Les derniers développements entourant l'affaire Camara, cet homme arrêté par erreur par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour tentative de meurtre contre un membre des forces de l’ordre, n'ont pas fini d'étonner la population.

L'histoire digne d'un épisode de District 31 a fait largement réagir dans les derniers jours et mérite un retour sur les évènements depuis le 28 janvier.

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Rappel des faits

Le 28 janvier dernier, vers 17 h, Mamadi III Fara Camara est intercepté dans la voie de desserte de l’autoroute 40 par l’officier du SPVM, Sanjay Vig, lors d’une opération de surveillance pour cellulaire au volant.

Le policier Vig lui remet une contravention et c’est à ce moment qu’il est agressé à l’aide d’une barre de métal.

Le suspect le désarme, lui tire dessus et prend la fuite à bord de son véhicule. Le crime a été capté par des caméras du ministère de Transports du Québec (MTQ).

Aux alentours de 18 h 30, alors que le policier s’est réfugié dans un appartement non loin de la scène de crime, M. Camara contacte le 9-1-1.

Le SPVM lui mentionne de quitter les lieux. Il sera toutefois arrêté plus tard en soirée alors qu’il rentrait chez lui.

C’est à la suite d’une réévaluation des évènements mercredi le 3 février que Mamadi III Fara Camara est finalement relâché et disculpé des accusations qui pesaient contre lui, soit de tentative de meurtre à l’endroit d’un policier.

Il aura été emprisonné six jours.

Comment en sommes-nous arrivés à sa libération?

Aux petites heures du 3 février, de nouveaux éléments de preuve sont transmis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), rappelle-t-il par communiqué.

Après avoir analysé les caméras du MTQ et l'ensemble de la preuve, c'est à ce moment que le DPCP est arrivé à la conclusion que les accusations contre Mamadi Fara Camara devaient être levées.

Un arrêt des procédures a alors été ordonné, menant de facto à la libération de l'accusé de 31 ans.

Une Hyundai Elantra rouge, qui aurait été utilisée par le véritable suspect selon les vidéos du MTQ, est présentement analysée à ville LaSalle par le SPVM, après avoir lancé un avis de recherche mercredi.

Quelle est la réaction du SPVM?

Dans un communiqué transmis aux médias le 4 février, le SPVM affirme tenir à faire la lumière sur « la complexité exceptionnelle » de l’enquête.

Le service de police martèle que ses enquêteurs « ont déployé toutes les méthodes et stratégies d’enquêtes habituelles » pour arriver à l’arrestation de M. Camara, visiblement non coupable.

Plus tard en journée, le directeur du SPVM, Sylvain Caron, a défendu le travail de son équipe, tout en affirmant qu’il s’agissait d’une situation « regrettable ».

« On n’est pas dans une situation de profilage, on est dans une enquête criminelle », souligne toutefois M. Caron.

Le chef de police affirme que le SPVM s’excusera auprès de M. Camara à « un moment opportun », mais qu’il reste un témoin important dans cette histoire de tentative de meurtre.

Et le gouvernement, lui?

L’histoire Mamadi III Fara Camara a fait réagir tant sur la colline parlementaire de Québec qu’à Ottawa, en passant par la mairie de Montréal.

La mairesse de la métropole, Valérie Plante, a affirmé hier, en point de presse, qu’elle souhaite fermement la tenue d’une enquête indépendante.

« C’est un homme innocent, il faut le répéter haut et fort. Personne ne souhaite qu’il y ait des erreurs comme celle-là », mentionne-t-elle.

À Québec, les partis de l’opposition officielle ont demandé à ce que le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) s’immisce dans l’enquête en cours.

La cheffe du Parti libéral, Dominique Anglade, a décrit cette histoire de « franchement épouvantable ».

« Tous les citoyens, dont moi comme député de Papineau, nous voulons avoir des réponses claires sur ce qui s’est passé, affirme pour sa part en point de presse ce vendredi, Justin Trudeau.

*Photo utilisée à titre indicatif.