USD, euro : Desjardins et des banques canadiennes accusées de surcharger des frais cachés
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Desjardins et des Banques canadiennes sont accusées d'avoir chargé des frais cachés lors de la conversion de devises étrangères.
Une nouvelle action collective vient d’être déposée au Québec et pourrait faire sourciller la clientèle des grandes institutions financières de la province. Pourquoi? Desjardins et des banques canadiennes sont accusées d'imposer des frais cachés lors de conversions de devises étrangères, sans les divulguer clairement.
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Déposé par le cabinet montréalais LPC Avocats, le recours vise Desjardins et plusieurs grandes banques, dont TD, RBC, BMO, CIBC, la Banque Scotia, la Banque Nationale et la Banque Laurentienne.
La demande a été déposée en Cour supérieure du Québec le 13 avril 2026 et attend toujours d’être autorisée.
L’histoire d’une cliente à l’origine du recours :
Tout commence avec une cliente de la Banque TD, identifiée comme « Eve », qui échange de l’argent avant un voyage. Après deux transactions en succursale, elle remarque un écart entre le taux appliqué et celui du marché.
En creusant, elle estime qu’une majoration d’environ 3,5 % lui a été facturée, sans être indiquée ni dans son contrat ni sur ses reçus.
La poursuite souligne qu’« à aucun moment » ces frais n’auraient été divulgués lors des transactions.
C’est cette absence de transparence qui l’aurait motivée à lancer une action collective, estimant que les clients et clientes paient des frais sans pouvoir les identifier clairement.
Des frais invisibles intégrés directement dans le taux
Au cœur du dossier, une pratique qui toucherait des milliers de personnes : l’ajout d’une marge sur le taux de change interbancaire, intégrée directement dans le taux offert aux clients et clientes.
Ce montant supplémentaire représenterait en réalité des frais pour le service de conversion, mais il ne serait pas indiqué clairement dans les ententes bancaires, qui « ne divulguent pas les frais ajoutés par les banques au taux de change interbancaire », indiquent les documents déposés en cour.
Autrement dit, même si aucune ligne ne mentionne explicitement des frais, celui-ci serait bel et bien facturé, mais dissimulé dans un taux « tout inclus », qui « dissimule l’existence et l’ampleur de la charge ».
Une pratique qui serait répandue dans tout le secteur
La poursuite soutient que les institutions savent exactement combien elles ajoutent comme marge. Ce pourcentage serait déterminé à l’avance, suivi à l’interne et appliqué de manière systématique.
Selon les documents, « le taux de change offert aux clients n’est pas arbitraire; il est systématiquement établi en ajoutant une marge prédéterminée ».
Le problème, selon la demande, c’est que la clientèle ne peut ni voir ni calculer ce coût au moment de la transaction, créant « une asymétrie fondamentale » entre les institutions et leur clientèle.
Des exemples concrets avancés dans la demande donnent une idée de l’ampleur des frais allégués.
À des endroits, la marge pourrait atteindre environ 3,5 % pour des conversions effectuées au comptoir. Du côté de Desjardins, des frais variant entre environ 1,7 % et 2,4 % auraient été appliqués dans certains cas, malgré des communications laissant croire que le service était gratuit.
La poursuite affirme aussi que ces frais ne sont pas seulement appliqués lors d’achats à l’étranger, mais dans plusieurs situations du quotidien : conversions en succursale, transactions en ligne, dépôts de chèques en devises étrangères ou réception de virements internationaux.
Selon LPC Avocats, cette pratique pourrait contrevenir à la Loi sur la protection du consommateur du Québec, qui prévoit que « le coût d’un service doit être indiqué de façon précise » dans un contrat.
Que recherche-t-on avec ce recours collectif?
L’action collective vise à obtenir le remboursement des montants perçus, ainsi que des dommages punitifs pour les clients et clientes concerné.e.s.
Pour l’instant, aucune de ces allégations n’a été prouvée devant les tribunaux. Desjardins et les banques visées n’ont pas encore présenté leur défense dans le cadre de cette procédure.
Si le recours est autorisé, il pourrait concerner toute personne ayant payé un montant supplémentaire non divulgué lors d’une conversion de devises dans le cadre de services bancaires.
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