Un registre des implants mammaires réclamé au Canada - Voici pourquoi
Il y a plusieurs impacts négatifs et inconnus du public à une augmentation mammaire.
Un registre des implants mammaires réclamé au Canada, en raison d'impacts importants sur la santé des femmes.
Dans la foulée de la sortie prochaine du documentaire Inofensifs, mes implants? sur les ondes d’ICI Radio-Canada Télé, le Bloc québécois presse le gouvernement fédéral de mieux encadrer les implants mammaires. Le parti va même jusqu’à demander la création d’un registre. On fait le point.
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Le porte-parole du Bloc québécois en matière de Santé, Luc Thériault, a formulé cette demande jeudi lors d’une conférence de presse. Son intervention s’appuie sur l’une des dix recommandations majeures du Rapport du Comité permanent de la santé, publié en novembre 2023, qui propose d’accroitre la surveillance des implants mammaires.
Luc Thériault réclame la mise sur pied d’un registre des implants mammaires et la reconnaissance de la maladie des implants mammaires. Pour l’occasion, il était entouré de citoyennes qui disent avoir subi des séquelles importantes liées à leurs implants.
« Des centaines de milliers de femmes dans le monde souffrent de symptômes auto-immuns dus à des implants mammaires, a souligné Terri McGregor, qui a survécu à un cancer du système immunitaire. On appelle ça la maladie des implants mammaires. »
Selon elle, « l’industrie et leurs chirurgiens plastiques » s’entêtent à dire que cette maladie n’existe pas, soutenant que tout cela serait « un problème psychologique dans la tête des femmes ».
À quoi servirait un registre national des implants mammaires?
Le rapport, publié en 2023, soutient qu’un registre national des implants mammaires servirait à trois fonctions essentielles, dont celle de retrouver rapidement les personnes concernées lorsqu’un implant est rappelé. En ce moment, les personnes porteuses ne sont tout simplement jamais avisées lorsqu’un implant mammaire fait l’objet d’un rappel.
Un tel registre permettrait aussi de « recueillir des données fiables et exhaustives sur les risques et avantages des implants mammaires », peu importe la raison de l’intervention.
Le rapport souligne d’ailleurs qu’on ignore toujours combien de personnes au pays portent des implants et combien vivent des complications.
La surveillance de l’innocuité à long terme serait également facilitée, sachant que certaines complications se manifestent de sept à dix ans après la pose.
« Santé Canada n’a aucune excuse, a affirmé le député bloquiste, et doit reconnaitre la maladie des implants mammaires [...] Quand on prétend, comme Santé Canada le fait, qu’on n’a pas assez de données, mais qu’en même temps on sait qu’il y a des problèmes, on doit agir en fonction du principe de précaution. »
Un documentaire révélateur
Lors de la conférence de presse, la Dre Isabelle Gaston, connue du grand public pour la tragédie vécue en 2009 lorsque ses deux enfants ont été tués par leur père, Guy Turcotte, était présente virtuellement.
La médecin de famille vient tout juste de lancer le documentaire Inofensifs, mes implants? qui met en lumière les risques associés à la pose d’implants mammaires.

Pour la petite histoire, Mme Gaston devait d’abord recevoir un redrapage mammaire en 2008, mais sa consultation l’a plutôt menée vers une augmentation mammaire.
Après le décès de ses enfants, la question de l’impact de ses implants sur sa santé a complètement été reléguée au second plan. Ce n’est que plus tard qu’elle prend conscience des risques de cancer et choisit finalement de les faire retirer.
Un registre est « le seul moyen de savoir rapidement si un implant pose problème, d’avertir les patientes, de rappeler un lot défectueux, d’identifier plus efficacement des complications », a-t-elle martelé.
Le documentaire Inofensifs, mes implants? sera diffusé le lundi 1er décembre à 20 h sur ICI TÉLÉ et ICI TOU.TV.