Une agente de bord avec 17 ans d’expérience nous confie les choses à ne PAS faire en avion
Si tu prends l’avion bientôt, lis ça avant d’embarquer!

Quoi ne pas faire en avion : une agente de bord avec 17 ans d’expérience nous donne ses conseils.
Soyons honnêtes, pour bien des gens, un voyage en avion, ce n’est pas exactement synonyme de grand luxe. Les sièges en classe économique sont plutôt serrés, les allées ne laissent pas beaucoup d’espace, et si la réservation n’a pas été planifiée comme il faut, tu peux te retrouver loin de la personne qui voyage avec toi. Sans parler de la pression en altitude qui peut rendre les oreilles sensibles.
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Bref, chacun.e développe ses petites stratégies pour rendre le trajet plus confortable. Cela dit, même si on fait tous et toutes de notre mieux, il y a parfois des comportements qui compliquent la vie de tout le monde à bord. Pour savoir quelles sont les choses à ne pas faire en avion, Narcity a discuté avec Myriam, une agente de bord expérimentée et formatrice à la maison mère de Air Canada, qui nous a confié quelques conseils tout simples pour que le vol se passe bien pour tout le monde.
Oublier que l’embarquement, c’est du Tetris
Myriam comprend très bien que ce n’est pas toujours idéal d’être séparé.e de la personne avec qui on voyage ou de ne pas avoir son bagage exactement au-dessus de son siège. Ça peut être frustrant, surtout quand on aime garder ses choses à portée de main.
Cela dit, elle rappelle qu’au moment de l’embarquement, l’objectif est que l’avion décolle à l’heure. Ce n’est donc pas le meilleur moment pour transformer un petit désagrément en crise majeure.
« Quand ce sont [des gens avec] des enfants, on comprend tout ça, mais un couple qui a été séparé, on s'entend que ce n'est pas la fin du monde, surtout si c'est un vol court comme un Montréal [à] Toronto. Mais là, c'est [...] la panique pour le siège… Ton bagage a été mis deux sièges plus loin, c'est la fin du monde. [On] comprend [que tu] ne veux pas le perdre ou que ça soit mélangé, mais à ne pas paniquer », nous a-t-elle mentionné.
En bref, un peu de souplesse peut vraiment aider. Pour un court vol, être assis.e à quelques rangées de distance ou récupérer son bagage deux sièges plus loin à l’atterrissage, ça reste un inconvénient temporaire et certainement pas une urgence.
Te mettre dans le chemin durant le service
Quand l’équipe circule dans les allées avec les chariots pour le service, ce n’est pas le moment idéal pour te lever afin d’aller aux toilettes ou pour t’étirer les jambes.
« Les gens qui viennent se pointer derrière toi, ou soit qui interrompent le service, fait que là il faut que tu recules pour laisser passer une personne [...] normalement, ça ralentit [le service], les autres attendent, etc. »
Bien sûr, il y a des situations où on ne peut tout simplement pas attendre. Mais si tu as la possibilité d’anticiper, c’est toujours apprécié.
Pour ce qui est des jambes étendues dans l’allée, c’est aussi une question de sécurité :
« Ce n'est pas de la faute de personne, mais malheureusement, les allées sont rendues de plus en plus petites, comme tout le monde [peut] le remarquer. Et ce n'est pas de notre faute [...], à force de crier des "Attention, attention, attention, attention, attention, coming through », c'est comme "Attention vos épaules, attention vos genoux", parce qu'on a eu des accidents, j'en ai cogné moi des fois des genoux. Ça ne fait pas du bien, puis la personne n'est pas très contente. »
Alors, lorsque les charriots sortent, pense à garder l’espace dégagé histoire d'éviter de commencer ton voyage avec une mauvaise surprise.
T’étaler comme si personne ne t’entourait
Myriam ne juge pas les personnes qui essaient d’être confortables en vol, au contraire. On comprend tous et toutes l’envie de relaxer un peu. Là où ça pose problème, c’est quand le confort personnel prend toute la place… au détriment des autres.
« On a beaucoup de passagers qui se sentent très à l'aise, comme dans leur salon. Premièrement, tu as ceux qui s'étendent déjà au début du vol, puis qui sont dans la face de l'autre passager, c'est quasiment même avant le décollage. Donc là, on a des petites interventions à faire avant le vol, ou près du repas. Là, on doit intervenir [...]. Les gens qui déposent leurs pieds sur l'accoudoir d'en avant... »
En gros, transformer ton siège en mode sieste inclinée au maximum pendant que la personne derrière essaie de manger et rentrer dans la bulle des autres de manière inappropriée, c'est non. Un petit mot avant de baisser ton dossier, un coup d’œil autour pour voir si tout le monde est correct, ça fait toute la différence. En avion, on partage un espace très restraint, alors un peu de communication et de considération, ça aide tout le monde à arriver à destination de bonne humeur.
Penser que tout a été désinfecté de manière rigoureuse
Myriam a d’abord tenu à parler d’un aspect auquel on ne pense pas toujours : la propreté à bord. Même si les avions sont nettoyés entre les vols, elle rappelle que le ménage n’est pas nécessairement fait en profondeur chaque fois.
« Parlons de propreté. Admettons rapidement, les salles de bain ou tout autre endroit dans l'avion, que ce soit [...] les cuisines, où l'on prépare les cafés et tout, c'est extrêmement sale. »
Dans ce contexte, elle conseille d’éviter de laisser les bébés et les jeunes enfants ramper au sol. Se promener pieds nus ne serait pas non plus l’idée du siècle, considérant l’état parfois douteux des tapis.
Les surfaces qu’on touche constamment ne sont pas épargnées non plus :
« Mais je pense que ce qui est plus sale, on m'avait dit, un peu comme les téléphones cellulaires, l'écran pour regarder les films. Je veux dire, on n'a pas le temps de nettoyer ça, souvent, c'est fait vite vite, l'écran où tout le monde met les doigts. Même chose [pour] les poignées et les accoudoirs. »
Disons que ça donne envie de garder du désinfectant à portée de main… juste au cas.
Oublier les bases de la politesse
Celles et ceux qui travaillent en service à la clientèle vont sûrement comprendre : il y a une façon de demander quelque chose sans brusquer la personne en face de soi. En avion, c’est pareil. Myriam nous a confié que certains comportements ne passent vraiment pas.
« Claquer [des doigts] ou "Hey, hey, hey!" Il y en a qui se font accrocher le bras, la cuisse, [se font agripper] parce [que les passagers] ont tellement peur qu'on ne revienne pas ou qu'on passe tout droit. »
Même si tu crains que l’équipe ne t’ait pas vu.e, inutile d’en venir là. Un simple « Madame » ou « Monsieur » fait amplement l’affaire, plutôt que d’interpeller quelqu’un avec un « Hey chose! ».
Et si l’équipage est un peu plus loin dans l’allée, il y a toujours le bouton d’appel. Comme elle l’explique :
« Écoute, c'est sûr que quand on est juste à côté, un ''Madame'', ''Monsieur'' ou peu importe, mais sinon, il y a le fameux call button [...]. De toute façon, à l'arrière, on voit les numéros de siège, on voit la lettre, on voit qui nous appelle. Mais juste gentiment et puis, tu sais, faire un peu preuve de patience. »
En bref, un peu de politesse et un soupçon de patience peuvent vraiment faire toute la différence à 30 000 pieds dans les airs.
Commander sans réfléchir
Quand l’équipe arrive à ton rang pour prendre ta commande, l’idéal, c’est d’être prêt.e. Hésiter longtemps, ajouter quelque chose après coup ou changer d’idée alors que le service est déjà rendu deux rangées plus loin, ça peut sembler anodin… mais ça ralentit tout le monde.
Myriam nous a d’ailleurs confié que certaines commandes sont plus compliquées qu’elles n’en ont l’air :
« Le café, ça, c'est une de nos pires commandes à recevoir à un moment donné parce que c'est jamais fini, c'est jamais complet. Tu es rendu deux rangées plus tard : ''Mais Madame, vous avez oublié la crème.'' C'est parce que tu ne me l'as pas dit. »
Moral de l’histoire : quand tu commandes ton café, précise tout de suite si tu le veux noir, avec sucre, avec lait ou en mode « deux deux ». Dire « un café normal » laisse beaucoup trop de place à l’interprétation… et risque de provoquer un aller-retour évitable dans l’allée.
Passer le temps dans la cuisine ou l'espace des agents et agentes de bord
Tu l’as sûrement déjà remarqué : à bord, il y a un petit espace à l’arrière ou au centre de l’appareil où l’équipage prépare les repas, range le matériel… et prend aussi quelques minutes pour souffler. Dans certains avions, on doit parfois y passer pour accéder aux toilettes ou circuler, mais ça reste avant tout leur coin.
Myriam explique que plusieurs membres d’équipage trouvent ça difficile quand des passagers et passagères s’y installent ou y restent trop longtemps :
« C'est aussi notre espace où on mange, où on parle, où on range nos trucs. C'est sûr qu'on ne veut pas qu'il y ait trop de monde. »
Bref, même si l’espace peut sembler accessible, ce n’est pas vraiment un lieu pour socialiser ou patienter. Comme dans n’importe quel milieu de travail, avoir un petit coin réservé à l’équipe, ça fait partie des bases.
Il ne te reste qu’à garder ces quelques conseils en tête, et te voilà prêt.e à devenir le ou la passager.ère dont tout le monde rêve à bord.
* Cet article a été mis à jour depuis sa publication initiale, datée du 13 septembre 2024.
Cet entretien a été édité et condensé afin de le rendre plus clair.