Depuis quelques jours, une publicité dénonçant les actes d'inconduites sexuelles fait fortement réagir les Québécois sur les réseaux sociaux.

Partagée le 21 septembre 2020 sur le Facebook de Full Célèbre, la campagne publicitaire controversée qui est appuyée entre autres par le gouvernement du Québec montre l'image d'une femme portant un sac en papier sur sa tête avec l’inscription « sexto », afin de faire de la sensibilisation au sujet du phénomène de la cyberexploitation.

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Depuis le 13 janvier, les réactions sous la publication ont explosé et la comédienne Catherine Éthier a également partagé son avis sur Facebook, ce qui a récolté plus de 1 300 partages.

Plusieurs internautes qualifient cette initiative de victim shaming, un moyen de mettre la faute sur les victimes plutôt que sur les agresseurs.

D'autres vont même jusqu'à dire qu'elle devrait être retirée de la sphère publique et désirent faire une plainte afin que l'organisation CLES (Concertation des Luttes contre l'Exploitation Sexuelle) ajuste leur message.

Sous la publication Facebook, des dizaines d'avis affirment qu'il s'agit de propos sexistes et demandent aux auteurs de la campagne de s'informer davantage sur la problématique entourant les abus sexuels.

Bien qu'une majorité des opinions partagées publiquement ne soit pas en accord avec la publicité, quelques commentaires soulèvent qu'il est tout de même important de mettre les potentielles victimes en garde.

La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle, derrière la campagne, a répondu à la situation sur Facebook en fin d'après-midi jeudi le 14 janvier :

« La campagne vise à sensibiliser les jeunes mineur.e.s sur les impacts que peuvent avoir l’envoi d’images intimes par les médias sociaux, les téléphones intelligents ou autres médiums. Nous avons également pris soin de dénoncer les cyberprédateurs à travers cette campagne.

« En effet, des prédateurs de partout sur la planète utilisent maintenant les médias sociaux, les jeux vidéos en ligne et de nombreuses plateformes où, en échange de "points" dans un jeu vidéo, par exemple, la ou le jeune acceptera d’envoyer des photos à caractère sexuel.

« La CLES, en partenariat avec plusieurs organismes de lutte contre l’exploitation sexuelle, a choisi de mener une campagne visant notamment à offrir aux jeunes et aux parents des ressources d’aide afin de trouver des réponses à cette problématique.

« Nous avons travaillé fort avec des partenaires d’exception afin de créer une campagne de sensibilisation selon un processus soucieux des jeunes victimes. Selon Statistiques Canada, en 2012, 96% des victimes de cybercrime étaient âgées de moins de 17 ans et 10% avaient moins de 12 ans.

« Voilà pourquoi les images de la campagne #FullCelebre ont été choisies par les jeunes concerné.e.s. Cette image "choc" d’une jeune fille avec un sac de papier sur la tête les interpellait parmi toutes les images présentées. Les jeunes nous ont dit que cette image les incitait à en discuter davantage et à se rendre sur le site web Fullcelebre.org. En ce sens, notre campagne a atteint sa cible.

« Nous avons également diffusé sur les médias sociaux une table ronde où des intervenantes offrent des outils et conseils pratiques aux parents s’inquiétant des activités de leur enfant sur le web.

« Nous croyons que c’est une bonne chose que la cyberexploitation sexuelle soit discutée sur la place publique et que les cyberprédateurs soient pointés du doigt. Nous tenons à rappeler cependant que cette campagne en particulier visait à sensibiliser les mineur.e.s quant aux comportements sécuritaires à adopter en ligne.

« Oui, la honte doit changer de camp. La CLES fait sa part au quotidien pour faire passer ce message. Une responsabilisation sociétale plus large face aux phénomènes des cyberagressions et de la cyberexploitation sexuelle est urgente et nécessaire. Nous contribuons à ce débat de société et aux transformations sociales qui s’imposent tout en permettant au public de trouver les meilleures ressources d’aide. Nous vous invitons à nous joindre dans cette lutte. » 


On rappelle à toute personne victime d’agression sexuelle que plusieurs ressources existent, comme le Centre pour les victimes d’agression sexuelle de Montréal (CVASM), qui couvre tout le Québec, disponible 24/24 7 jours semaine au 1 888 933-9007.

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