Bien que le nombre de nouveaux cas de COVID-19 semble en baisse depuis quelques semaines, il reste une situation qui inquiète les autorités : la montée des variants au Québec.

« En ce moment, on a l'impression que ça va bien, mais en réalité il y a deux courbes et c'est trompeur », a mentionné d'entrée de jeu le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, en point de presse ce 2 mars. 

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Quelle est la situation des variants au Québec? 

Selon l'Institut national de santé publique du Québec, on compte 137 cas confirmés de variants dans la province, dont 94 sont de la souche britannique. De ceux-ci 84 d'entre eux ont été détectés à Montréal. 

Pour ce qui est des cas du variant de l'Afrique du Sud, 41 cas ont été confirmés au Québec, dont 40 en Abitibi-Témiscamingue. 

Quant aux cas présomptifs, c'est-à-dire détectés par criblage et encore sous analyse, le nombre s'élève à 1095 cas.

Pourquoi c'est inquiétant? 

Christian Dubé explique que la courbe de la souche initiale continue de descendre, mais celle du variant britannique est plutôt en ascension.  

« Dans la grande région de Montréal, le variant britannique monte rapidement et c'est ce qui fait qu'actuellement on est sur un plateau », ajoute M. Dubé en indiquant aussi que si ça continue, ça peut devenir dangereux. 

« Je vous le dis franchement, je vais peser mes mots, mais on a peur de cette situation-là. On a peur particulièrement dans la région de Montréal que ce soit le calme avant la tempête. »

Le directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda, abonde dans le même sens : 

« On est actuellement dans une période d'une mer calme, pas trop de vagues, ça descend pas, mais en dessous il y a des requins. Et ces requins-là, c'est les variants. C'est des souches qui sont beaucoup plus transmissibles et il y en a beaucoup plus dans la région de Montréal qu'il y en a dans le reste du Québec. »

D'ailleurs le ministre Dubé a précisé que ces inquiétudes devront être prises en considération dans les « grandes décisions qu'[il] va avoir à prendre dans les prochains jours ».

Que faut-il faire? 

« Il ne faut surtout pas s'endormir et relâcher les mesures qu'on a mises en place », affirme M. Arruda. 

Ce dernier avoue qu'en raison de ces variants, l'approche de la santé publique se veut beaucoup plus agressive, ce qui explique notamment la fermeture de plusieurs écoles dernièrement. 

« Actuellement, on prend l'hypothèse au Québec que [tous les cas] sont des variants pour justement empêcher sa croissance. »

Le Dr Arruda a cependant tenu à rappeler à la population que même si la vaccination est débutée, l'effet n'est pas immédiat. 

Cela prend environ trois semaines avant qu'une personne vaccinée soit protégée.

« Et même si vous êtes protégés, vous pouvez transmettre le virus à quelqu'un, d'où l'importance des mesures de distanciation, de lavage de main et de port du masque », martèle le médecin. 

Il termine en affirmant que « jusqu'à temps qu'on ait une assez grande couverture vaccinale dans la population, on va devoir rester très très prudent ».