Avec les alertes jaunes, oranges et bientôt rouges et l'ajout de nouvelles mesures, plusieurs Québécois ont de la difficulté à s'y retrouver en cette deuxième vague de COVID-19, surtout en raison des techniques de communication du gouvernement qui font réagir. 

Depuis le déconfinement et la recrudescence du nombre de nouveaux cas, il semblerait que les informations transmises aux citoyens soient moins précises et efficaces.

Entre les tweets, les explications par émojis de Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux, les dires du Dr Horacio Arruda, qui sont par la suite corrigés par la vice-première ministre Geneviève Guilbaut, et les décrets, nombreux sont ceux qui peinent à suivre les annonces et à comprendre les règles. 

Comment les gens réagissent-ils? 

Sur les réseaux sociaux, nombreux sont les Québécois qui dénoncent la confusion du message. 

Voici quelques exemples de réactions qu'on peut lire sous le fameux tweet du ministre Dubé expliquant les rassemblements avec des émojis : 

« Si seulement on pouvait avoir des règles claires et simples », « bravo, une explication de professeur de maternelle », « directives trop compliquées, si vous voulez que les gens les suivent, soyez plus clair, des directives concrètes »

Qu'est-ce qui serait mieux selon la population? 

« Moi, je veux une annonce solennelle, organisée, planifiée, avec des détails, avec un plan de match, pas sur le coin d’une table d’un show de variétés, c’est ridicule! », a déploré le chroniqueur Benoît Dutrizac à QUB radio, en faisant référence à l'annonce de Christian Dubé faite à Tout le monde en parle ce dimanche. 

« Me semble que si un ministre comme Christian Dubé annonce que Québec et Montréal basculent en zone rouge, la moindre des choses, c'est de préciser ce qui ferme, ce qui reste ouvert et de dévoiler les règles pour les rassemblements afin ne pas laisser les citoyens dans le flou », a dénoté, entre autres, le chroniqueur à La Presse, Hugo Dumas.

La porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé a aussi réagi à ce sujet dans une publication Facebook partagée ce lundi :

« Le gouvernement a raté son coup. Tout ce que le code de couleur a réussi à faire, c'est stresser tout le monde. [...] M. Legault, M. Dubé, les Québécoises et les Québécois sont tannés des indices au compte-goutte. Ce soir, donnez-nous des consignes claires et justifiez-les à la population. »

Quels sont les impacts de ce type de communications?

Me Laurence Bich-Carrière, avocate au sein du cabinet Lavery à Montréal, a étudié les perceptions liés aux émojis et leur incidence en droit. 

En entrevue avec Narcity, Me Bich-Carrière indique que les émojis dans le tweet du ministre de la Santé notamment ont plus servi à donner un exemple. 

« L'émoji, à certains égards, ça peut permettre de trouver une autre manière d'illustrer des propos à quelqu'un qui a des difficultés de lecture ou pour les gens plus visuels par exemple. On vient puiser dans un autre registre », affirme-t-elle.

Me Bich-Carrière apporte un bémol : « La question à savoir c'est quoi la règle applicable, ce n'est pas dans le gazouillis du ministre qu'on va la trouver. Un gazouillis c'est certainement pas juridiquement contraignant. C'est pas une loi, c'est pas un règlement, c'est même pas un arrêté. »

Sur quoi la population devrait se fier?

À cette question, Me Bich-Carrière répond clairement : « La loi, la norme, le décret, c'est l'acte qui a une force obligatoire. »

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