« J'y vomirais dessus » : Medusa met en demeure ÉNERGIE 94,3 pour atteinte à sa réputation
« La critique est légitime, mais la diffamation ne l'est pas. »

Julien Duguay, alias Medusa, met en demeure ÉNERGIE 94,3 pour atteinte à sa réputation.
Le créateur de contenu et bijoutier Julien Duguay, mieux connu sous le nom de Medusa, met en demeure la chaîne de radio montréalaise ÉNERGIE 94,3 en raison de propos jugés « extrêmement insultants et dénigrants » à son endroit, tenus en ondes lors de l'émission matinale Le Boost!. On te décortique toute cette affaire-là.
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Pour te mettre en contexte, le trio à l'animation de l'émission, formé de Phil Branch, Dave Morgan et Julie Boulanger, a tenu la semaine dernière des termes qui ont fait sourciller plusieurs personnes en raison d'un extrait diffusé dans les derniers jours.
Les trois réagissaient à la saga du StreamerFest, évènement lors duquel Julien Duguay avait entre autres tenu des propos jugés misogynes.
Dans la séquence partagée sur les réseaux sociaux, les trois personnes au micro de la station émettent des commentaires très durs à l'endroit de Julien Duguay. L'extrait vidéo est rapidement devenu viral dans les derniers jours.
« J’y vomirais dessus », lance notamment Julie Boulanger, qui demande aux personnes à l'écoute de boycotter la bijouterie de celui qu'elle qualifie de « mange-marde », voire le « canceller », allant jusqu'à demander la fermeture de ses comptes de réseaux sociaux.
L'un des animateurs va jusqu'à le traiter de « trou de cul » et l'autre de « plèbe ».
Une vague de plaintes
À la suite de la publication de clips vidéo de l'émission de radio, il semble que plusieurs personnes se soient tournées vers le Conseil canadien des normes de la radiodiffusion (CCNR) pour dénoncer l'incident sur les ondes de la chaîne ÉNERGIE.
Mercredi après-midi, le site Web du CCNR confirmait avoir reçu un grand nombre de plaintes concernant des propos tenus dans le cadre de l’émission Le Boost!.

« Afin d’assurer que les plaintes soient traitées d’une façon efficace et en temps opportun, le CCNR limite le nombre de plaintes qu’il acceptera concernant la même diffusion [et] effectue le même examen à une question qu’il reçoive une seule plainte valide ou plusieurs », indique-t-on, ajoutant ne plus accepter de plaintes pour ce dossier.
Narcity Québec a tenté de joindre le Conseil afin de connaitre le nombre exact de signalements qu'il avait reçus dans les derniers jours concernant l'émission Le Boost!, mais nos demandes sont demeurées sans réponse.
Julien Duguay, alias Medusa, réagit
Dans les derniers jours, le créateur de contenu et bijoutier au cœur de la tempête médiatique a entamé des démarches et a fait parvenir, par huissier, une mise en demeure à la direction d'ÉNERGIE pour « atteinte alléguée à [sa] réputation » à la suite de « propos extrêmement insultants et dénigrants » tenus en ondes.
En entrevue avec Narcity Québec, Julien Duguay ne s'en cache pas : il s'est fait « ramasser » sur les réseaux sociaux depuis son retour du StreamerFest.
« Je l'ai toléré, je l'ai accepté, je n'ai rien dit, parce que j'ai vraiment merdé à Miami », confie le créateur de contenu, précisant qu'il allait se concentrer sur le fait de devenir une meilleure personne, notamment en arrêtant l'alcool.
Toutefois, ce qui a été dit sur les ondes d'ÉNERGIE est, selon M. Duguay, « un discours haineux qui incite les gens à m'attaquer ou à me hater ».
« C'est de ma dignité et de ma personne qu’il est question, lance-t-il au téléphone. Je comprends qu'ils peuvent ne pas tolérer ce que j'ai dit [à Miami], mais je ne pense pas qu'un discours de haine comme ça devrait être toléré et accepté. »
D'après lui, tout ce qui a été dit au micro du Boost peut se dire en privé, « mais le dire à la radio, ça n'a pas de bon sens ».
« À partir de maintenant, je dois protéger mon intégrité, mon image, ma famille, mes employés et mon commerce. Les propos que j'ai dits, c'est moi qui les ai tenus, ce ne sont pas mes employés ni ma famille », renchérit-il.
Julien Duguay demande notamment à la direction d'ÉNERGIE des excuses publiques en ondes ainsi qu'une lettre écrite lui confirmant toute mesure prise pour remédier à la situation.
Dans une brève missive envoyée à Narcity Québec, Bell Média, propriétaire d'ÉNERGIE 94,3, a affirmé ne pas souhaiter émettre de commentaire.
Retour sur le StreamerFest
Pour rappel, le bijoutier Medusa a beaucoup fait parler de lui dans les dernières semaines après avoir notamment tenu des propos misogynes à l’endroit d’employées d’un yacht loué dans le cadre de son évènement StreamerFest | Miami Takeover, qu’il a organisé dans la ville floridienne du 7 au 11 août.
Chaque jour du StreamerFest, dix streamers populaires du Québec et leur équipe, ainsi que Medusa lui-même, devaient retransmettre en direct une partie de leur journée sur différentes plateformes, dont Twitch.
Les propos reprochés à Julien Duguay ont été tenus dès la toute première soirée de l’évènement. Alors qu’il demandait à avoir un verre, le bijoutier s’est demandé où se trouvait le staff, critiquant au passage ce qu’il qualifiait de « service à chier ».
« Pourquoi elles ne sont pas en bikini, au prix qu'on paie tabar*** », s'est alors insurgé le bijoutier. « À 180 000 $, ça devrait être toute nue. Ça devrait coucher avec toi, faire des pipes dans les toilettes. Cris**, tabar***, là. À ce prix-là, tu te mets à quatre pattes pour tous les clients. »
Dans les jours qui ont suivi, les créateurs et créatrices de contenu qui l’accompagnaient ont tous quitté le bateau et tenu à se dissocier de cette « joke conne », comme l’a lui-même décrite Medusa lors d’une précédente entrevue avec Narcity Québec.