Le créateur de contenu et personnalité du Web, Dylan Demers, subit cette semaine son procès au palais de justice de Québec.

L'homme a été arrêté en 2019 par le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). Il faisait face à plusieurs accusations de production et de distribution de pornographie juvénile, leurre informatique et harcèlement criminel.

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Demers a fait l'objet d'une enquête pendant dix mois, soit d'avril 2018 à son arrestation en février 2019. On le soupçonnait d'être impliqué dans les accusations de son meilleur ami, la personnalité du Web Carlos Desjardins.

Voici ce qu'il en est avec le dossier. 

Qui est Dylan Demers?

Dylan Demers a connu une montée de popularité sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, avant même la popularisation de termes comme « créateur de contenu » ou « influenceur », qu'on utilise couramment en 2020. Il est donc généralement qualifié de « personnalité du Web ».

Demers et son meilleur ami, Carlos Desjardins, étaient principalement connus pour leurs vidéos sur Facebook et Snapchat.

Ce premier s'autoproclamait le « King de Snapchat ».

Les amis, à l'époque âgés dans la début de la vingtaine, ont partagé des vidéos où ils faisaient la fête avec plusieurs jeunes filles d'entre 13 ans et 17 ans.

Quelques vidéos des hommes contenant de la nudité et du contenu explicite sont d'ailleurs toujours en ligne.

Les personnalités ont également enregistré un vidéoclip de rap avec leur ami chanteur Jonathan Laberge.

Quelles sont les accusations qui pèsent contre lui? 

Arrêté en février 2019, Demers fait face à plusieurs chefs d'accusation de production et de distribution de pornographie juvénile, leurre et harcèlement criminel.

Dans la déclaration de la police lors de l'arrestation, on pouvait lire que c'est un total de cinq victimes, des filles d’âge mineur au moment des événements, qui auraient dénoncé l'homme :

« Le modus operandi de Dylan Demers est celui-ci : il rencontre des jeunes filles mineures puis produit des images à caractère sexuel d’elles pour ensuite les partager. Ce dernier était très actif au niveau des réseaux sociaux tels que Facebook, Instagram et Snapchat. »

Le SPVQ avait « des raisons de croire que le suspect a fait d’autres victimes qui n’ont jamais dénoncé. »

Le Soleil rapporte, ce 15 décembre, que c'est pour quatre victimes que Demers est accusé.

Quelles sont les preuves présentées jusqu'à maintenant?

Ce 15 décembre s'est amorcé le procès, qui devrait durer environ une semaine.

Une policière de Québec, Karine Boivin, a expliqué comment l'enquête a débuté.

Ce serait une policière affectée au milieu scolaire qui a amorcé le tout après qu'on lui ait partagé des vidéos filmées dans des « partys » en avril et mai 2018.

« Sur l’une, une jeune fille de 17 ans est filmée à quatre pattes sur une table, avec l’accusé Demers qui lui verse du champagne sur les fesses. Sur l’autre, une adolescente de 13 ans se tient dans la douche habillée avec un "string." C’est Carlos Desjardins qui verse et lèche le champagne sur les fesses de la jeune fille », rapporte Le Soleil.

C'est un total de 17 photos et une dizaine de vidéos qui ont été présentées à la juge Sandra Rioux. Cette dernière n'a pas divulgué ces preuves à la salle d’audience, puisqu'elles constituent de la pornographie juvénile, selon la poursuite.

Une plaignante était également sur place pour raconter sa rencontre avec Demers et Desjardins. Celle-ci affirme qu'elle avait 17 ans lorsqu'elle a été invitée à un party dans la Haute-Ville à Québec.

Selon son témoignage, elle aurait découvert une jeune femme inconsciente à cette fête. En allant lui chercher une serviette d'eau froide, elle aurait rencontré Dylan qui lui a proposé un « trip à trois » avec son ami Carlos.

L'adolescente aurait refusé, aidé la jeune femme, et quitté les lieux. Dylan l'aurait contactée le lendemain, par Snapchat. Le premier message qu'il lui a envoyé serait une photo de son pénis.

L'avocat de Dylan affirme que les vidéos et les images présentées ne constituaient pas de la pornographie juvénile.

Le procès devrait se poursuivre jusqu'à la semaine prochaine.

Que se passe-t-il avec Carlos Desjardins ?

À l'automne 2018, quelques mois avant sa propre arrestation, Dylan Demers clamait avoir fait une entrevue « en direct de la prison » avec son ami Carlos, qui s'autoproclamait « l'homme le plus beau du Québec ».

Pour sa part, il a écopé d'une peine d'emprisonnement de quatre ans et demi en janvier 2020.

Il a plaidé coupable à plusieurs accusations de leurre, d'extorsion et de production de pornographie juvénile à l’endroit d’une quinzaine de jeunes filles, âgées pour la plupart entre 14 et 18 ans.

Desjardins a également un interdit de contact avec les victimes, et une interdiction d'aller sur les réseaux sociaux pendant trois ans suite à sa sortie de prison.

Radio-Canada rapporte que Desjardins devrait témoigner pendant le procès de Dylan Demers.