L'épopée de la baleine à Montréal s'est terminée tristement ce mardi matin, alors que l'animal a été aperçu échoué au large de Varennes. Des experts en faune marine sont maintenant sur place pour déplacer sa carcasse.


Attention, nous désirons vous avertir que cet article contient du contenu graphique qui pourrait choquer certains lecteurs.


C'est tôt le matin du 9 juin qu'un pilote maritime a publié sur Facebook une vidéo montrant vraisemblablement l'animal sans vie flottant dans le fleuve. 

Le rorqual à bosse, qui vit habituellement dans les eaux salées du Golfe Saint-Laurent, s'était aventuré jusqu'au port de Montréal le 30 mai dernier.

Après plusieurs jours à nager et faire des sauts au plaisir des Montréalais curieux, il était demeuré introuvable depuis dimanche, jusqu'à la triste découverte de ce matin.

Narcity s'est entretenu avec Marie-Ève Muller, directrice des communications au Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), pour savoir qu'est-ce qui arrivera avec la carcasse, pourquoi la baleine n'a pas pu être sauvée et si on saura pourquoi elle est venue jusqu'ici.

Des experts sont présentement sur place pour inspecter la carcasse de la baleine. Quelles sont les prochaines étapes?

« Ils vont faire une nécropsie, pour avoir des précisions [sur la cause du décès] et savoir si elle avait une maladie sous-jacente.

« On ne sait pas encore où, ni quand exactement, mais il faut trouver un endroit où la rapatrier à terre. C’est un défi considérable pour éviter que ça devienne une nuisance publique.

« Une carcasse, ça sent fort et là on est en milieu urbain, donc il faut trouver un endroit pour faire ça de façon sécuritaire pour l’équipe, en temps de pandémie. »

Qu'est-ce que vos collègues examineront durant la nécropsie?

« Il va d'abord y avoir un examen macroscopique, qui permet d’avoir les premières informations. Puis, des examens microscopiques, une analyse des tissus, une analyse de sang, qui permettent de répondre aux questions sur les parasites et les maladies. Ça, ça prend plusieurs mois. »

Serons-nous en mesure de savoir pourquoi la baleine s'est aventuré si loin de son habitat?

« Ça peut donner des pistes, ça se peut que non. C’est vraiment difficile à dire, vu qu’on ne peut pas lire dans le cerveau des baleines. »

Pourquoi n'y a-t-il pas eu d'opération de sauvetage de la baleine, pour éviter une situation comme celle-ci?

« Il faut savoir que déplacer une baleine, ça ne se fait pas tout seul. Il y a des gens qui proposaient de lui mettre une laisse — c’est d’avoir une mauvaise connaissance de ce que c’est un animal marin de 9,5 mètres qui pèse plusieurs tonnes!

« Il y a des enjeux de sécurité pour l’équipe qui aurait eu à intervenir. Faire jouer des sons sous l’eau, dans certains cas ailleurs dans le monde, ça s’est soldé par l’animal qui était tellement effarouché qu’il s’échoue, donc finalement, on cause la mort de l’animal. Il y a toujours des risques à intervenir. »

« C’est vraiment difficile, je comprends les gens d’être déçus. Mais les décisions ont été prises en consultation avec des experts de partout sur la planète. Il y a eu vraiment beaucoup de travail qui n’était pas toujours visible aux yeux du grand public.

« Si on peut trouver un point positif dans cette histoire là, pour beaucoup de Montréalais-Montréalaise, c’est une première rencontre avec le milieu marin, ça les a sensibilisés sur la présence de baleines dans le Saint-Laurent. »

Il est possible de suivre les prochains développements de la nécropsie du rorqual sur le compte Twitter de Baleines en direct.

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