Les derniers kilomètres du marathon sont devant nous, comme le répète le gouvernement depuis le début de la campagne de vaccination au Québec. Alors que les plages horaires sont ouvertes aux 30 ans et plus pour être inoculé.e contre la COVID-19, les heures sont comptées avant que ce soit au tour des jeunes adultes de 18-29 ans.

Dans le cadre de la « semaine des jeunes », comme l'a surnommé le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, Narcity s'est entretenu avec lui.

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La vaccination des 18-29 ans, une semaine primordiale pour le Québec

D'entrée de jeu, le député de La Prairie ne s'en cache pas: cette semaine des jeunes est « probablement l'une des semaines les plus critiques qu'on va avoir » depuis le début de la campagne de vaccination.

« C'est la première fois qu'on a un groupe aussi important en terme populationnel qui arrive tout en même temps, dit-il. On parle de 1,4 M de personnes qui n'ont pas été vaccinées. »

Si tout va bon train, les 25-29 pourront dès ce mercredi 12 mai prendre rendez-vous pour recevoir une première dose de vaccin. Les 18-24 suivront ce vendredi 14 mai.

Le ministre Dubé martèle que pour réussir cette campagne de vaccination, débutée en décembre dernier, « on a besoin d'eux dans les prochains jours ».

Selon les données de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), les 20-29 ans représentent en moyenne 15 à 17 % des nouvelles infections dénombrées quotidiennement en raison, entre autres, des différents variants plus contagieux.



Déconfinement des restaurants et terrasses

Est-ce que le pourcentage de Québécois.es de 18 à 30 ans vacciné.es affectera directement le déconfinement des restaurants, bars et terrasses? « Absolument » s'exclame le ministre Dubé, lui-même père de deux millénariaux.

Actuellement, 67% de la population vaccinable âgée de 30 ans et plus a reçu une première dose, affirme le ministre de la Santé.

« Le bloc de 1,4 M de jeunes peut facilement nous faire passer de 75 à 85% de la population vaccinée. Avec ce pourcentage, on peut commencer à déconfiner plus rapidement », donnant en exemple le retour des voyages à l'étranger.

Avec un fort taux de vaccination aux alentours des 80 à 85%, « c'est sûr qu'on déconfine plus vite, on peut retourner à une vie plus normale » et recommencer à voyager, selon le ministre.

« Je sais que c'est un mot qu'on a oublié, ''voyager'' », lance-t-il à la blague, se rappelant son annonce de la vaccination à l'auto prévue dès le 17 mai à l'aéroport de Montréal. « J'ai entendu un bruit d'avion et je me suis dit "c'est quoi cette affaire-là". »

Selon lui, les Québécois.es ont oublié « qu'on peut aller en Europe et faire un voyage » durant ses études.

Que répond-il aux personnes qui ne veulent pas se faire vacciner?

Christian Dubé affirme respecter en toute légitimité les gens qui choisissent pour diverses raisons ne pas vouloir être inoculé.es.

Il ajoute par contre : « On est à un moment où il faut arrêter de penser à l'individu et plutôt penser à la société ».

Si les personnes craintives surmontent leur peur du vaccin, dit-il, et que 80% des 18-29 ans se faisaient vacciner, « ça ferait toute la différence du monde et accélérerait le déconfinement ».

« Ils en ont fait des sacrifices [depuis le début de la pandémie], maintenant c'est à leur tour de se faire plaisir », lance M. Dubé.

« Je les entends »

Un grand nombre d'études stipule que la pandémie de COVID-19 a eu un effet négatif sur plusieurs sphères de la vie des millénariaux, tant sur le plan social que mental.

Pour sa part, Christian Dubé précise qu'il entend les 18-29 ans, puisque « ce sont [eux] qui ont été le plus touchés ».

« Je ne dirais pas que c'est eux qui l'ont eu le plus dur, mais disons qu'ils l'ont eu pas mal dur », mentionne-t-il.

Dans une lettre qu'il a signée et publiée sur les réseaux sociaux, M. Dubé écrit comprendre les 18-29 ans d'avoir eu « l'impression de ne pas être prioritaires ».

À ce sujet, il précise qu'il devait se fier aux recommandations de la santé publique, dont la priorité était de protéger les personnes vulnérables. « Là, je crois qu'on a la chance de dire qu'ils sont prioritaires. C'est de vous qu'on s'occupe. »

Et le passeport vaccinal, lui?

Dans une récente étude de la firme de sondage Léger, une majorité des répondant.es âgé.es de 18 à 34 ans ont affirmé être favorables à présenter une preuve vaccinale pour aller au gym, dans les salles de concerts, théâtres et cinémas, aux bars et restaurants ou encore dans les centres commerciaux.

« On n'est pas encore rendu-là, répond le ministre. Pour moi, il était impensable qu'on n'ait pas une preuve vaccinale électronique », ajoute-t-il, en référence au code QR que les personnes vaccinées recevront dès le 13 mai.

« Et si à la fin, on avait uniquement une preuve vaccinale électronique, je serais très heureux. Je ne veux pas commencer à dire que je suis à l'aise avec tel ou tel endroit, parce que je vais envoyer de mauvais messages. »

La santé publique reviendra avec une réponse prochainement.

À noter que l'écriture inclusive est utilisée pour la rédaction de nos articles. Pour en apprendre plus sur le sujet, tu peux consulter la page de l'OQLF.