Dans les dernières semaines, l’entreprise montréalaise Pornhub a fait couler beaucoup d’encre alors que des allégations de pornographie juvénile planaient au-dessus d’elle. 

Pornhub, qui appartient à la compagnie MindGeek, située sur le boulevard Décarie, est le site web de vidéos pornographique parmi les plus populaires au monde.

Il fait partie des dix meilleurs sites internet au monde, avec Instagram, Wikipédia et le moteur de recherche Google.

Or, depuis la sortie d’un article du New York Times publié au début du mois, le site se retrouve dans l'eau chaude.

Voici ce qu’il faut savoir sur l’affaire Pornhub. 

La sélection de l'éditeur : Tout ce que tu veux savoir sur le procès de Dylan Demers en cours actuellement

Quand le tout a commencé?

4 décembre

Le journaliste-chroniqueur du New York Times, Nicholas Kristof, a écrit une chronique sur le site web de divertissement XXX qui compte près de 36 milliards de visites annuellement.

Il lève le voile sur la facilité d’obtenir de la pornographie juvénile en quelques cliques et souligne que le site est « infesté » de vidéos de viols d’enfants et de pornographie de vengeance (revenge porn), entre autres.

6 décembre

La compagnie de crédit MasterCard a confirmé qu'elle enquêtait sur les allégations en cause, affirmant avoir une politique de tolérance zéro en lien avec des activités illégales sur son réseau.

Jusqu'à ce moment, la Société autorisait toujours les paiements pour divers achats sur le site.

Visa a, quant à elle, emboité le pas quelques jours plus tard.

10 décembre

Les deux entreprises de crédit ont annoncé qu’elles suspendent toutes transactions sur le site web Pornhub.

D’un côté, MasterCard annonce mettre fin pour de bon à sa relation avec l’entreprise montréalaise, comme l’indique Radio-Canada.

De l’autre, Visa affirme suspendre les paiements, et ce, jusqu’à ce qu’une enquête soit réalisée.

Quant à PayPal, elle a cessé de traiter les paiements liés au site web pornographique depuis l’an dernier.

Quelle a été la réaction de Pornhub?

Après la publication de l’article du NY Times, l’entreprise pornographique a déclaré dans un courriel envoyé à l’Agence France-Presse que « toute affirmation voulant que nous autorisions (cela) est irresponsable et manifestement fausse ».

Le 14 décembre dernier, Pornhub a annoncé avoir fait une mise à jour de sa politique d’utilisation.

Depuis, Pornhub permet uniquement aux utilisateurs correctement identifiés de télécharger du contenu.

« Rien n’est plus important que la sécurité de notre communauté », a déclaré Pornhub dans un communiqué.

C’est pourquoi nous nous sommes toujours engagés à éliminer les contenus illicites, y compris les contenus non consensuels et les contenus pédopornographiques », peut-on lire.

La Presse rapportait cette semaine que la plateforme a supprimé près de 80 % de ses vidéos, passant de 13,5 millions de vidéos à près de trois millions.

La situation est-elle réglée?

Pas tout à fait.

Oui, le site web a mis en place une équipe pour surveiller les vidéos qui pourraient ne pas respecter la nouvelle politique, mais l’entreprise a reçu une autre gifle au visage.

En Californie, 40 femmes ont déposé, ce mardi 15 décembre, une poursuite contre Pornhub et MindGeek pour 40 M$ US, soit 50,9 M$ CAN, pour des vidéos diffusées sans leur consentement.

Les plaignantes affirment que Pornhub a profité de vidéos du site web XXX GirlsDoPorn, fermé cette année après des allégations de trafic sexuel.

Les vidéos en question seraient restées disponibles sur Pornhub, malgré leurs demandes de les retirer.

Le gouvernement canadien, quant à lui, déposera en 2021 un projet de loi forçant les sites comme Pornhub à retirer le contenu illégal, comme de la pédopornographie.

Les commentaires sont maintenant fermés.
Paramètres de compte
Notifications
Favoris
Me déconnecter

Enregistre cet appareil afin de recevoir des notifications