Wallaby de Boucherville : sa capture est « potentiellement mortelle », selon le ministère
L'animal est en cavale depuis 5 jours.

Le wallaby détenu illégalement est en cavale depuis cinq jours à Boucherville et le ministère ne compte pas agir pour le moment.
Le wallaby en liberté à Boucherville fait partie des cas les plus insolites impliquant des animaux sauvages au Québec ces derniers temps, et le dossier se complique. Depuis vendredi dernier, le 12 juin, l'animal s'est échappé de l'écurie où il était en captivité et se balade près de l'autoroute 20. Le ministère de la Faune vient de donner plus de détails pour expliquer pourquoi personne n'est encore intervenu pour le capturer.
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Dans une réponse transmise à Narcity Québec, le ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) précise être en train d'analyser la façon la plus sécuritaire de permettre la récupération de l'animal, en réduisant au maximum les risques pour lui et pour le public.
« Actuellement, l’animal ne représente pas un danger significatif pour le public et, en période estivale, sa survie en liberté n’est pas menacée », mentionne le MELCCFP. Selon le ministère, agir de façon précipitée pourrait même compromettre sa santé et mener à des risques inutiles pour les personnes qui piloteraient l'opération de capture.
Le message adressé à la population est cependant clair : évitez d'approcher le wallaby pour qu'il reste dans le secteur où il se trouve.
Pourquoi c'est si risqué de capturer un wallaby?
Le ministère affirme que la capture de ce type d'animal comporte des risques réels, souvent méconnus du public.
« Lorsqu'il est effrayé, un kangourou peut effectuer des bonds désordonnés à grande vitesse et entrer en collision avec des clôtures, des arbres, des rochers ou d'autres obstacles », explique le ministère. Des fractures, des luxations, des blessures à la colonne vertébrale ou des lésions musculaires peuvent alors survenir.
Les kangourous sont aussi à risque de développer de l'hyperthermie et une myopathie de capture. Le ministère qualifie cette affection de « potentiellement mortelle », causée par « un stress intense et un effort physique excessif avant ou après l'immobilisation ». Ce qui est particulièrement sournois : la mort peut survenir plusieurs heures ou même plusieurs jours après la capture, sans signe apparent immédiat.
Et les fléchettes tranquillisantes, alors?
L'idée peut sembler simple, mais l'anesthésie par fléchette comporte plusieurs risques significatifs et requiert une expertise vétérinaire très spécialisée que peu de praticiens ou praticiennes au Québec maîtrisent.
Le dosage des drogues doit être précis selon l'espèce et le niveau de stress de l'animal. Et puisque l'effet met plusieurs minutes à agir, un animal qui reçoit une fléchette peut parcourir une distance importante s'il n'est pas confiné. Il risque alors de tomber anesthésié dans un endroit inaccessible, sans surveillance.
À qui revient la responsabilité?
Alors que les organismes, comme Sauvetage Animal Rescue, indiquaient dès les premiers jours avoir à leur disposition tout le matériel requis pour une opération sécuritaire, les autorités leur ont interdit d'intervenir, faute des permis nécessaires.
Selon le ministère, « la règlementation québécoise interdit la capture, par n'importe qui, d'un animal pour lequel la garde exige un permis ». C'est donc au propriétaire de l'animal de le récupérer.
En effet, la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune prévoit que, « dès qu’il constate ou qu’il est informé qu’un animal s’est échappé de ses installations de garde, son gardien doit le rechercher activement pour le capturer ».
Et le temps presse, car le règlement stipule également que, si la situation n'est pas réglée dans les sept jours suivant l'évasion, toute intervention menée par le gouvernement pour le récupérer sera aux frais du ou de la propriétaire.
Or, rappelons que, selon les premières informations de l'enquête, ce propriétaire ne détiendrait pas de permis valide pour garder un wallaby. « L'animal était gardé illégalement dans des installations non conformes à la règlementation québécoise », indique le ministère.
Il faudra donc suivre les développements de l'enquête et surveiller la suite pour savoir jusqu'où le wallaby bondira. Après la baleine de Montréal en 2020, voilà le kangourou de Boucherville.