Accident d'avion d'Air Canada : Les communications radio révèlent les moments avant l'impact
L’enregistrement des communications radio entre la tour de contrôle, le vol Air Canada 8646 et le camion de pompiers impliqué dans la collision survenue dimanche soir en dit davantage sur les moments ayant précédé l’accident mortel qui a coûté la vie aux deux pilotes canadiens, dont un Québécois.
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Dans les heures qui ont suivi la tragédie survenue à l’aéroport LaGuardia de New York, tard le dimanche 22 mars, ces communications ont été publiées sur les réseaux sociaux.
Depuis, le Bureau national de la sécurité des transports (NTSB) tente de comprendre ce qui s’est passé, en analysant notamment les enregistrements de la tour de contrôle.
Lors d’une conférence de presse ce mardi 24 mars, le NTSB a officiellement présenté le contenu de ces échanges radio au cours des trois dernières minutes avant la collision.
Selon les premiers éléments de l’enquête, le camion de pompiers impliqué dans l’accident n’était pas équipé d’un dispositif de repérage, une technologie qui permet à la tour de contrôle de localiser et de suivre les véhicules sur le terrain.
La chronologie des évènements
22 h 35 : Le vol Air Canada 8646 décolle de l’aéroport Montréal-Trudeau à destination de LaGuardia.
- Le CRJ-900, exploité par Jazz Aviation, prend son envol pour New York avec 72 passagers et quatre membres d’équipage à bord.
23 h 21 : À LaGuardia, le vol United 2384 signale une odeur suspecte. Il souhaite retourner à sa porte d’embarquement et demande l’intervention des services d’urgence.
- Un appareil d’United Airlines, qui n’avait pas encore décollé, réclame à la tour de contrôle une intervention des pompiers en raison d’une odeur suspecte.
- Un contrôleur répond à l’appel. Ce dernier ne sera pas le même que celui qui permettra au vol d’Air Canada d’atterrir et au camion de pompier de traverser le tarmac.
- L’appareil d’United avait déjà interrompu deux fois sa procédure de décollage et cherchait à regagner sa porte, sans obtenir d’indication claire sur laquelle rejoindre.
23 h 32 : Le vol United 2384 déclare une urgence en raison de l’odeur, signale que des agent.e.s de bord se sentent mal et réclame « toute porte disponible ».
- Toujours dans l’incapacité de rejoindre une porte pour débarquer les passagers et les passagères, le vol United déclare l’état d’urgence.
- L’équipage reconfirme sa demande d’assistance des pompiers et d’escaliers mécaniques en prévision d’un débarquement sur le tarmac.
23 h 35 : La tour de contrôle autorise le vol Air Canada 8646 à atterrir sur la piste 4.
- Le vol Air Canada, en approche finale de LaGuardia, reçoit sa clairance d’atterrissage de la tour de contrôle.
24 secondes avant l’impact : Le vol United confirme qu’il a finalement une porte d’embarquement.
- L’appareil d’United informe le contrôle aérien qu’une porte lui est désormais accessible.
- À ce moment, on laisse alors entendre que l’intervention des services d’urgences n’est plus nécessaire.
- Les équipes de pompiers étaient déjà en route.
19 secondes avant l’impact :
- Le camion de pompiers, accompagné d’autres véhicules d’urgence, se présente en bordure de la piste 4 et contacte la tour pour obtenir l’autorisation de traverser.
- Le contrôleur la lui accorde, alors que le vol 8646 est en approche finale.
9 secondes avant l’impact
- Le contrôleur aérien lance des appels frénétiques pour interrompre la progression du véhicule d’urgence. On l’entend répéter le mot « stop » une douzaine de fois.
- C’est le même contrôleur qui avait accordé les autorisations au vol 8646 et au camion.
23 h 37 : Collision
- Le vol Air Canada 8646 percute le camion de pompiers lors de son atterrissage sur la piste.
- Les équipes d’urgence interviennent immédiatement.
- Le commandant de bord de 30 ans, le Québécois Antoine Forest, et son copilote, l’Ontarien Mackenzie Gunther, décèdent sur le coup. Quarante et une autres personnes seront blessées.
23 h 55 : Le contrôleur avoue avoir « merdé »
- En contactant par radio les appareils au sol pour les inviter à regagner l’aire de trafic et en les informant que la fermeture de l’aéroport sera prolongée, le contrôleur semble accablé.
- « C’était difficile à regarder », lui confie un pilote de Frontier Airlines.
- « Ouais, je sais. J’étais là. J’ai essayé d’intervenir. Mais on gérait une urgence un peu plus tôt. Ah, j’ai merdé », répond alors le contrôleur.
- « Non, mec, tu as fait de ton mieux », lui répond le ou la pilote.
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