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La photographe privée de François Legault s'ouvre sur son quotidien hors de l'ordinaire

« Il y a comme une belle collaboration et un respect mutuel, mais c'est certain que je ne l'appelle pas "François".»

N'est pas photographe du premier ministre du Québec qui veut! Elle est peu connue du grand public, mais les fans des points de presse pandémiques l'ont sûrement remarquée à la sortie de son bureau. La photographe Émilie Nadeau accompagne François Legault depuis trois ans et elle s'ouvre sur son quotidien à ses côtés.

Tout a commencé lorsque la campagne électorale provinciale de 2018 pointait le bout de son nez. Émilie Nadeau était à l'époque photographe pigiste pour différents organismes lorsque la Coalition Avenir Québec (CAQ) l'a approchée pour tirer le portrait de ses candidat.es. Elle fait du bon travail et la CAQ lui demande alors de suivre le premier ministre.

« Ça a été, si on veut, le premier coup d'envoi de notre collaboration », confie-t-elle à Narcity lors d'un entretien vidéo.

Lors de l'élection de François Legault au poste de chef d'État, elle ne s'attendait pas à se voir offrir le poste de photographe officielle de celui-ci. « Moi, après ça, je me disais que j'allais retourner à ma vie de pigiste et que je retrouverais mes clients, dit Mme Nadeau en riant, mais j'ai accepté avec grand plaisir. »


Courtoisie | Émilie Nadeau


L'ombre de François Legault

Que ce soit au bureau, en conférence de presse ou lors d'un événement, Émilie Nadeau est de la partie. Toutefois, être l'ombre du premier ministre du Québec n'est pas de tout repos et demande de la flexibilité.

Dans une semaine de travail, qui n'est pas d'un classique 40 h, il peut y avoir plusieurs rebondissements, remarque-t-elle.

Concilier travail-famille n'est « pas si mal », car « mon conjoint sait que je fais un travail que j'adore [et] mes enfants ont 7 et 10 ans. Ils sont capables de comprendre que maman est au travail ».

Toutefois, le job de photographe officielle de François Legault n'est pas que du terrain, mais requiert aussi des heures « de bureau » pour de l'archivage, gérer les images, les classer, les envoyer aux personnes qui en veulent, etc.

S'impose-t-elle des limites lorsque vient le temps de capturer une image ? « C'est plutôt la situation qui me crée des limites », précise-t-elle, comme les gardes du corps qui, parfois, sont dans le chemin.

Toutefois, personne ne lui a indiqué, ni dans son entourage, ni les membres du cabinet du premier ministre, une « façon de faire ».


Courtoisie | Émilie Nadeau


Quand la pandémie s'en mêle

Émilie Nadeau ne s'en cache pas ; le besoin d'être sur le terrain s'est imposé depuis le début de la crise sanitaire.

« Mon travail a changé avec la COVID, parce que plein d'événements ont été annulés. C'est un peu triste. C'est devenu rapidement que des réunions virtuelles et c'est moins stimulant », lance la femme de 44 ans.

D'ailleurs, elle souligne que lors des réunions avant les points de presse quotidiens, photographier pouvait être un peu plus dur.

« On peut imaginer [les sous-ministres, ministres et la santé publique] autour d'une table où les discussions sont un peu tendues et que les sujets… ce n'est pas drôle d'entendre parler du nombre de morts qu'il y a eu [la veille] », confie Mme Nadeau, qui précise avoir eu l'impression « d'avoir l'air déconnectée » de la situation.

Côté relation de travail, forcément, des liens se créent, mentionne Émilie Nadeau. Toutefois, la relation entre François Legault et sa photographe n'est pas d'amitié, mais professionnelle, et ce, depuis le début.

« Il y a comme une belle collaboration et un respect mutuel, mais c'est certain que je ne l'appelle pas "François". Je l'ai toujours appelé "M. Legault", alors que sa conjointe Isabelle m'a rapidement dit que ce n'était pas "Mme Brais", mais Isabelle », affirme-t-elle.

Courtoisie | Émilie Nadeau


Legault, l'homme de tous les angles!

Non, le premier ministre du Québec n'est pas plus photogénique du côté gauche que droit!

« Les deux profils sont intéressants, mais j'aime bien celle où on y voit la frange de côté », précise la photographe.

« C'est comme ça avec tout le monde, car ça dégage un peu plus le visage. »

En revanche, Émilie Nadeau aime lorsque son sujet a de l'assurance, « un regard qui s'élève et qu'on sent toute l'énergie et son bon vouloir dans ses prises de position ».

Elle dit ne pas « trop » se préoccuper de l'angle, mais avoue avoir un plaisir à stager un plan, des situations où elle se permet de dire à M. Legault « pouvez-vous repasser par là » et vice-versa.

« Ce n'est pas comme si je créais quelque chose qui n'avait pas lieu ou qui n'existe pas », affirme-t-elle.

Courtoisie | Émilie Nadeau

Parfois, elle lui donnera des directives, comme marcher moins vite ou, comme lors d'une mission à Washington, garder le dos droit devant le Capitole, se remémore-t-elle.

D'ailleurs, elle se rappelle d'une image dont elle se fait souvent parler. Celle où l'on y aperçoit François Legault et le premier ministre Justin Trudeau se quitter, alors qu'ils venaient de se croiser par hasard sur le tarmac de l'aéroport de Montréal à l'époque des poignées de mains, en avril 2019.

« Ils ont discuté ensemble et au moment où ils se sont salués pour se quitter, la perspective de l'image donne une impression de l'œuvre de Michel-Ange à la chapelle Sixtine du Vatican », raconte-t-elle.

Moment capté sur le vif, Émilie Nadeau la trouve « spéciale » et intéressante, cette image, car « ce sont nos deux premiers ministres » dans la vie de tous les jours.

Cet entretien a été modifié et condensé afin de le rendre plus clair.

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