Collision à l’aéroport LaGuardia : Une vidéo en anglais du PDG d'Air Canada fait réagir
Il a été convoqué à Ottawa pour sa vidéo de condoléances « in english only ».

Le message de condoléances en anglais seulement du PDG d'Air Canada, Michael Rousseau, fait réagir.
Le président-directeur général d’Air Canada, Michael Rousseau, se retrouve dans l’eau chaude après avoir publié une vidéo dans laquelle il s’exprime uniquement en anglais au sujet de l’accident survenu à l’aéroport LaGuardia, qui a coûté la vie aux deux pilotes, dont un Québécois. On t’explique.
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Dans la vidéo en question, publiée lundi sur les réseaux sociaux d’Air Canada, soit quelques heures après la tragédie, Michael Rousseau offre ses condoléances aux proches des pilotes décédés.
Il n’y prononce que deux mots en français dans sa déclaration de près de quatre minutes : « bonjour » au début et « merci » à la fin.
Michael Rousseau, président et chef de la direction d'Air Canada, fait une déclaration vidéo au sujet du tragique accident impliquant le vol Air Canada Express AC8646: pic.twitter.com/v9zbLH3g62
— Air Canada (@AirCanada) March 23, 2026
Il n’en fallait pas plus pour que le Comité des langues officielles de la Chambre des communes dépose une motion afin de convoquer le PDG de la compagnie aérienne, évoquant une « vive indignation face à cette déclaration unilingue ».
Michael Rousseau, qui n’en est pas à ses premières controverses linguistiques depuis son arrivée à la tête d’Air Canada, devra donc comparaître devant le comité d’ici le 1er mai prochain.
Près d’une centaine de plaintes ont été reçues au Commissariat aux langues officielles du Canada, selon plusieurs médias.
« Malgré ses efforts, ses capacités à s’exprimer en français ne lui permettent pas de communiquer comme il le souhaiterait un message aussi délicat dans cette langue », a indiqué Air Canada par communiqué.
Vives réactions à Ottawa et Québec
Questionnés sur la déclaration unilingue de Michael Rousseau, plusieurs parlementaires, tant sur la scène fédérale que québécoise, ont tenu à commenter le scandale. C’est notamment le cas du ministre fédéral des Transports, Steven MacKinnon.
« Air Canada sait mieux que ça [...] Air Canada a des obligations et des responsabilités et, comme ministre des Transports, je m’attends à ce qu’elle remplisse ses obligations », a-t-il déclaré lors d’une mêlée de presse.
Le ministre fédéral des Finances, François-Philippe Champagne, a pour sa part indiqué « souhaiter » que M. Rousseau « s’exprime davantage en français ». Il n’a toutefois pas été en mesure de dire s’il communiquait lui-même avec le PDG en français ou en anglais.
À Québec, le ministre de la Langue française, Jean-François Roberge, n’a pas mâché ses mots en marge de la période de questions à l’Assemblée nationale.
« Après toutes ces années au Québec et à Montréal, je pense que c’est du mépris de la part de M. Rousseau. Ça ne passe pas », a-t-il affirmé.
Selon Pascal Bérubé, du Parti québécois, Michael Rousseau a manqué de sensibilité et a démontré que le français n’était pas une priorité pour le PDG d’Air Canada.
« Il y a des victimes originaires du Québec. La moindre des choses, c’est de lire un texte en français. C’est une occasion manquée », a-t-il ajouté.
Pas la première faute de Michael Rousseau
Le « big boss » d’Air Canada n’en est pas à son premier scandale lié à son unilinguisme anglais. En 2021, il avait fait couler beaucoup d’encre à la suite d’un discours prononcé majoritairement dans la langue de Leonard Cohen, lors d’une allocution devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).
Michael Rousseau s’était alors vanté devant les journalistes du fait qu’il avait pu vivre à Montréal pendant 14 ans sans avoir à apprendre le français.
Après avoir présenté ses excuses, il s’est engagé à améliorer son français.
Rappelons qu’Air Canada, avant de devenir une entreprise privée, était une société publique relevant d’Ottawa. Sa privatisation s’est accompagnée d’une entente claire : le transporteur demeure assujetti à la Loi sur les langues officielles.
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