Les hospitalisations causées par la COVID-19 sont en constante augmentation au Québec, dont les patients aux soins intensifs. La situation dans les hôpitaux reste « critique », principalement dans le Grand Montréal.

Lors du point de presse du 11 janvier, quant à la mise à jour sur la pandémie dans la province, un nouveau visage s’est invité à la table du trio Legault-Dubé-Arruda.

La sous-ministre adjointe au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) du Québec, la Dre Lucie Opatrny, a fait part de ses inquiétudes à venir dans les prochaines semaines, alors que la province frôle les 1 500 hospitalisations liées au nouveau coronavirus.

Elle est allée jusqu’à parler du Protocole national de priorisation pour l’accès aux soins intensifs adultes en contexte extrême de pandémie.

La sélection de l'éditeur : PCU et impôts : Ceux qui ont réclamé des prestations vont recevoir un document important

Qu'est-ce que le Protocole national de priorisation pour l’accès aux soins intensifs adultes en contexte extrême de pandémie?

D'abord, c'est bien plus qu'un simple long titre de protocole!

Grosso modo, il s'agit d'un plan gouvernemental de triage développé par le MSSS faisant en sorte que les centres hospitaliers puissent trier les patients à soigner et les personnes qui ne recevront pas de soins.

La sélection est basée selon certains critères et ne surviendrait qu'en cas de gros débordement.

« Une surcharge est à prévoir lorsque la capacité de base des soins intensifs risque d’être dépassée de 50 à 100 % », indique le document disponible en ligne.

En atteignant 150 % de la capacité de base des soins intensifs, les centres hospitaliers doivent se préparer à la mise en place du protocole.

À 200 %, le protocole est enclenché. Par contre, pour arriver à cette ultime étape, il faut être passé par tous les scénarios possibles, comme le transfert de patients vers d’autres établissements et/ou d’autres régions.

Qui seraient les patients priorisés, lors d'un tel protocole?

Le protocole stipule que les personnes priorisées seront celles qui ont la plus grande chance de survie, selon un jugement clinique.

Chaque patient sera codifié sur papier selon différents critères, comme leur comorbidité ou leur groupe d’âge.

Une personne ayant un cancer pourrait tout aussi bien être soignée ou non, dépendant du stade de la maladie.

Toutefois, le document stipule que « les choix de priorisation ne doivent en aucun cas, être basés sur des motifs discriminatoires tels qu’énoncés à l’article 10 de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec ».

Cela inclut la race, la couleur, le sexe, l’identité ou l’expression de genre, l’orientation sexuelle, l’état civil, la religion et même les convictions politiques.

Le délestage est-il déjà en cours?

Depuis les dernières semaines, le délestage se fait aller au travers du réseau de la santé.

Certains rendez-vous et opérations sont donc annulés ou reportés pour répondre aux besoins et faire face à la situation actuelle.

Ainsi, une personne devant avoir recours à un dépistage du cancer du côlon pourrait ne pas y avoir accès.

Idem pour une personne qui, bien que ce ne soit pas une « question de vie ou de mort » précise la sous-ministre, ne puisse pas recevoir sa prothèse pour une hanche défectueuse. 

Présentement, ce sont plus de 140 000 chirurgies, donc 140 000 personnes qui sont en attente. Cela représente plus de 10 000 qu'il y a quelques semaines seulement. 

Les impacts du délestage se feront sentir « pendant plusieurs mois, voire des années », avoue la Dre Opatrny.

« La majorité des hôpitaux se situent au niveau maximum de délestage », dit-elle, précisant que le choix des activités à délester « est de plus en plus difficile à faire ».

Le protocole pourrait-il être mis en branle dans les prochains jours?

Oui, le délestage est en cours, mais en ce qui a trait au protocole en question, non.

Dre Opatrny a souligné hier que, pour le moment, il n'a pas été déployé.

Cela dit, la santé publique a demandé au réseau de la santé de mettre en place des formations en webinaire pour analyser le protocole et faire des simulations sur papier.

C'est une question de semaines avant d'arriver à un tel scénario, dit-elle.

Si le nombre de cas ne baisse pas, « il pourrait y avoir un dépassement des capacités des lits d’hospitalisation et de soins intensifs pour les patients, autant ceux de la COVID-19 que pour d’autres maladies » affirme Dre Opatrny.

« Ceci forcerait le réseau à prendre des décisions encore plus difficiles qu’elles le sont déjà », ajoute-t-elle. 

Partage ton histoire
Paramètres de compte
Notifications
Favoris
Me déconnecter

Enregistre cet appareil afin de recevoir des notifications