On apprenait dans les derniers jours que le vaccin Pfizer aux États-Unis était en phase 3 et que le vaccin de Medicago, élaboré au Québec, était en phase 1. Les recherches avancent, mais plusieurs questions sur le vaccin contre la COVID-19 demeurent. 

Afin d'y répondre, Narcity s'est entretenu avec Nathalie Charland, directrice des affaires scientifiques et médicales chez Medicago. 

Elle nous donne de multiples explications sur le vaccin Medicago, ainsi que sur la course au vaccin avec Pfizer.  

La sélection de l'éditeur : François Legault n'exclut pas la possibilité de fermer les écoles au Québec

Combien de temps dure normalement le développement d'un vaccin?

« Oh mon Dieu! Avant la pandémie de COVID, ça pouvait prendre minimum 10 ans avant de se rendre jusqu’à la phase 3 et compléter une phase 3 parce qu’on fait ça de façon plus traditionnelle. […]

C’est pas facile de passer d’une étape à l’autre sans un certain support financier », explique Mme Charland. 

La directrice des affaires scientifiques et médicales chez Medicago poursuit :

« On est en train de révolutionner la façon, je crois, de faire des essais cliniques.

On ne met à risque la santé des gens, c’est vraiment qu’on essaie de raccourcir des étapes peut-être plus administratives, donc au lieu de les faire une après l’autre, on les fait en parallèle. »

Elle explique que même lorsqu'un vaccin est autorisé et distribué, le suivi de la sécurité ne cesse jamais.

« Il y a toujours ce qu’on appelle de la surveillance post-homologation. […] S’il y a des signes inquiétants, un produit peut être retiré du marché ».

Pourquoi continuer la course au vaccin?

On le sait, Pfizer est en phase 3 d'essai de son candidat vaccin. D'un autre côté, Medicago entame la deuxième phase. À quoi ça sert de continuer la course au vaccin dans ce cas?

Mme Charland a une réponse bien simple. Tout d'abord, le vaccin Medicago, produit à base de plantes, est très différent du Pfizer, réalisé à partir d'une séquence génétique. 

« Faut montrer l’efficacité pas seulement sur quelques jours, faut que ça dure longtemps, donc on ne sait pas encore si les résultats qui sont sortis cette semaine pour Pfizer vont se répéter sur le long terme. »

Mme Charland ajoute aussi qu'« on pourrait avoir besoin de différents types de vaccins pour protéger différents groupes de personnes ».  

Elle conclut en expliquant qu'avec 8 milliards de personnes sur la planète, qui devraient probablement recevoir 2 doses chacun, « on parle de 16 milliards de doses donc il faut vraiment avoir une bonne capacité de production ».  

Qui participera à la phase 3 chez Medicago?

« La phase 3 sera de tester le candidat vaccin chez un encore plus grand nombre de sujets, mais vraiment pour tester son efficacité.

C’est la raison pour laquelle on doit récolter au moins 30 000 participants à travers le monde dans des régions où le virus va circuler en grande quantité. »

Pour sélectionner les sujets participants, il y a plusieurs critères : « C’est sûr que l’âge a un rôle à jouer, on sait que les adultes et les personnes plus âgées sont plus à risque de développer des formes graves de la maladie, donc c’est sûr que c’est ce qu’on vise ».

Quand est-ce que le vaccin Medicago sera prêt?

S'il faut attendre de trouver les 30 000 participants, de vacciner chacun d'entre eux avec 2 doses à 21 jours d'intervalle et d'analyser les résultats, le vaccin devrait être remis à Santé Canada au printemps prochain.

Ceux-ci devront ensuite donner leur autorisation pour la distribution. Mme Charland espère que cela sera au milieu de l'année prochaine.

Les commentaires sont maintenant fermés.
Paramètres de compte
Notifications
Favoris
Me déconnecter

Enregistre cet appareil afin de recevoir des notifications