Piquée à son insu au Festival western de St-Tite, une victime témoigne
« C'est un stress qui va rester à toutes les fois que je vais être dans des foules. »

Une jeune femme a été piquée à son insu au Festival western de St-Tite et a livré son témoignage à Narcity Québec.
Ça y est : le Festival western de St-Tite est en branle depuis le week-end dernier. Si l’heure est à la fête jusqu’au 20 septembre prochain dans les rues de la municipalité, l’événement a pris une sombre tournure pour une festivalière, alors qu’elle a été piquée à son insu. On te raconte.
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Dans une longue publication Facebook, Sabrina St-Pierre raconte le calvaire qu’elle dit avoir vécu après avoir été piquée en plein festival, où elle était accompagnée de son conjoint. Son témoignage a rapidement fait le tour des réseaux sociaux et a suscité plus de 20 000 réactions et partages en 24 heures.
« Je n’avais pas bu ni consommé. J’étais entourée d’une quinzaine d’amis adultes, majoritairement des hommes. J’étais en jeans et en gros polars. Mon copain était littéralement à côté de moi. Ça n’a rien changé », écrit-elle.
Vers 21 h, le samedi soir 12 septembre, elle affirme avoir senti une piqûre sur sa fesse gauche, suivie d’une brûlure immédiate. C’est à ce moment-là que ce qui devait s’annoncer comme une belle soirée entre ami.e.s a viré au cauchemar.
En entrevue avec Narcity Québec, la jeune femme de 21 ans raconte qu’à peine quelques minutes plus tard, elle aurait commencé à perdre ses forces au point de ne plus pouvoir tenir sur ses jambes. Elle dit également avoir souffert de nausées, de maux de tête, d’étourdissements et d'une importante sensation de chaleur.
« Je n'étais plus capable de me tenir sur mes jambes. Mes jambes ont juste lâché », raconte-t-elle.
Des membres de la sécurité auraient rapidement dégagé la foule autour d'elle avant l'arrivée des paramédics, qui l'ont ensuite transportée à la clinique médicale aménagée au centre communautaire de Saint-Tite, où elle a passé la nuit.
Sabrina St-Pierre s'est ensuite rendue à l'hôpital de Trois-Rivières le lendemain matin afin de suivre le protocole médical prévu dans ce type de situation.

Elle raconte avoir subi plusieurs prises de sang et tests de dépistage contre les maladies transmissibles, en plus d'avoir reçu des vaccins et des immunoglobulines. Ses premiers résultats étaient négatifs, mais elle devra retourner passer des tests dans les prochains mois, puisque certaines infections peuvent prendre du temps avant d'être détectées.
Quant à la substance qui aurait pu lui être injectée, le mystère demeure. Sabrina explique que les analyses effectuées le lendemain n'ont pas permis de déterminer ce qu'elle aurait reçu, notamment parce que certaines substances peuvent disparaître rapidement de l'organisme.
Les médecins lui ont toutefois affirmé que ses symptômes correspondaient à ceux associés au GHB, sans qu'il soit possible de confirmer qu'il s'agissait bel et bien de cette substance.
Au moment de la publication, soit près de deux jours après les événements, celle qui est athlète estimait être revenue à environ 75 à 80 % de sa forme habituelle. Au-delà des conséquences physiques, Sabrina St-Pierre craint que cette expérience laisse des traces psychologiquement.
« Je ne pense pas que ce stress-là va partir. C'est un stress qui va rester à toutes les fois que je vais être dans des foules », confie-t-elle.
Jointe par Narcity Québec, la Sûreté du Québec (SQ) a confirmé être au fait de la situation et qu'une enquête était en cours.
Afin de ne pas nuire à l'enquête menée par la police provinciale, l'organisation du Festival a décliné notre demande d'entrevue. Elle a toutefois confirmé qu'une « jeune femme » avait bel et bien été prise en charge le week-end dernier par les services d'urgence sur place.
De son côté, Sabrina St-Pierre n'a que de bons mots pour l'équipe médicale et les services d'urgence du Festival. Elle affirme que les paramédics sont intervenus très rapidement et qu'un médecin ainsi que du personnel infirmier l'attendaient déjà à son arrivée à la clinique médicale.
« Je n'aurais pas pu espérer mieux. Je n'ai même pas eu besoin d'aller à l'hôpital, de faire le long trajet. La clinique médicale était à côté. Les médecins m'attendaient. Ça a été vraiment super », raconte-t-elle à Narcity Québec.
Un manque de surveillance?
Sabrina St-Pierre soulève la difficulté de contrôler les personnes qui circulent sur le site, puisque les festivités s'étendent dans les rues de Saint-Tite, contrairement à quelques rues, comme d'autres festivals à travers la province.
Les festivaliers et festivalières ne sont pas nécessairement fouillé.e.s, une fois sur place, dit-elle, reconnaissant la complexité d'instaurer de telles mesures dans un évènement qui s'étend à travers la municipalité.
« Le Festival western de Saint-Tite, c'est la ville, c'est partout, c'est diffus. Comment tu veux surveiller ça? », lance-t-elle au bout du fil.
Après ce qui lui est arrivé, la victime recommande surtout aux personnes qui fréquentent les festivals de rester en groupe, de veiller les unes sur les autres et de réagir rapidement si quelqu'un commence soudainement à se sentir mal. Dans son cas, elle estime qu'environ trois minutes seulement se sont écoulées avant que les symptômes deviennent évidents.
Elle rappelle d'ailleurs qu'elle croyait avoir pris toutes les précautions possibles : elle était accompagnée de son conjoint et de plusieurs ami.e.s, le groupe demeurait ensemble et elle portait un jeans ainsi qu'un gros polar.
« Même que c'est ma question à moi, qu'est-ce que j'aurais pu faire de plus? Beaucoup de gens me le demandent, qu'est-ce que tu conseilles, mais rendu là, qu'est-ce que j'aurais pu faire de plus pour me protéger? », confie-t-elle.
Lors de l’édition 2025 du Festival western de St-Tite, une autre personne aurait également été piquée à son insu et aurait dû être hospitalisée. La même année, d’autres cas similaires sont survenus lors d’événements d’envergure comparable, comme ÎleSoniq.