Le Canada deviendra-t-il « membre associé » de l'Union européenne? Des pays s'y opposent
On n'est peut-être pas si les bienvenus que ça, finalement. 🥴

Certains pays de l'Union européenne ne souhaiteraient pas que le Canada ait le titre de « membre associé ».
Alors que les Canadiens et Canadiennes pouvaient rêver de voir le Canada devenir « membre associé » de l'Union européenne dans un avenir rapproché, force est de constater que certains des 27 pays membres ne voient pas les choses du même œil. Du moins, pour l'instant.
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C'est ce qu'a d'abord rapporté POLITICO, ce mercredi 28 octobre, une information reprise par divers médias canadiens, à la veille d'un important sommet Canada-UE qui se tiendra à Montréal les jeudi 29 et vendredi 30 octobre.
Le média américain rapporte que plusieurs pays membres du bloc européen auraient abandonné l'idée d'offrir au Canada un statut de « membre associé », préférant plutôt évoquer un « rapprochement toujours plus étroit » entre les deux partenaires.
L'Allemagne, la France et la Grèce font partie des pays qui s'opposent à ce que ce statut inédit soit inscrit noir sur blanc dans la déclaration commune qui sera publiée à l'issue du sommet.
Selon une version précédente de la déclaration commune consultée par POLITICO, le Canada et l'Union européenne souhaitaient définir, d'ici leur sommet de 2027, un statut de « membre associé » visant à renforcer leur coopération en matière de prospérité, de sécurité économique et d'autonomie stratégique.
Or, cette formulation a été abandonnée dans la plus récente version du document, selon le média. Les deux partenaires s'engageraient désormais à établir une « association toujours plus étroite », sans toutefois aller jusqu'à une adhésion complète du Canada à l'Union européenne.
Rappelons que c'est la présidente de la Commission européenne elle-même qui, en septembre dernier, avait initialement proposé que le pays de l'érable obtienne le statut de « membre associé ».
Lors de son discours sur l'état de l'Union, Ursula von der Leyen avait affirmé vouloir « ouvrir la voie au Canada pour qu'il devienne le premier membre associé de l'UE » et « élever les relations » entre les deux partenaires « au plus haut niveau possible ».
L'Allemagne explique ses réticences
En entrevue sur les ondes de CTV News, ce mercredi 28 octobre, l'ambassadeur d'Allemagne au Canada, Matthias Lüttenberg, a tenu à nuancer la position de son pays, assurant que Berlin demeure favorable à un rapprochement avec Ottawa. Ce serait plutôt l'utilisation du terme « membre associé » qui poserait problème.
« Certains États membres européens ont peut-être été pris par surprise par cette notion de membre associé. Mais je n'ai pas le sentiment qu'il existe, de façon générale, une impression selon laquelle nous avançons trop rapidement avec le Canada », a-t-il expliqué.
Selon le diplomate, l'Allemagne utilise déjà cette appellation pour désigner un éventuel statut transitoire accordé à des pays comme l'Ukraine et la Moldavie, qui aspirent à devenir membres à part entière de l'Union européenne.
Or, le Canada ne cherche pas à intégrer officiellement le bloc européen, et ce dernier n'envisage pas non plus une telle adhésion. Le statut proposé soulèverait donc des questions quant à sa définition et à sa portée.
L'ambassadeur a d'ailleurs rappelé que les relations entre le Canada et l'Union européenne ne se résument pas à une question de statut. Les deux partenaires souhaitent notamment renforcer leur coopération dans les domaines du commerce, de la défense, de l'énergie, du numérique et des minéraux critiques.
Questionné sur la possibilité que ce rapprochement permette éventuellement aux Canadiens et Canadiennes de travailler librement en Europe, il a toutefois été catégorique : « Ce n'est pas actuellement à l'ordre du jour. »
M. Lüttenberg a également insisté sur le fait que ce rapprochement ne devait pas être interprété uniquement comme une réaction aux politiques du président américain Donald Trump.
Il a néanmoins reconnu que la diversification des échanges commerciaux et des investissements pourrait permettre au Canada et à l'Europe de réduire leur dépendance envers certains partenaires, y compris les États-Unis.
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