9 controverses marquantes de François Legault depuis l'élection de la CAQ en 2018
Il y a eu de bons coups… et des moins bons.😬

Le premier ministre démissionnaire du Québec, François Legault, a vécu plusieurs controverses depuis 2018.
Le premier ministre québécois François Legault a annoncé ce mercredi qu’il quittait ses fonctions, après avoir dirigé le Québec pendant sept ans. De son élection en octobre 2018 à sa démission en janvier 2026, son passage à la tête de la province a été marqué autant par des décisions saluées que par des controverses. Retour sur quelques dossiers qui ont suscité de vives réactions au fil des années.
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Ce mercredi 14 janvier, la Coalition avenir Québec (CAQ) a perdu son père fondateur, près de 15 ans après sa création et 14 ans après son entrée à l’Assemblée nationale.
Depuis son élection, le 1er octobre 2018, le premier ministre et son parti ont souvent fait réagir, autant pour des moments plus légers, comme lorsqu’il a embrassé sa sœur sur la bouche, que pour des dossiers beaucoup plus sérieux, notamment ses prises de position sur l’immigration.
Voici neuf controverses qui ont marqué François Legault et la CAQ.
Lorsqu'il a embrassé sa sœur
À peine élu, celui qui sera assermenté comme premier ministre du Québec quelque mois plus tard fait couler beaucoup d’encre sur les réseaux sociaux, après avoir été aperçu en train d’embrasser sa sœur sur la bouche, lors de la soirée électorale du 1er octobre 2018.
Il apprenait à ce moment que son parti, fondé en 2011 et relégué dans l’opposition depuis 2012, obtenait une majorité.
Le 3e lien
« Il y en aura un, il n’y en aura pas », telle est l’ultime question que se pose la population du Québec, notamment de la grande région métropolitaine de la capitale nationale.
Le gouvernement de François Legault a, à maintes reprises, tergiversé avec l'idée de bâtir un troisième lien autoroutier entre Québec et sa Rive-Sud.
Il s’agit d’une des promesses phares de l'élection de 2018, qui s'engage alors à construire ce lien avant 2022. Entre 2018 et 2026, plusieurs idées ont été mises sur la table, que ce soit un pont dédié au transport collectif, un tunnel sous le fleuve Saint-Laurent, voire carrément l'abandon d'un lien automobile.
Sa gestion de la pandémie
Aucun chef d’État et aucune cheffe d’État n’était prêt.e à faire face à la pandémie de COVID-19, qui frappera le Québec au printemps 2020. Avant cette crise sanitaire sans précédent, il n'y a pas de guide pour gérer une nation à travers la brume pandémique.
Le premier ministre Legault a su chevaucher la pandémie de A à Z, mettant sur pied diverses lois ou réglementations qui n'ont pas toujours plu à tous et à toutes, que ce soit les couvre-feux ou l'introduction du passeport vaccinal.
Malgré tout, François Legault a su capter l'attention des Québécois et des Québécoises, lui qui était dans leur petit écran quotidiennement pour faire le point sur la COVID-19 dans la province.
La crise a notamment jeté les projecteurs sur les CHSLD et les lacunes du système de santé du Québec.
La hausse de 30 % du salaire des député.e.s
En 2023, le premier ministre Legault a annoncé une hausse de 30 %, soit 30 000 $, du salaire des députés et députées de l’Assemblée nationale, en déposant un projet de loi.
La nouvelle avait fait couler beaucoup d’encre à l’époque, puisque l’épopée salariale survenait alors que les citoyens et citoyennes devaient davantage se serrer la ceinture en raison de l’inflation.
Ses propos sur l'immigration
François Legault n’a pas toujours tenu de propos élogieux face à l’immigration, qu’elle soit francophone ou non.
Par exemple, il a affirmé en 2022 que certaines valeurs de la société québécoise pourraient s’affaisser sous le poids de l’immigration.
« Les Québécois sont pacifiques. Ils n’aiment pas la chicane. Ils n’aiment pas les extrémistes. Ils n’aiment pas la violence, donc il faut s’assurer qu’on garde ça comme c’est là », avait-il affirmé, en référence au souhait du gouvernement fédéral de l’époque d’augmenter le seuil d’immigration à 450 000 personnes dès 2023.
Nul besoin de préciser que ses propos ont fait vivement réagir, notamment auprès des partis d’opposition.
À cela s’ajoutent les nombreuses fois que le gouvernement caquiste n’a pas voulu reconnaitre l’existence du racisme systémique au Québec, notamment depuis la mort tragique de Joyce Echaquan, une Atikamekw de 37 ans décédée en 2020 à l’hôpital de Joliette sous les injures racistes du personnel soignant.
Sa reconnaissance tardive d'une crise du logement
Le gouvernement Legault, dont son chef, a moult fois nié qu'il n'existait pas de crise du logement au Québec. En 2021, le premier ministre avait même affirmé qu'un loyer à Montréal pouvait coûter de 500 $ à 600 $, ce qui n'a pas manqué de faire réagir tellement c'était loin de la moyenne de plus de 900 $ pour un logement en piteux état.
Ce n'est qu'en avril 2022, en pleine année électorale, que la ministre de l'Habitation de l'époque, Andrée Laforest, a reconnu, lors d’une entrevue avec les médias de Québecor, qu'il y avait bel et bien une crise du logement dans la province.
Sa réaction à la fermeture d'entrepôts d'Amazon
En janvier 2025, la multinationale Amazon, qui détenait sept entrepôts de livraison au Québec, menant à la perte de plus de 1 700 emplois.
Appelé à commenter la décision de l’entreprise américaine, François Legault a plutôt préféré parler de la joute de hockey des Canadiens de Montréal, tenue la veille.
« Un, les Canadiens ont encore gagné. Deux, je n’ai pas bu mon jus d’orange ce matin », a répondu le premier ministre à un journaliste en marge d’un caucus de la CAQ et d’une conférence de presse.
Sa réaction a été vivement critiquée par les partis de l’opposition, le traitant de « totalement déconnectée » et insensible », notamment.
La Loi sur la laïcité de l'État
Le gouvernement Legault a suscité de vives réactions en 2019 avec l’adoption de la Loi sur la laïcité de l’État, qui vise à affirmer le caractère laïque de l’État québécois.
La loi 21 interdit notamment le port de signes religieux pour certaines personnes en position d’autorité, comme les enseignantes et enseignants ainsi que les policiers et policières, et exige d’avoir le visage découvert pour donner ou recevoir des services publics.
Dès son adoption, la loi a été contestée devant les tribunaux par des groupes citoyens, des syndicats et des personnes directement touchées, qui invoquaient notamment la liberté de religion, le droit à l’égalité et l’accès à l’emploi. En 2021, la Cour supérieure a maintenu l’essentiel de la loi, une décision confirmée en 2024 par la Cour d’appel du Québec.
Plus récemment, en novembre dernier, le ministre responsable de la Laïcité, Jean-François Roberge, a déposé le projet de loi no 9, qui élargit l’application des principes de la laïcité de l’État à plusieurs institutions.
La nouvelle législation vise notamment le personnel des centres de la petite enfance, des garderies privées subventionnées et des bureaux coordonnateurs des services de garde en milieu familial.
Le dossier « Northvolt »
En 2023, le gouvernement du Québec, en collaboration avec le gouvernement fédéral, annonce un investissement de plusieurs milliards de dollars pour la construction d’une usine de batteries au Québec par Northvolt, une entreprise suédoise.
À l’époque, le premier ministre du Québec qualifie le projet de « plus grand investissement manufacturier de toute l’histoire du Québec » devant les journalistes.
Mais le projet est rapidement rattrapé par la controverse. Préoccupations environnementales, opposition citoyenne et recours juridiques s’accumulent. En septembre 2024, le « superministre » de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, alors responsable de la filière batterie, démissionne, provoquant un important remous politique et ravivant les critiques autour du dossier Northvolt.
Quelques mois plus tard, le pari du gouvernement Legault s’effondre : Northvolt annonce en mars 2025 sa faillite en Suède.
Dans un entretien avec Stéphan Bureau, il a notamment parlé de ce qui devait être « le plus grand investissement privé de l’histoire récente du Québec », mais qui a finalement fait perdre quelque 270 millions $ aux contribuables. Il a d’ailleurs reconnu que le projet d’usine avait « mal viré ».