proposition a été conçue pour épargner les contribuables à revenus modestes ou moyens. En maintenant inchangé le taux du premier palier, « la réforme évite toute contribution fiscale supplémentaire pour les personnes dont le revenu se situe sous ce seuil, soit près des deux tiers des contribuables ».
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