Avec les salles à manger des restaurants et les bars fermés en zones rouges, les rassemblements intérieurs illégaux sont de plus en plus courants. Ce n’est pas rare que des livreurs de Montréal soient témoins de regroupements résidentiels.

David* est livreur pour une pizzéria populaire de Montréal et dessert exclusivement les quartiers de Rosemont–La Petite-Patrie et Le Plateau-Mont-Royal.

Il ne s’en cache pas : il n’est pas rare de voir des factures de 150 $ à 200 $ de pizza par soir. Il avoue que le plus grand rassemblement duquel il a été témoin était d’une quinzaine de personnes.

Quand, dans un petit appartement au troisième étage, tu te ramasses à aller livrer quatre extra larges et huit frites, il y a un problème quelque part.


David, livreur

Le jeune livreur affirme que, très souvent, les gens — majoritairement âgés entre 18 et 35 ans, selon lui — se cachent lors de la livraison.

Quant aux clients, David confie qu’ils mettent « toutes les chances de leur bord pour ne pas se faire pogner ».

« Si quelqu’un a une facture de 150 $ et te donne juste 2 $ de pourboire et sait qu’il est dans l’illégalité [sanitaire]... 100 % du temps, ces personnes donnent 15 à 20 % de pourboire », dit-il.

« On dirait qu’ils ne veulent pas donner de mauvais pourboires et, par représailles, que le livreur les dénonce », renchérit le livreur.

David va jusqu’à dénombrer de deux à trois livraisons de la sorte les vendredis et les samedis soir.

Ressent-il un devoir de dénonciation, santé publique oblige? « Je fais juste mon travail », mentionne-t-il. « Si c’était mon voisin, ce serait une autre affaire. »


Nom fictif pour conserver l'anonymat

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