Impôts : 7 erreurs coûteuses que des Québécois répètent chaque année, selon un expert
Ça vaut la peine de prendre le temps de ne rien oublier!

Un fiscaliste nous révèle les erreurs les plus coûteuses lorsque vient le temps de faire ses impôts au Québec.
Confier sa déclaration d’impôt à une personne professionnelle ne veut pas dire qu’on peut complètement décrocher. Chaque printemps, le même scénario se répète et des erreurs surviennent : des client.es arrivent chez leur comptable ou fiscaliste avec des informations incomplètes aux yeux de Revenu Québec et l’Agence du revenu du Canada, des oublis ou de fausses croyances qui finissent par coûter cher.
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Pour en avoir le cœur net sur les erreurs à éviter lorsqu’on produit sa déclaration, Narcity Québec s’est entretenu avec Vincent Fortier, directeur principal en fiscalité chez Raymond Chabot Grant Thornton.
Oublier de déclarer un revenu
D’abord, l’oubli de feuillets. Ça semble banal, mais c’est probablement l’erreur la plus répandue, note-t-il, comme celui d’un ancien emploi en début d’année d’imposition, d’un petit contrat ici et là ou de revenus de placement.
Il faut savoir qu’on ne peut pas cacher grand-chose au fisc fédéral et provincial, puisque les instances concernées détiennent déjà tous les feuillets annuels te concernant. Ton ou tes employeurs ont fait leur travail de leur côté.
« Si vous avez oublié un T4, ils vont vous dire : nous, on voit qu’il manque 5 000 $ », dit M. Fortier, qui rappelle que les intérêts peuvent s’accumuler rapidement advenant des informations non déclarées.
Le télétravail crée aussi son lot de malentendus
Depuis la fin des mesures spéciales liées à la pandémie, tu ne peux plus simplement déduire un montant fixe pour tes journées en télétravail. Pour rappel, il était possible de réclamer 2 $ par jour, jusqu’à concurrence de 500 $.
Aujourd’hui, les règles habituelles s’appliquent, soit la méthode détaillée. « Vous ne pouvez pas décider de votre plein gré de dire : moi, je vais réclamer des dépenses. Il faut que le formulaire soit fourni par l’employeur », précise le fiscaliste.
Ce n’est qu’à cette condition que tu pourras déduire certains frais, comme une portion de ton loyer, de ta facture d’électricité ou d’internet.
Mais attention : il faut calculer correctement la superficie de l’espace utilisé et, dans le cas d’une pièce partagée, le nombre d’heures réellement consacrées au travail. Improviser un pourcentage arrondi sans justification pourrait attirer l’attention des autorités fiscales.
Les frais médicaux
Plusieurs personnes conservent leurs reçus sans vraiment savoir si elles atteignent le seuil requis pour pouvoir les déduire.
En règle générale, un.e contribuable doit avoir engagé des frais médicaux équivalant à plus de 3 % de son revenu annuel pour avoir droit au crédit d’impôt. Même principe pour un ménage comptant plus d’un revenu : le calcul se fait en fonction du revenu net.
Concrètement, si tu gagnes 60 000 $ par année, le seuil de 3 % correspond à 1 800 $. Seule la portion des frais médicaux qui dépasse ce montant donnera droit à un crédit.
Si tu ne franchis pas ce seuil, tu ne pourras rien réclamer. En revanche, si tu prévois des traitements plus coûteux, il peut être stratégique de planifier la période de 12 mois utilisée pour regrouper un maximum de dépenses admissibles.
Et ça peut grimper vite : la portion non remboursée d’une visite chez l’optométriste, les soins chez le ou la dentiste, les séances de physiothérapie, les consultations en santé mentale ou encore les nombreuses prescriptions à la pharmacie. Additionnées, ces dépenses peuvent faire toute la différence.
Oublier des frais de proches aidant.e.s
Il existe aussi des crédits que bien des gens ignorent complètement, notamment ceux destinés aux proches aidant.e.s et aux personnes en situation de handicap.
« Si vous avez une personne à charge atteinte d’une déficience grave prolongée, ou que vous prenez soin d’une personne en haut de 70 ans avec qui vous cohabitez, vous allez avoir droit à des montants », rappelle Vincent Fortier.
Plusieurs familles passent à côté de ces sommes simplement parce qu’elles ne savent pas qu’elles y ont droit.
Une personne qui vit avec un handicap depuis des années peut également entreprendre les démarches pour qu’il soit officiellement reconnu aux yeux du fisc, notamment en obtenant l’attestation médicale requise. Une étape parfois perçue comme lourde, mais qui peut ouvrir la porte à des crédits importants.
Omettre de déclarer des revenus « en échange »
Le troc n’est pas resté à l’époque des grands explorateurs. Il existe encore bel et bien en 2026, et les échanges de services sont imposables, même lorsqu’ils se font entre connaissances.
Ce n’est pas parce qu’aucun argent ne change de mains qu’il n’y a pas de revenu aux yeux du fisc.
Prenons l’exemple d’une personne qui travaille en construction et réalise des travaux évalués entre 5 000 et 10 000 $ au domicile d’un.e proche qui est dentiste. Si les deux parties s’entendent pour que ces travaux « paient » de futures visites au cabinet, il y a échange de services, donc des revenus imposables. Il ne s’agit pas d’un arrangement sans conséquence fiscale.
« C’est la valeur des deux services rendus. Le service que je rends, je suis capable de l’évaluer, je dois m’imposer dessus. Même chose pour la personne qui, elle, me donne quelque chose en échange », ajoute M. Fortier.
Encore faut-il que les personnes concernées le déclarent, puisque le système fiscal pancanadien repose sur l’auto-déclaration. En cas de vérification, ce type d’entente peut toutefois soulever des questions.
Ne pas déclarer ses cadeaux
Par cadeaux, on n’entend pas ici ce que tu as reçu pour ton anniversaire ou à Noël. Vincent Fortier fait plutôt référence aux créateurs et créatrices de contenus rémunéré.e.s en différents produits.
« Vous recevez, par exemple, des vêtements, des nuitées à l’hôtel, des repas gratuits. Ça, c’est facilement quantifiable. Ça doit être déclaré comme revenu. », selon le fiscaliste chez Raymond Chabot Grant Thornton.
Ne pas déclarer la vente de sa maison
C’est probablement l’un des malentendus les plus répandus. Oui, la vente de ta résidence principale peut être exonérée d’impôt. Non, ça ne veut pas dire que tu peux simplement l’ignorer dans ta déclaration.
« Les gens savent que ce n’est pas imposable, dit Fortier. Sauf que c’est très important de venir le déclarer dans la déclaration de revenus pour venir signifier qu’on fait un choix d’utiliser les années de détention de la maison ou du condo pour bénéficier de l’exemption sur le gain en capital d’une résidence principale. »
Concrètement, il donne l’exemple d’un condo acheté 300 000 $ et revendu 550 000 $. Le gain de 250 000 $ serait normalement imposable en partie. Mais si le logement a été ta résidence principale pendant toute la période de détention, tu peux éliminer ce gain, à condition de l’indiquer correctement au fisc.
Au final, Vincent Fortier est clair : prendre le temps de bien faire les choses peut éviter bien des surprises.
Même si tu fais affaire avec une personne experte, ta déclaration repose sur les informations que tu fournis. Et en matière d’impôt, les détails font toute la différence.
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