L’animatrice du débat des chefs en anglais fait réagir les Québécois avec ses questions

Certains crient au « Québec Bashing ».

Journaliste nouvelles, Narcity Québec
L’animatrice du débat des chefs en anglais fait réagir les Québécois avec ses questions

Voilà, c'est fait. Les concours de rhétorique politique sont chose du passé, alors que le dernier débat des chef.fes avait lieu ce jeudi 9 septembre. Toutefois, ce n'est pas la performance des cinq leaders qui a retenu l'attention au Québec, mais bien la modératrice de la soirée.

C'est la présidente de l'Institut Angus Reid, Shachi Kurl, qui était à la tête de ce dernier échange, seul débat dans la langue de Shakespeare. La première question d'ouverture envers le Bloc québécois n'est pas passée inaperçue auprès des téléspectateur.trices, alors qu'elle touchait la loi sur la laïcité de l'État du Québec et la loi 96 sur le français.

« Vous niez que le Québec a un problème de racisme, pourtant vous défendez [ces lois] qui marginalisent les minorités religieuses, les anglophones et les allophones », a-t-elle lancé au chef du BQ, Yves-François Blanchet. « Le Québec est reconnu comme une société distincte, mais pour ceux qui sont à l'extérieur de la province, aidez-les s'il vous plait à comprendre pourquoi votre parti soutient aussi ces lois discriminatoires. »

Lors de la période de questions à la suite du débat, M. Blanchet s'est insurgé par le traitement qu'il a eu lors de la joute politique, et a affirmé que le débat a commencé « par une chaudière d'insultes au visage des Québécois ».

« On s'est fait traiter de racistes et de xénophobes par l'animatrice en commençant le show. Ordinaire », a-t-il dit aux journalistes.

L'animation de Mme Kurl en a même titillé plusieurs du côté anglophone, comme ce professeur de l'Université Carleton, qui mentionne dans son gazouillis qu'une modératrice devrait « donner le ton à un débat respectueux et réfléchi ».

« On ne sent pas que c'était son intention [hier] soir », écrit-il. « Au lieu d'écouter ce que disent les leaders, nous digérons les questions et la façon dont elles sont posées. »

Plus tard, le chef bloquiste s'est fait demander par une journaliste de la chaîne dédiée aux enjeux autochtones, APTN, ce qu'il allait faire pour contrer le racisme systémique au Québec. Il s'est plutôt fait couper le sifflet par la cheffe du Parti vert, Annamie Paul.

« J'invite M. Blanchet à s'informer », dit-elle. Lorsque M. Blanchet a voulu répondre à l'attaque, l'animatrice l'a interrompu.

« Mais j'ai été insulté », a-t-il lancé. « Ce n'est pas une insulte, c'est une invitation à vous informer », rajoute Mme Paul.

Pour sa part, le chef libéral, Justin Trudeau, lui-même Québécois, est venu indirectement à la défense de son collègue bloquiste.

« En tant que fier Québécois, je peux dire : les Québécois ne sont pas racistes », a-t-il lancé aux reporters.

D'un autre côté, plusieurs ont dénoncé le fait que M. Blanchet ramène à lui et le Québec l'enjeu de la réconciliation entre les peuples autochtones et la nation canadienne. Un internaute a d'ailleurs décrit son attitude de « jack ass ».

Une autre s'est même demandé pourquoi le Bloc québécois était invité au débat en anglais.

À noter que l'écriture inclusive est utilisée pour la rédaction de nos articles. Pour en apprendre plus sur le sujet, tu peux consulter la page de l'OQLF.

Jean-Michel Clermont-Goulet
Journaliste nouvelles, Narcity Québec
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