Baleines à Montréal : Voici le plan d'intervention des experts pour le moment

Plusieurs se demandent pourquoi il n'y pas d'opération de sauvetage.

Éditrice, Narcity Québec
​Rorqual à Montréal, mai 2022.

Depuis le 8 mai dernier, les Québécois.es ont une impression de déjà-vu de l'été 2020 lorsqu'une baleine à bosse dans les eaux du Vieux-Port avait retenu l'attention de tous pendant plusieurs jours. Cette fois, ce n'est pas un, mais bien deux rorquals qui ont été aperçus dans le fleuve Saint-Laurent à Montréal.

Depuis que leur présence inhabituelle a été signalée dans le secteur, les expert.es du Réseau Québécois d’Urgences pour les Mammifères Marins (RQUMM) les surveillent de près et observent leur comportement. Cependant, comme ces baleines nagent présentement en eau douce et qu'elles sont à un endroit qui pourrait être dangereux en raison de la haute fréquence de navigation dans cette partie du fleuve, plusieurs se demandent pourquoi aucune opération de sauvetage n'est en cours.

Le RQUMM explique qu'il y a trois grands critères pour déterminer le plan d'intervention dans de telles situations : « Le statut de l’espèce, la responsabilité humaine, et la santé et la sécurité du public. » D'autres facteurs comme le coût, la logistique, la perception du public et les chances de succès sont aussi évalués attentivement pour définir si le stress que subira l'animal lors d'une telle opération en vaut la peine.

« Bien sûr, la sécurité des intervenants doit être assurée en tout temps, suivant le principe qu’un sauveteur blessé, incommodé ou en danger de mort devient lui-même une victime », précise l'organisme.

Un autre élément qui est pris en compte est le statut de l'animal. Le RQUMM souligne que « la priorité est accordée aux espèces inscrites sur la liste des espèces en péril », et ce, surtout si le mammifère est considéré comme étant important pour la survie de la population.

Qu'est-ce qui est prévu pour les rorquals dans le fleuve?

D'après le RQUMM, la première baleine, qui se situe encore près de l'île Sainte-Hélène en date du 13 mai, semble en bonne condition.

Pour ce qui est de sa compagne qui est arrivée quelques jours plus tard, elle a été observée ce vendredi dans le chenal Le Moyne, entre la passerelle du Cosmos et le pont Jacques-Cartier.

Actuellement, les expert.es ont déterminé que la meilleure chose à faire pour les petits rorquals à Montréal, c'est de « laisser la nature suivre son cours ».

« L’intention est de laisser à ces deux animaux sauvages en bonne santé les meilleures chances de retrouver leur chemin et de repartir vers l’aval, sans les stresser ou les perturber davantage », a indiqué le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) sur la page Facebook Baleines en direct.

Par contre, cela ne signifie pas que les équipes du RQUMM ne font rien. « La première chose que nous avons mise en place, c’est un plan de surveillance et de vigilance. Nous avons immédiatement émis un avis à la navigation pour inciter les pilotes à être particulièrement vigilants à cette présence », a tenu à mentionner Robert Michaud, coordinateur du RQUMM.

Jour après jour, les scientifiques et bénévoles suivent les déplacements de ces cétacés et récoltent des informations pour s'assurer que leur santé est toujours bonne.

Si ces animaux se retrouvent en danger ou dans un endroit trop étroit ou empêchant la navigation, c'est à ce moment que des « méthodes d'effarouchement ou d’attraction » pourraient être mis en place pour inciter les rorquals à se déplacer.

Dans une éventualité plus dramatique, c'est-à-dire si ces énormes mammifères devaient s'échouer sur les berges, les options de remise à l'eau, d'euthanasie ou autres seront évaluées.

Y a-t-il des avis à la population qui ont été émis?

Oui. La garde-côtière canadienne a diffusé des avertissements de navigation pour la zone du port de Montréal où ces baleines ont été observées.

Cet avis prévient les plaisancier.ères de toutes sortes de « garder une distance d'au moins 200 mètres de l'animal ».

Selon le Règlement sur les mammifères marins de la Loi sur les pêches du Canada, « il est interdit de perturber un mammifère marin », ce qui inclut de le nourrir, de nager ou interagir avec lui ou encore de s'en approcher à bord de tout type d'embarcation.

« Nous encourageons les plaisanciers et kayakistes à maintenir une distance encore plus grande que le 100 mètres, au minimum 200 mètres, afin de laisser tout l’espace nécessaire à la baleine pour manœuvrer et réduire son stress », stipule le RQUMM.

Les biologistes du RQUMM invitent la population à communiquer avec eux par téléphone afin d'aider au signalement de la position des deux baleines.

À noter que l'écriture inclusive est utilisée pour la rédaction de nos articles. Pour en apprendre plus sur le sujet, tu peux consulter la page de l'OQLF.

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