La formation payée pour devenir préposé aux bénéficiaires proposée par le gouvernement Legault a créé un vif engouement au sein de la population. Sur les plus de 90 000 inscriptions, seules 10 000 personnes ont été retenues. Toutefois, plusieurs vivent encore dans le flou total.

Narcity s'est entretenu avec un de ces étudiants afin qu'il nous révèle les détails de son expérience jusqu'à maintenant. 

Comédien de métier et fraîchement sorti d’une école de théâtre, Jasmin*, ce nouvel étudiant de 25 ans, a dû mettre tous ses projets artistiques sur pause, en raison de la pandémie de COVID-19.

Pour lui, s’inscrire et suivre la formation payée est « un choix à long terme ou, au pire, un service militaire transformé », lance-t-il à la blague.

En l’espace de quelque temps, entre son inscription à l’École des métiers des Faubourgs, sur le territoire du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Ile-de-Montréal, et son acceptation, il s’en est passé, des choses.

Il a d’abord été contacté le samedi précédent le début de la formation. S’en est suivi le remplissages de divers formulaires puis une entrevue téléphonique formelle.

Ensuite vient le flou sur la formation et le moment qu’il recevra la bourse de 7 875 $ promise par le gouvernement, soit l’équivalent d’un salaire de 21 $ de l’heure pendant 375 heures.

« Est-ce que le ministère n’a pas encore l’argent? », se questionne d’abord le futur préposé.  

« On s’est fait dire, une fois, qu’un premier dépôt de 3 000 $ allait être déposé dans notre compte bancaire dès la première journée de la formation. »

Puis, les étudiants auraient eu vent à l’oreille qu’un dépôt, dont le montant n’était pas précisé, allait être déposé trois semaines après le début de la formation.  

Or, Jasmin a appris ce jeudi, par l’entremise de deux représentantes des ressources humaines du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Ile-de-Montréal, qu’il allait toucher un premier versement « que le 16 juillet prochain », soit un mois plus tard que prévu.

Autre surprise : les frais de scolarité. Aux faits qu’il allait devoir se payer des uniformes de préposé, Jasmin n’était pas au courant, lors de son inscription, qu’il devait débourser de sa poche pour être formé. 

Outre le 180 $ d’uniforme, Jasmin a dû payer 96 $ sur les 173 $ demandés par son établissement scolaire. Ce prix inclut l’ouverture du dossier scolaire et le matériel requis pour suivre la formation.  

Le reste aurait été payé par le gouvernement, selon une entente. 

« Ce sont des frais que l’on a eu à débourser tout en n'ayant aucune trace de cette bourse. C’est ce que je trouve un peu désagréable. » 

Le groupe de Jasmin, initialement de 22 étudiants, a d'ailleurs perdu des plumes, depuis notre entretien, passant à quatorze personnes.

« Plusieurs se sont rendu compte que ce travail n’était pas pour eux », dit-il, précisant que c’était demandant physiquement et mentalement.

À quoi s’attend Jasmin après ses trois mois de formation? « Je m’attends à beaucoup de défis. Travailler avec des mannequins, ce n’est pas la même chose qu’avec des humains. Il n’y a rien de tel qu’être sur le terrain. »


*Nom fictif. Il s'agit de l'unique opinion de cet étudiant à la formation payée de préposé aux bénéficiaire.

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