Ce n'est pas un secret, la pandémie a un impact important sur la santé mentale des Québécois confinés. Et il semblerait que la température pourrait avoir un impact négatif supplémentaire selon certains experts. 

Météorologue à Environnement Canada pendant 33 ans, chroniqueur à la télévision et à la radio et auteur de livres sur la météo, le spécialiste Gilles Brien nous explique l'impact de la météo sur l'humeur des Québécois en confinement

Selon lui, l'arrivée de la saison froide en temps de pandémie va avoir des effets importants sur plusieurs. Par chance, il donne aussi quelques pistes de solution pour retrouver le moral durant les prochains mois. 

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Quels sont les impacts de la météo sur l'humeur?

« La météo a un impact énorme sur notre humeur, parce que les humains, on vit au chaud dans un océan d’air qu’on appelle l’atmosphère et celle-ci est toujours en changement de température, de pression, de composition chimique.

« Tous les humains vivent au fond comme des poissons dans un océan d’air et quand il y a des vagues dans cet océan-là, et bien on en sent les effets. »

L'expert en biométéorologie explique qu' « aujourd’hui, on sait que le manque de soleil, le manque de vitamines, de nutriments à l’automne et à l’hiver entraînent chez les gens, à peu près 5 % d'entre eux, des symptômes de ce qu’on appelle les blues de l’hiver ».

Est-ce que c'est pire avec l'hiver québécois?

« On a plus de chance de décéder en hiver que dans n’importe quelle autre saison. L’hiver au Québec, c’est un tueur en série. »

Gilles Brien explique que « durant la saison froide, on manque premièrement de vitamines, d’aliments frais, mais surtout, d’oxygène ».

Il souligne que décembre est le mois où la capacité pulmonaire de la population est à son plus faible.

Pour les gens sans famille, il y a beaucoup de détresse psychologique.

Janvier, quant à lui, est le mois des divorces.

« C’est le mois où il y a le plus de demandes de divorces parce qu’on vient de passer la période des Fêtes. On est à plat, on a aussi parfois des problèmes monétaires. »

Et le moral en pleine pandémie?

En parlant de l'addition du confinement et de l'arrivée de l'hiver, Monsieur Brien est catégorique :

« Ça ne contribuera pas à améliorer les choses, c’est certain. Au mois de mars, à la première vague, au moins on était en période d’accroissement de lumière, on était à la veille du printemps, et il y avait ça pour nous encourager. »

Le spécialiste en biométéorologie explique que « naturellement, les Québécois sont confinés chaque hiver à l’intérieur de leurs maisons, mais là, l’interdiction de visite [...] et toutes les limitations du confinement vont peser beaucoup plus sur les gens ».

« Depuis huit mois, la population est sous pression et là on entre dans la saison la plus difficile au Québec. »

Brien croit que si le confinement se poursuit en décembre, ce n’est pas de bon augure.

Pour un hiver plus supportable, il faut souhaiter, selon lui, un hiver moins froid, moins neigeux, avec plus de soleil.  

Quelles sont les solutions?

Pour lutter contrer les blues d'hiver, Gilles Brien donne un conseil majeur : profiter de la lumière le matin.

« On vient de reculer d’une heure, les gens se disent "OK, on va dormir plus ce matin," mais ce n’est pas la chose à faire. Des études montrent que tu vas déprimer encore plus si tu dors plus. »

On recommande de s’exposer à 20 minutes de lumière naturelle le matin vers 7 h - 8 h. Il faut préférer s’asseoir sur le bord d’une fenêtre, idéalement exposée au Sud, que d’utiliser de la luminothérapie artificielle.

« On conseille aussi aux gens de ne pas prendre de grandes décisions en hiver, parce qu’on est affecté, on est influencé, on a le moral à plat, et nos décisions sont peut-être pas des plus éclairées », conclut l'expert en biométéorologie.

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