Des courriels confidentiels de l'équipe d'Arruda sur le couvre-feu sont rendus publics

Le couvre-feu ne faisait pas l'unanimité.

Horacio Arruda. Droite : une rue de Montréal.

Horacio Arruda. Droite : une rue de Montréal.

Journaliste nouvelles, Narcity Québec

Des échanges de courriels, rendus publics par le ministère de la Santé et des Services sociaux le 4 mars, dévoilent que Horacio Arruda, l'ancien directeur national de santé publique se cherchait « un argumentaire serré » pour justifier le couvre-feu à seulement quelques heures de la conférence de presse l'annonçant.

« Bonjour, Horacio souhaite que vous et vos équipes (!) lui fournissiez un argumentaire en lien avec le couvre-feu en précision des questions des journalistes en conférence de presse de 17 h ce soir. 1. Quelles sont les études ? 2. Qu'est-ce qui se fait ailleurs ? Le tout présent[é] dans un argumentaire serré », a envoyé son équipe à l'Institut national de santé publique du Québec et à une professeure de l'École de santé publique de l'Université de Montréal le 30 décembre à 10 h 31.

La conférence de presse s'est tenue le même jour à 17 h. L'employée semble indiquer à l'INSPQ de se baser sur les « projections de l'INSERM (France) sur le couvre-feu pour réduire les interactions sociales » et sur un document de la Santé publique de Montréal.

L'INSPQ a répondu qu'il était impossible de produire une analyse « avec un si court avis ».

« Bonjour Horacio, du côté de l'INSPQ, nous n'avons pas d'analyse existante qui porte spécifiquement sur le couvre-feu et nous sommes malheureusement dans l'impossibilité d'en produire une aujourd'hui avec un si court avis », a répondu le vice-président associé aux affaires scientifiques, Eric Litvak.

Un autre document portant le sceau « CONFIDENTIEL, ne pas circuler » révèle que la direction régionale de santé publique de Montréal s’inquiétait des impacts « collatéraux » et « tragiques » du couvre-feu sur les populations les plus vulnérables, en plus de l'effet contraire que cette mesure pouvait engendrer, notamment avec des comportements augmentant les risques de transmission.

« Avec les informations à sa disposition concernant l’absence de données d’efficacité robustes et la démonstration d’impacts collatéraux, la DRSP de Montréal recommande la mise en place de mesures alternatives à l’imposition du couvre-feu », peut-on lire.

Selon la DRSP de Montréal, il aurait été préférable de « communiquer des consignes claires pour favoriser l'isolement des cas et de leurs contacts, maintenir des bulles sociales limitées, réduire les limites de rassemblements intérieurs, utiliser les masques de manière appropriée, assurer la ventilation adéquate des espaces fermés où se retrouvent plusieurs personnes à risque d'infection, favoriser l'utilisation correcte des autotests et faciliter le télétravail ».

Le couvre-feu qui est entré en vigueur le 31 décembre a finalement été retiré le 17 janvier.

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